Charles Ponzi

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Charles Ponzi
Escroc

Ponzi pris en photo vers 1920.
Information
Nom de naissance Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi
Naissance
Lugo (Italie)
Décès (à 66 ans)
Rio de Janeiro (Brésil)
Escroquerie
Affaires Système de Ponzi
Pays États-Unis

Charles Ponzi (né le à Lugo, dans la province de Ravenne, en Émilie-Romagne, en Italie et mort le à Rio de Janeiro, au Brésil) est un escroc italo-américain, concepteur d'un mode d'escroquerie élaboré sur une chaîne d'emprunt.

Cette technique d'escroquerie, punie depuis longtemps comme délit, maintenant appelée « chaîne de Ponzi » (ou « pyramide de Ponzi ») repose sur un système relativement simple : les intérêts versés aux épargnants sont prélevés sur les sommes placées par les souscripteurs suivants. Pour que les recettes continuent à couvrir les engagements, il faut une croissance des souscriptions. Dès que celle-ci se ralentit, la cessation de paiement fait découvrir le système de cavalerie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carlo Pietro Giovanni Guglielmo Tebaldo Ponzi est né à Lugo en 1882 dans une famille originaire de Parme. Il aurait travaillé comme postier avant d'étudier quatre ans à l'université de Rome « La Sapienza ».

L'arrivée à Boston[modifier | modifier le code]

Ponzi arrive à Boston le à bord du S.S. Vancouver. Selon ses propos à un journaliste du The New York Times, il n’avait que 2,50 $ en poche, ayant perdu toutes ses économies au jeu pendant la traversée. Notons que beaucoup de détails de la vie de Ponzi proviennent de ses déclarations, ce qui les rend sujets à caution, compte tenu de son sens de l’affabulation. À Boston, il occupe plusieurs emplois, dont celui de garçon dans un restaurant d’où il sera congédié au motif de vol.

L'installation à Montréal[modifier | modifier le code]

Il apprend qu’un de ses compatriotes, Luigi Zarossi, s’est installé à Montréal et y a prospéré grâce au commerce de cigares. Charles Ponzi quitte Boston pour Montréal en juillet 1907 avec un dollar en poche. Zarossi a toujours sa boutique de cigares, rue Saint-Jacques; il a également mis sur pied une institution financière, la Banca Zarossi qui vise à encaisser les économies des immigrants italiens. Pour attirer les déposants, Zarossi offre 6 % d’intérêt, alors que les autres banques n’offrent que 2 %. Ponzi y obtient un emploi en se faisant passer pour Charles Bianchi, un parent de la riche famille Bianchi (famille totalement fictive) en Italie. Il entre comme caissier avant d’y assumer des fonctions plus importantes. Il constate rapidement que Zarossi ne peut offrir un taux aussi élevé qu’en puisant à même l’argent des nouveaux déposants, et que si tous les déposants réclamaient leur argent, ce serait la faillite. Quand en 1908, les déposants commencent à avoir des doutes, Zarossi s’enfuit au Mexique avec la caisse, laissant femme et enfants à Montréal.

Bien que Ponzi ait pu jouer un rôle dans la fraude de Zarossi, aucune accusation ne sera portée contre lui et c’est la modique somme de 423,58 $ qui lui vaudra la prison : il se présente un jour chez un ancien client de Zarossi, Canadian Warehousing, subtilise un chéquier et se fait à lui-même un chèque de 423,58 $ en contrefaisant la signature du directeur de l’agence, Damien Fournier. Démasqué, il est condamné à trois ans d’incarcération à la prison de St-Vincent-de-Paul. Après vingt mois, il est relâché, mais dans les mois qui suivent, il est à nouveau arrêté pour avoir tenté de faire entrer illégalement des ouvriers italiens aux États-Unis. Il purgera une peine de deux ans dans une prison d’Atlanta.

La grande fraude de 1919[modifier | modifier le code]

À sa sortie de prison, Ponzi retourne à Boston où il organise alors la grande fraude qui porte son nom, le système de Ponzi, un système pyramidal dont l’envergure dépassera largement celle de la Banca Zarossi. Il promettait à l’investisseur un intérêt de 30 % en 45 jours et de 240 % en un an. Environ 40 000 victimes mordirent à l’hameçon. La rapidité de croissance de la bulle ainsi produite n’aura d’égale que la déconfiture des investisseurs lorsque celle-ci éclatera en 1920.
Dénoncé dans le Boston Post, sous le coup de plusieurs investigations fédérales et de l'état, il se rend aux autorités le 12 août 1920. Dans le procès fédéral qui s'ensuit, Ponzi plaide coupable et sera condamné à 5 ans de prison. Libéré après 3 ans et demi, il devra alors faire face à des charges au niveau de l'état du Massachusset[1].
Le procès va jusqu'en cour suprême des États-Unis et il est à nouveau condamné pour une autre partie de la même affaire à une peine de 7 à 9 ans de prison. Entre temps il se rend en Floride où il reprend ses arnaques et est condamné à un an de prison en 1926[2].

La fin[modifier | modifier le code]

Quand il est libéré en 1934, le gouvernement donne l’ordre de le déporter en Italie où il organise plusieurs arnaques, sans grand succès. Benito Mussolini lui offre un poste à la section financière du gouvernement, mais son comportement sans scrupule le force à fuir vers le Brésil non sans avoir subtilisé un montant non divulgué au Trésor italien. Pour le reste de sa vie, il vit d’expédients, faisant à l’occasion de la traduction. Il publie également dans les années 1930 son autobiographie : The Rise of Mr Ponzi. Après plusieurs accidents de santé qui le laissèrent pratiquement aveugle, il meurt, complètement ruiné dans un hôpital public de Rio de Janeiro, le .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]