Ceinture de chasteté

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Caricature allemande de la Renaissance avec un mari vieilli riche, une jeune épouse ceinturée rétive, et un bel amant.
Caricature d'Adolphe Léon Willette (vers 1890-1900).

Une ceinture de chasteté est une ceinture conçue pour empêcher les relations sexuelles et la masturbation. Il existe des ceintures de chasteté pour homme et pour femme.

Elles étaient utilisées à la Renaissance par quelques maris riches et jaloux craignant l'infidélité de leurs épouses, souvent beaucoup plus jeunes qu'eux. La première description d'une ceinture de chasteté se trouve dans le Bellifortis de Konrad Kyeser, un ouvrage de la fin du XIVe siècle. Au XIXe siècle, à l'époque qui a vu se développer l'engouement pour le Moyen Âge, a été inventé le concept du seigneur jaloux, affublant son épouse d'une ceinture de chasteté durant ses absences.[réf. nécessaire]

Aujourd'hui, les ceintures sont utilisées lors des pratiques de BDSM.

Le témoignage de Brantôme[modifier | modifier le code]

« Du temps du roy Henry, il y eut un certain quinquailleur qui apporta une douzaine de certains engins à la foire de Sainct-Germain pour brider le cas des femmes, qui estoyent faits de fer et ceinturoyent comme une ceinture, et venoyent à prendre par le bas et se fermer en clef ; si subtilement faits, qu'il n'estoit pas possible que la femme, en estant bridée une fois, s'en pust jamais prévaloir pour ce doux plaisir, n'ayant que quelques petits trous menus pour servir à pisser. On dit qu'il eut quelque cinq ou six maris jaloux fascheux, qui en acheptèrent et en bridèrent leurs femmes de telle façon qu'elles purent bien dire : « Adieu, bon temps. » Si en y eut-il une qui s'advisa de s'accoster d'un serrurier fort subtil en son art, à qui ayant monstré ledit engin, et le sien et tout, son mary estant allé dehors aux champs, il y applicqua si bien son esprit qu'il forgea une fausse clef, que la dame l'ouvroit et le fermoit à toute heure et quand elle vouloit. Le mary n'y trouva jamais rien à dire. Et se donna son saoul de ce bon plaisir, en dèpit du fat jaloux cocu de mary, pensant vivre tousjours en franchise de cocuage. Mais ce meschant serrurier qui fit la fausse clef, gasta tout ; et se fit mieux, à ce qu'on dit, car ce fut le premier qui en tasta et le fit cornard : aussi n'avoit-il danger, car Vénus, qui fut la plus belle femme et putain du monde, avoit Vulcain, forgeron et serrurier, pour mary, lequel estoit un fort vilain, salle, boiteux, et très-laid.

On dit bien plus: qu'il y eut beaucoup de gallants honnestes gentilshommes de la cour qui menacèrent de telle facon le quinquaillier que, s'il se mesloit jamais de porter telles ravauderies, qu'on le tueroit, et qu'il n'y retournast plus et jettast tous les autres qui estoyent restez dans le retrait ; ce qu'il fit; et depuis onc n'en fut parlé. Dont il fut bien sage, car c'estoit assez pour faire perdre la moitie du monde, a faute de ne le peupler, par tels brindements, serrures et fermoirs de nature, abominables et détestables ennemis de la multiplication humaine. »[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vies des dames galantes ... Nouvelle édition, revue et corrigée sur l'édition de 1740, etc (Livre numérique Google), pp. 72-73.]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoires à clefs, de Carlotta di Cebbruzga éditeur Lulu.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Les Cadenas et ceintures de chasteté, par Alcide Bonneau, sur le site de la Bibliothèque électronique de Lisieux.

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