Luba (peuple)

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Baluba

Description de cette image, également commentée ci-après

Hommes lubas en habits traditionnels vers 1905.

Populations significatives par région
Drapeau de la République démocratique du Congo RD Congo ~ 13 000 000
Autres
Langues

Tshiluba, Kiluba

Religions

Christianisme

Ethnies liées

Hembas, Lundas, Sangas, Kaondes, Songes

Les Lubas sont un peuple bantou d’Afrique centrale établi principalement en République démocratique du Congo où ils constituent l'une des populations les plus nombreuses. Quelques communautés vivent aussi dans les pays voisins d'Afrique australe, en Zambie et en Angola.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon l'hitorique, on rencontre deux grandes variantes : les Luba du Kasai et les Luba du Katanga, toutes les deux variantes étant issues de "Nsanga Lubangu, région située aux alentours du Lac Kisale et Upemba, dans la province du Katanga dont le nom fut changé, du temps de Mobutu à "Shaba" pour être rebaptisée "Katanga" par Laurent Désiré Kabila. Un groupe a émigré de cette localité pour aller dans la province du Kasai. Ici ils se sont encore séparés, une branche s'installa tout autour de la rivière Lubulanji pour donner les Baluba-Lubilanji, et l'autre branche est allée s'installer dans la région de la riviere Lulua pour donner la varainte Baluba-Lulua.

Le groupe resté dans la province du Katanga est appelé globalement Baluba-Shankadi. On les trouve à Kabongo, Malemba-Nkulu, Kinkondja, Manono, Kaniama ...

Histoire[modifier | modifier le code]

Le mot "Tshibawu" ne signifie, en aucun cas, l'union comme stipulé ci-dessous. Il signifie plutôt la culpabilité et ses conséquences sur le délinquant. Parmi les conséquences, il y a la malédiction qui peut entraîner la mort ou se perpétuer de génération en génération si la faute n'est pas réparée et/ou pardonnée. Pour ce faire, le délinquant doit confesser sa faute et ensuite se soumettre à la sentence prononcée à son égard et aux rites de sa purification et sa réintégration dans la famille/société. Quand quelqu'un est reconnu "MWENA TSHIBAWU", tout le monde se dissocie de lui. Donc "Tshibawu" ne peut pas signifier "UNION". Le "Tshibawu" va de paire avec le "Tshibindi" mentionne ci-dessous. "Tshibawu" a plus le sens de culpabilité tandis que "Tshibindi" a le sens de "malédiction" et ses conséquences. "TSHIBAWU" est à ne pas confondre avec "TSHIBALU" qui est aussi l'une de grandes pratiques du peuple luba. Le "TSHIBALU" consiste en une démarche dont le but est de réconcilier deux membres d'une famille (frères, père et enfant, sœurs, frère et sœur, cousins, oncles, tantes etc...) qui sont en discorde et ont même décidé de ne plus se voir. Ce qui permet de renforcer la cohésion au sein de la famille ou du clan.

Autant pour les lignées du Royaume Luba à travers différentes lignées, les bena (descendants directs) du Roi et les bakwa (beau-fils) du Roi, qui font la force des lubas ainsi qu'aux peuples en alliance avec les luba. La filiation Luba au tshibawu se manifeste à travers la tradition de payer une amende pour reparation du tort causé à l'un ou l'autre frère de la fratrie par la céremonie dirigée par les sages autour du Roi et au niveau de la famille, par le conseil familial.

Selon la tradition orale, les Baluba seraient des chasseurs venus des régions et pays du nord-est du lac Kisale où ils se sont finalement installés[réf. nécessaire]. Le royaume Luba est le premier royaume dans le bassin du Congo vers le IIIe et le IVe siècle de notre ère. Sa stabilité était due par une loi "Tshibawu ou Union" qui liait toutes les éthnies. Les différentes éthnies "les bena" symbolisaient les descendants directs; et les "bakwa", les sujets, amis et migrants vivants dans en permanence dans l'une des contrées, chefferies sous le juridiction du chef/Roi dont l'ensemble ou l’entité porte le nom de celui-ci. Le "Tshibawu" stipulait et stipule encore à ces jours, dès qu'une éthnie était attaquée, tout le peuple luba devait combattre l'ennemi. Un autre adage qui caractérise les Luba : Kwa mukulu kantu, kwa mwakuni kantu. La signification : Il faut qu'il y ait à boire et à manger dans toute la fratrie afin qu'il y ait la paix sociale et n'est pas jalouser les autres. Sous peine d'une contravention, il ne faut pas se méconduire à tous les niveaux. La loi de "Tshibindi ou l'interdit" est sanctionné par la peine de mort.

Cette société Luba a connu un corps de différents métiers : les chasseurs, les pêcheurs, les ouvriers, les guerriers, les charpentiers, les agriculteurs, les éleveurs, les sculpteurs, les ouvriers du métal (cuivre), les bijoutiers (ornements ou colliers avec les pierres précieuses, couronnes royales en cuivre serties des diamants et de malacchite), les sages qui entouraient le Roi pour diriger le royaume, faire le juge, penser à l'amélioration des aliments et des conditions de vie, la prospérité du royaume.

De cette stratégie Luba, il est remarquable de constater que dans le bassin du Congo, toute œuvre artistique notable, le peuple travailleur, structuré et à chaque fois capable d'amener des changements, se retrouve dans cette lignée. Ceci permet de comprendre l'influence de la civilisation Luba à travers le temps. Nous trouvons la trace des traditions luba en Angola, en Zambie, en Tanzanie jusque vers la Namibie.

Vint ensuite le Royaume Lunda au VIe siècle et le royaume congo au VIIe.

Les songye sont les descendants du fils insoumis Songye à son père, le Roi du peuple originel vivant au bord du Lac Moéro en Zambie. Pour des raisons de sécurité et de pérennité, le Roi était chez les luba venu faire épouser son fils insoumis vers le VIe siècle. Ils sont originaires du lac Moéro (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Mweru_Wantipa) en Zambie. Le mariage s'était fait sur base d'une alliance entre la royauté luba et celle du Roi Songye pour écarter ce fils insoumis qui voulait attenter à son père et mettre de l'ordre sur la succession du côté du Lac Moéro. Le Roi Songye, par ce mariage, avait atteint deux objectifs : (1) faire l'alliance avec un royaume prospère et fort afin d'éviter d'être tôt ou tard envahi et (2) protéger son peuple et bénéficier de la science infuse de ce peuple, Luba. Pour corroborer l'histoire, le constat de voir combien le peuple songye, sans tradition finie, essaye de trouver les similitudes avec les traditions Luba. De fois, ils ont même la prétention de dire que les traditions Luba, sont songye. Les luba, après le mariage, ont donné un territoire au fils insoumis accompagné d'un corps de garde, du côté de Kabinda au Kasaï Oriental. C'est cette lignée qui donna naissance au peuple communément appelé Songye du Congo aujourd'hui.

Le commerce de l'esclavage régna avec Tippo-Tippo. Il venait du nord en suivant la première route, le fleuve Nil, jusqu'à son embouchure au nord du Congo dans les montagnes. Après avoir occupé le nord du bassin du Congo, il se dirigea vers une deuxième route en suivant la côté de l'océan indien. Il arriva en Tanzanie. En poursuivant les esclaves dans toute cette région et l'ayant facilement occupé, il a commencé à remonter les rivières qui forment les sources du fleuve Congo. Il captura le Roi des Songye et fit esclave la population. Il commença la conquête du peuple luba et fit prisonnier les songye du Kasaï. Pour protéger sa population, le Roi des Songye Lumpungu conclut un accord pour trahir la couronne luba et permettre à Tippo-Tippo d'en faire des esclaves. La guerre s'engageant entre ces populations d'autant plus que le royaume luba était très structuré avec des métiers. Il y a eu plusieurs fronts dont celui de l'Est amener par Tippo-Tippo lui-même qui a vu reculer les luba en cédant une partie de l'actuel Katanga aux guerriers venus de la Tanzanie et de la Zambie qui se disent, aujourd'hui, les véritables katangais. Ils sont de petites tailles et sont courageux. Les conquêtes de Tippo-Tippo se manifestent par la langue swahili et les pratiques barbares ou de velléité vis-à-vis de l'autorité. Les songye comme pour les populations issues de l'esclavage de Tippo-Tippo, ont aussi comme trait de caractère : la trahison, la fourberie, la cupidité et le mensonge pour se protéger contre l'ennemi. C'est cette mentalité qui caractérise le Nord-Est du Congo ainsi que toutes les populations parlant le swahili. L'exemple de la guerre faite par la Force Publique pour asseoir l'autorité de l'État Indépendant du Congo au Nord-Est du Congo. Les dissidents étaient des descendants de Tippo-Tippo qui continuaient avec les pratiques escavagistes. Vous trouverez les mêmes pratiques chez les songye. Ceci n'expliquerait pas les difficultés de cette partie du Congo RDC, ces jours ?

Ayant eu difficile au front de l'est, Tippo-Tippo attaqua les luba en venant vers le nord. Il fit prisonnier les songye et leur Roi Lumpngu. Il avait conclu un accord pour protéger son peuple et faire des luba des esclaves. Il trahit le "tshibawu" et amena le peuple songye dans une guerre avec les luba. Lumpungu fut pendu à l'arrivée des belges qui ont mis fin à l'esclavage de Tippo-Tippo après que ce dernier leur ait montré la route et le commerce de l'ivoire. L'œuvre fut de Stanley et sauva ainsi les luba de l'extermination et de différentes guerres.

Politiquement, Tippo-Tippo en alliance avec le Roi Lumpungu n'ont pas anéanti la tradition luba. Le belge y ait arrivé en tissant la jalousie et la zizanie en suscitant la haine entre les différentes lignées des éthnies luba pour la succession du pouvoir en opposant la lignée de Luluabourg (Lulua) dans l'actuel Kasaï Occidenal, de Mbuji-Mayi (Luba) dans l'actuel Kasaï Oriental et du Katanga (Luba sankaji) pour mettre la main sur les richesses du diamant et du métal rouge, le cuivre. Là est le déclin du royaume luba. Comment expliquer la base de l'éveil et de la revendication de la classe politique congolaise avant l'indépendance fut Luluabourg et déplacer après par les belges et Mobutu vers Kinshasa ? C'est une indication du sens de savoir-faire Luba.

Leur berceau est le Katanga, plus précisément la région du lac Kisale. Les Baluba se sont répandus dans presque tout le nord-est du Katanga et le Sud du Kasai, formant ainsi différentes ethnies et tribus. Le premier empire Luba[1] fut fondé vers le XIIIe siècle par Nkongolo Mwamba. Le deuxième empire Luba est né d’une sécession entre la lignée de Luluabourg (Lulua), de Mbuji-Mayi (Luba) et du Katanga (Luba sankaji) pour mettre la main sur les richesses du diamant et du métal rouge, le cuivre.Là est le déclin du royaume luba contrairement au discours que certains essayent de véhiculer comme quoi l’ethnie qu'on connait aujourd'hui sous le nom deSongye se trouvant au nord dont le père de Nkongolo Mwamba était originaire, et les Baluba du Katanga au sud restés sous la direction d'Ilunga Kalala. Les luba du Kasaï Oriental fort de leur expérience de leur tradition de "Tshibawu et Tshibindi" et de leur envie d'un Etat structure et ayant des corps de métiers, firent tout pour recréer l'empire luba au XIIe siècle. Pourtant son neveu, Ilunga Kalala fit mourir le vieux roi Kongolo vénéré depuis sous la forme d’un python. Au XVIe siècle l'État qu'ils créèrent, était organisé en chefferies décentralisées, qui s’étendait de la rivière Kasaï au lac Tanganyika. Les chefferies recouvrent un petit territoire sans véritable frontière qui regroupe tout au plus trois villages. Cependant les différentes chefferies sont liées par le commerce. leur système politique et d'organisation influencèrent beaucoup des peuples qui habités tout autour d'eux, qui les adoptèrent.

Les figures marquantes de cette monarchie Luba sont les rois Kongolo, Kalala Ilunga (XVIe siècle) et leurs successeurs Kasongo Nyembo et Kabongo.

Les Baluba se fractionnèrent souvent, donnant naissance à d'autres tribus dont certains devinrent des ethnies à part entière, telles les Baluba du Kasai, les Lundas, les Babemba, les Baholoholo, les Babwari, les Basanze, les Bavira, sans oublier les Bagoma, les Bajiji ainsi que les Bafipa dont une grande partie se trouve maintenant en Tanzanie, etc.

Ainsi le Mwata Yamvo, empereur lunda est né d’un père luba, et Moïse Tshombe, un de ces descendant, est donc aussi d’origine luba[2]. Au XIXe siècle, les BaLuba du Kasai ne purent faire face aux assauts des Tchokwés, etLélés; Les Baluba du Katanga à celui des Yékés.

Un groupe de Balubas (expédition Wissmann, 1908)

En 1897, Léopold II a rayé les chefferies Luba de la carte et engloba leurs territoires dans son Etat Indépendant du Congo. Leurs territoires furent confiés à des compagnies concessionnaires dont La Compagnie du Kasai et La compagnie du Katanga.

Compagnies concessionnaires de l'État Indépendant du Congo,la Compagnie du Katanga en gris et la compagnie du Kasai en Vert

les Baluba du Kasai furent ensuite presque décimés par le travail forcé qui leur fut imposé afin de récolter du caoutchouc sauvage (famine, épuisement).
Léopold II imposa la Force publique comme armée et police pour surveiller les populations.
De nombreux Baluba-Kasai furent également déportés plus au sud, au Katanga pour travailler dans les mines de Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, etc... Jusqu'à aujourd'hui leurs descendants les Bakasai forment une minorité ethnique au Katanga
, où ils ont été victime d'épuration ethnique 2 fois, d'abord en 1961-63 puis en 1990-94. En 1907, Léopold II confia l'éducation des Congolais au Vatican jusqu’à la fin de la colonisation belge (1960); l'église travaillera main dans la main avec les autorités coloniales, la religion chrétienne devient alors la religion officielle. Imposée dans les écoles, n'importe quel individu est baptisé à la va vite, les anciens cultes africains sont interdits. Les nombreux missionnaires veillent cependant à ce que personne n'échappe au travaux forcés, et la Force publique veille à ce que chacun aille à l'église.

Auparavant les balubas vénéraient leurs ancêtres morts résidant au ciel et devant les protéger. Il y avait également des oracles (lubuko) avec des divinateurs. Au Kasai, les prêtres flamands ont néanmoins transcrits et enseigné le tchiluba dans les écoles au côté du français. Les balubas ne connaissaient pas la propriété privée, la notion de vendre un terrain est arrivé avec la colonisation.

En 1960, lors de l'indépendance du Congo belge, Albert Kalonji, président du MNC-Kalonji, se proclame empereur des Luba du Kasai (Luba-Mulopwe) et chef d’État du Sud-Kasaï. Cela durera jusqu’au mois de septembre 1962.

Population[modifier | modifier le code]

Une minorité de Balubas vit aussi dans l'Angola voisin, la colonisation européenne a séparé le même groupe ethnique. En République démocratique du Congo, les Lubas sont la plus grande ethnie (20 % à 25 %) - environ 6 000 000 dans le Kasai-Occidental, 7 000 000 dans le Kasayi-Oriental, 5 millions dans le Katanga, 1 million dans le Maniema et au moins 2 000 000 à Kinshasa -[réf. nécessaire]; ils sont très peu nombreux en Angola.

Toutefois la notion Baluba est difficile a cerner parce qu'en parlant des Baluba on fait allusion aux Baluba Propre:

  • Les Baluba du Katanga (Baluba-Kat ou Baluba Centraux): ce sont les peuples du cœur du Buluba d'où sont issus tous les autres peuples Lubas et tous ceux qui leurs sont reliés. Ils sont situés dans la région du Katanga en majorité, mais quelques unes de leurs tribus sont établies dans le Kasai Oriental dans le secteur de Baluba Shankadi et Baluba Lubangule. Leur langue est le kiluba (luba-Kat, luba-Central). Ce sont les peuples fondateurs de l'Empire Luba dans la région du la Kisale et du Bupenba. Au coté de l'Empire Luba il y avait d'autre chefferies Luba qui purent garder leur autonomie face à celui-ci : on peut citer les Bena-Kalunduwe, le royaume de Kinkondja, etc.
  • Les Baluba du Kasai (Luba-Lulua, Luba-kasai, Bakasai, ou Baluba Occidentaux) : ce sont les peuples établis dans les vallées des rivières : Lubilanshi, Lulua jusqu'à l'Est de La rivière Kasai et au sud de la Sankuru. Ils situent leur origine à Nsanga Lubangu ou (Nsanga-a-Lubangu) quelque part au Katanga dans la région du lac Kisale et du Bupemba, ils ont émigré au Kasai dans leur emplacement actuel par vagues d'immigration successives entre les XVIe et XIXe siècles, et c'est ce qui justifiait leur classification en tribus actuelles. On les trouve au Nord-Ouest des Baluba du Katanga dans la région du Kasai. Leur langue est le tshiluba (Luba-Kasai, Luba-lulua, Luba occidental) qui est différente du kiluba parlé par les Baluba-Kat. contrairement aux Baluba du Katanga, les Baluba du Kasai n'étaient pas organisés en royaume, leur système était celui des chefferies indépendantes les unes des autres avec comme instrument d'union la langue commune à eux tous, le tshiluba. Les chefferies étaient fondées sur la notion de tribu qui regroupait quelques clans en son sein. Quelques tribus Luba-kasai : Bakwa-Bowa, Bakwa-Dishi, Bakwa-Luntu, Bakwa-Ngoshi, Bakwa-Konji, Bajila-Kasanga, Bakwa-Mulumba, Bakwa-Kalonji, Bakwa-Beya, Bakwa-Biayi, Bena-Mpuka, Bakwa-Nyambi, Bakwa-Kasanzu, etc.

Les Baluba du Kasai peuvent encore être regroupés en trois : Bakwa-Luntu et Bakwa-konji (Baluba du territoire de Dimbelenge dans le Kasai Occidental), Bena-Lulua (Baluba du Kasai occidental à l'exception du territoire de Dimbelenge), Bena-Lubilanji (Baluba Lubilanji ou Baluba du Kasai oriental) suivant leurs ascendances et vagues d'immigration. Du côté Luluas Kalamba Mukenge tentera de monter une chefferie "Le royaume de Bashilange" englobant toutes les tribus et clans Luluas vers 1880-90 avec l'appui des Européens dans sa région, mais son autorité n'avait pas été reconnue et acceptée partout. Néanmoins il avait réussi à passer comme le représentent de ce groupe Lulua auprès de l'autorité coloniale. Après l'indépendance du Congo en 1960, Albert Kalonji fit sécession du Sud Kasai est se proclama Mulopwe de Baluba (Bena-Lubilanji) qui dura jusqu'en 1962.

Il faut signaler que cet article traite de ces deux peuples en même temps.

  • Les Baluba-Sanga (Basanga, Baluba Meridionaux): situés au sud de Baluba-Kat, ils parlent le Kisanga (Kiluba-sanga).
  • Les Baluba-Hemba (Bahemba, Baluba Orientaux): situés à l'est de Baluba-Kat, ils parlent le Kihemba (Kiluba-Hemba).
  • Les Batumbwe
  • Les Bakunda

Les Groupes qui leur sont reliés qu'on classe aussi comme des Balubas sont :

  • Balunda (Lundas, Luba-Lunda, Arunds, Karunda)
  • Koande : langue Kikaonde (chikaonde, Luba-kaonde)
  • Bemba
  • Tabwa
  • Lamba
  • Kanyok
  • Lwalwa
  • Songe (Songye) : langue Kisonge (Luba-songe)
  • Bangubangu
  • Babindi
  • Bakete du Sud
  • Basalampasu
  • Bakwa-Mputu : langue, Luna (Luva, Luna-inkongo, Luba nordouest)
  • Babuyu
  • Bazimba
  • Bazula
  • Bahombo
  • Balala
  • Babisa
  • Bafipa
  • Babwari
  • etc.

Ce 2e groupe est formé surtout des balubaïsés ou peuples qui ont reçu une forte influence des Balubas, et Bena-Malambo des ethnies qui situent leur origine chez les Baluba. Tous ces Baluba (1er et 2eme groupes) étaient désignés sous le nom de Bana Ba Ilunga Mbidi (enfants de Ilunga Mbidi : qui est l'ancêtre commun le plus lointain à eux tous) ou Bana Ba Muluba (Bana BaMuluba, pour éviter la confusion avec le terme Baluba qui est plutôt restreint.

Culture[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Les sculptures luba représentent souvent des femmes – femme porteuse de coupe ou femme venant d'accoucher, par exemple –, ce qui reflète l'importance qui leur est accordée au sein de la société. Le prestige de l'empire luba explique aussi les nombreux objets exaltant sa puissance : sceptres porte-flèches, sabres, sièges à caryatides ou tambours de cérémonies. S'y ajoutent nombre d'amulettes, de vases et de masques (masque-heaume ou masque-cloche). Malgré le hiératisme de certaines figures, les angles sont généralement adoucis, le bois est sombre, poli et patiné[3].

Famille[modifier | modifier le code]

Quand un couple souhaite se marier, le futur époux demande l'avis de ses parents qui lui remettent symboliquement une somme d'argent comme droit de la parole que fille présentera à ses parents pour annoncé qu'il y a un garçon qui a porter le regard sur elle et une fois les parent de la fille aient accepté la demande, le garçon se présentera avec sa famille avec à la délégation un proche pour la cérémonie de pré-dot (kifungamulango en swahili, littéralement serrure ou fermeture de la porte), c'est-à-dire une fois la cérémonie terminée, la poudre sera versée sur la fille qui devient alors propriété privée du garçon et la famille ne pourra plus prendre la dot de quelqu’un d'autre si ce n'est le garçon.

Mais s'il faudra noter que la pré-dot est toujours versée deux fois le même jour ou deux séparer pour la confirmation de la détermination de l'engagement que le garçon a pour la fille. Puis il doit amené à boire et la nourriture pour que les parents de la fille puisse manger et lui demandé la dot. La famille de la mariée demande ensuite une dot comprenant  :

  • Des biens pour la mère (ou la tutrice) :
    • un ou deux pagnes de premier choix ou son équivalent en argent,
    • une chemise,
    • une paire de chaussures,
    • un mouchoir de tête,
    • une grande casserole pouvant convenir une grande famille,
    • une somme d'argent pour couture du pagne en un modèle afrique d'habille du moment,
    • une couverture de lit,
    • un bidon d'huile de cuisine de 20 litres,
    • un sac de sel de cuisine de 50 kg.
  • Des biens pour le père (ou le tuteur)  :
    • une veste complet ou son équivalent en argent,
    • une chemise,
    • une paire de chaussure homme,
    • une cravate,
    • une somme d'argent en remplacement d'un bien traditionnel (une arme par exemple).
  • Une somme d'argent suffisante pour financer  :
    • un poids éducationnel symbolique,
  • les cérémonies des cuisines les MASOBO (cuisine pour le gendre)
  • Pas de feu pour le garçon pour lui souhaiter la bienvenue dans la famille de la fille et lui permettre de manger tout ce qu'il trouvera dans la maison en tant que fils de la maison

Autrefois, la conception du mariage pour les Lubas était moins matérialiste qu'elle ne l'est aujourd'hui.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. une histoire d'un peuple
  2. la naissance de l'empire Luba et Lunda
  3. Alain-Michel Boyer, Les Arts d'Afrique, Hazan, 2008, p. 354-355

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Heinz Göhring, baLuba : Studien zur Selbstordnung und Herrschaftsstruktur der baLuba, A. Hain, Meisenheim am Glan, 1970, 254 p.
  • (fr) Pierre Collé et Cyrille van Overbergh, Les Baluba (Congo Belge), A. Dewit, 1913, 422 p.
  • (fr) Kanundowi Kabongo et Mubabinge Bilolo, Conception Bantu de l'Autorité. Suivie de Baluba : Bumfumu ne Bulongolodi", Publications Universitaires Africaines, Munich - Kinshasa, 1994, 320p.
  • (fr) Mabika Kalanda, Baluba et Lulua : une ethnie à la recherche d'un nouvel équilibre, Éditions de Remarques congolaises, 1959, 106 p.
  • (fr) Martin Kalulambi Pongo, Être luba au XXe siècle : identité chrétienne et ethnicité au Congo-Kinshasa, Karthala, Paris, 1997, 264 p. (ISBN 9782865378104)
  • (fr) Joost B. W. Kuitenbrouwer et Jean Katanga, Une initiative de l'ONU : le camp des balubas, C. Dessar, 1962, 90 p.
  • (fr) Charles Mahauden , Kisongokimo : Chasse et magie chez les Balubas, Flammarion, 1965, 252 p.
  • (fr) Tshibasu Mfuadi, Coutumes et traditions baluba, L'Harmattan, 2004, 320 p. (ISBN 9782747557009)
  • (fr) André Ombredane, Étude psychotechnique des Baluba, Académie Royale des Sciences Coloniales, Bruxelles, 1957 (mémoire)
  • (fr) Rafaël Van Caeneghem, La Notion de Dieu chez les baLuba du Kasai, J. Duculot, 1956
  • (fr) Edmond Verhulpen, Baluba et Balubaïsés du Katanga, Anvers, 1936, 534 p.
  • (fr) Jean Joseph Weydert, Les Balubas chez eux : étude ethnographique, 1938, 122 p.
  • (fr) François Neyt, Luba. Aux sources du Zaïre, Musée Dapper, Paris, 1994,253 p.
  • (en) Mary Nooter Roberts and Allen F.Roberts, Memory, Luba Art and the Making of History, Prestel/The Museum of African Art, New-York, 1996, 259 p.
  • (fr) Claude-Henri Pirat, « Le Maître de Buli : maître isolé ou atelier? Essai de catalogue raisonné », in Tribal Art Magazine, Paris/San Francisco été 1996, p. 54-77.
  • (fr) Claude-Henri Pirat, « Le Maître de Buli : Réouverture du Dossier », in Tribal Art Magazine, Paris/San Francisco, été-automne 2001, p. 82-95.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Congo - Kanyok And Luba : Southern Belgian Congo, Sharp Wood Productions, 2000 (enregistrements 1952 et 1957)
  • (en) Zaïre : Tombe Ditumba Music of the Luba Shankadi of Shaba, Fonti Musicali, 1994 (enregistrements 1970-1973)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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