Bataille de la Côa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
LocalAlmeida.svg
Informations générales
Date 24 juillet 1810
Lieu près d'Almeida dans le district de Guarda
(Portugal)
Issue Victoire française. Retrait des forces anglo-portugaises
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Royaume du Portugal Royaume de Portugal
Commandants
Maréchal Michel Ney Général de Brigade Robert Craufurd (en)
Forces en présence
± 9.800 français ± 5.750 britanniques et portugais
Pertes
500 blessés ou tués 333 blessés ou tués
Guerre d'indépendance espagnole
Batailles
Invasion du Portugal (1810-1811)

Astorga · Ciudad Rodrigo (1er) · Barquilla (en) · La Côa · Almeida (1er) · Trant · Buçaco · Torres Vedras · Pombal (en) · Redinha · Condeixa · Casal Novo (en) · Foz de Arouce (pt) · Sabugal · Fuentes de Oñoro · Almeida (2e)

Coordonnées 40° 43′ 34″ N 6° 54′ 22″ O / 40.72611, -6.9061140° 43′ 34″ Nord 6° 54′ 22″ Ouest / 40.72611, -6.90611  

Géolocalisation sur la carte : Portugal (relief)

(Voir situation sur carte : Portugal (relief))
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Côa.

La bataille de la Côa (24 juillet 1810) survient dès le début de la troisième invasion française au Portugal, épisode de la guerre péninsulaire (1807-1814). Les forces anglo-portugaises commandées par le brigadier-général Robert Craufurd seront obligées de se retirer face à l'avancée du 6º CA du Maréchal Michel Ney qui s'arrêtera sur la rive est de la Côa afin de faire le siège de la forteresse d'Almeida.

Antécédents[modifier | modifier le code]

Napoléon Bonaparte a beau régner sur une grande partie de l'Europe, deux foyers de résistance s'opposent encore à l'expansion française : les îles Britanniques et la Péninsule ibérique, dont le Portugal, qui a déjà été la cible par deux fois des troupes napoléoniennes (sans compter la guerre des oranges, invasion espagnole fortement influencée par Napoléon). Une première invasion du Portugal est lancée en 1807 sous le commandement de Junot. L'intervention britannique, après l'éclatement de révoltes, en Espagne, puis au Portugal, conduit à l'expulsion des Français dès 1808. L'année suivante, Napoléon lance une seconde invasion sous le commandement de Soult qui ira jusqu'à l'occupation de Porto. Les Britanniques interviennent à nouveau, soutenus par les troupes portugaises réorganisées, sous le commandement de William Carr Beresford. Ils parviennent à expulser l'armée française.

Napoléon, victorieux sur le front autrichien, concentre alors des forces dans la péninsule ibérique, créant et organisant l'Armée du Portugal à la tête de laquelle il place le maréchal Massena (17 avril 1810), un de ses généraux favoris. Massena prend le commandement de ses troupes le 28 mai à Salamanca. Les objectifs sont clairs: Ciudad RodrigoAlmeidaCoimbraLisbonne.

Ciudad Rodrigo, se trouve à 30 km de la frontière portugaise et sa prise est essentielle pour pouvoir ensuite entrer au Portugal et prendre Almeida. Elle tombe le 10 juillet 1810. La forteresse d'Almeida est l'objectif suivant.

Wellington, conscient de la supériorité française, ne veut pas livrer de bataille décisive sur les terrains plats du territoire espagnol où les troupes de Massena avancent, de crainte de perdre trop d'hommes. C'est pourquoi il n'intervient pas à Ciudad Rodrigo. Il choisit de rester dans les régions montagneuses du Portugal où il lui sera plus facile de retarder et de frapper l'ennemi, en lui causant des pertes conséquentes et en affectant son moral. Les Français y perdront l'avantage que représente leur cavalerie et leur artillerie, plus difficile à y manœuvrer.

Si Wellington reste éloigné de la frontière c'est aussi qu'il espère rester libre de ses mouvements et ne pas être surpris par une attaque des Français. Il place ses troupes à l'ouest de la Côa; les ponts et les gués étant peu nombreux, il s'agit de ne pas être pris au piège avec cet obstacle sur ses arrières. Il charge la Division Légère de Craufurd de surveiller les mouvements de l'armée de Massena, près de la frontière.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Coté anglais: La Division Légère (Light Division en anglais) était commandée par le général de brigade Robert Craufurd (en) ; avec les unités qui lui furent additionnées pour cette mission, l'effectif comptait 5750 hommes[1]

Major-Général Robert Craufurd, commandant de la Division Légère de l'armée de Wellington.
  • 43º Régiment d'infanterie - 973 hommes;
  • 52° Régiment d'infanterie - 997 hommes;
  • 95° Régiment armé (Rifles)- 895 hommes;
  • Un corps de cavalerie formé par le le régiment de hussards de la King's German Legion et les 14º et 16º Régiments de Dragons Légers, au total 1343 hommes;
  • Une batterie d'artillerie à cheval.

Les troupes françaises qui sont intervenues appartenaient au VI CA du maréchal Michel Ney et regroupaient deux brigades de cavalerie et la 3e Division d'infanterie. Un total de 9 800 hommes organisés de la manière suivante:

  • 3e Division d'Infanterie, du Général Loison, du VI CA, avec au total de 6 826 hommes et organisée de la manière suivante:

Le combat[modifier | modifier le code]

Pendant plusieurs semaines, la Division Légère de Craufurd, s'est maintenue entre la frontière portugaise et Ciudad Rodrigo. L'objectif était alors de surveiller et de frapper l'ennemi tout en évitant d'engager le combat. Ciudad Rodrigo se rend le 9 juillet 1810; les Français peuvent alors diriger leur attention vers la frontière portugaise. Le 21 juin, Ney fait avancer la 3° division de Loison et la cavalerie attribuée au VI CA. Craufurd retire ses troupes vers la région d'Almeida. Wellington lui avait donné ordre de passer sur la rive occidentale de la Côa si jamais les français s'étaient approchés avec une armée capable de mettre en danger la Division Légère. Avant d'entrer au Portugal, Craufurd fait exploser le fort espagnol de La Concepcion afin que les Français ne puissent pas l'utiliser.

Disposition de l'infanterie et mouvements de retrait.

Craufurd concentre l'infanterie à Junca, un village à près de 6 km des portes d'Almeida. Sa cavalerie est envoyée vers l'avant en reconnaissance au plus près des troupes françaises. L'avancée française, toujours ponctuée par des escarmouches avec la cavalerie britannique, s'arrête à Vale da Mula, à 6,5 km au sud-est d'Almeida. Junca se trouve à près de 5 km vers l'ouest.

Almeida est située à près de 3 km de la Côa. Un pont étroit, accessible par la route d'Almeida, la traverse. Au niveau de la rivière la route, très escarpée, suit un tracé en courbes serrées rendant la marche difficile. Le lit de la rivière est profond et sa traversée difficile. Elle représente donc un obstacle sérieux. Depuis Almeida, il est difficile d'apercevoir et encore moins d'atteindre avec l'artillerie, ce pont ou ce morceau de route escarpée. Almeida se situe pourtant à l'extrémité d'un plateau qui s'étend vers l'est jusqu'à l'Águeda. Le terrain de la zone d'Almeida est très rocheux et le paysage est découpé par de nombreux murs de pierre.

Si Craufurd avait décidé de prendre position à l'est de la rivière, il aurait ainsi eu un obstacle important à l'arrière qui aurait rendu difficile toute retraite lorsque serait apparu des forces supérieures contre lesquelles il n'était pas question de se battre. Son action à l'est de la Côa était pourtant primordiale puisqu'elle permettait de gagner un temps précieux pour permettre le ravitaillement de cette place forte dont le siège promettait d'être long.

L'attaque sera encore plus forte que prévue. Au matin du 24 juillet, lorsque la cavalerie française, qui marchait en tête, a mis en fuite les patrouilles de la cavalerie britannique et les postes avancées lancés par le 95e régiment armé, puis que des tirs de carabines et de fusils se sont fait entendre, les cinq bataillons d'infanterie de la Division Légère ont rapidement occupé les positions de combat. Ils ont alors formé une ligne appuyant leur flanc gauche contre un moulin situé sur la partie la plus élevée au sud-est d'Almeida, à près de 600 mètres des murailles et s'étendant vers le sud le long de la route de Junca. L'artillerie d'Almeida soutenait le flanc gauche du dispositif anglo-portugais.

Près d'une heure après avoir pris position, les trois bataillons britanniques et les deux bataillons de chasseurs portugais sont attaqués par l'infanterie de Loison, 13 bataillons qui, malgré leur écrasante supériorité numérique sont repoussés lors du premier assaut. Mais soudain, le 3e régiment de hussards s'introduit dans l'intervalle entre les murailles d'Almeida et l'extrémité de l'aile gauche de Craufurd. La compagnie de O'Hare du 95e régiment armé est pratiquement anéantie lors de cette action et ce malgré le feu nourri de l'artillerie d'Almeida; elle compte 12 morts ou blessés et 45 prisonniers sur un total de 67 hommes. Craufurd donne immédiatement l'ordre de se replier.

La cavalerie et l'artillerie reçoit l'ordre de se diriger immédiatement vers le pont et de passer sur la rive occidentale. Le même ordre est donné aux deux bataillonns de chasseurs. Les bataillons britanniques restants devaient retarder au maximum l'avance ennemie. Cette action est d'autant plus difficile que l'ennemi est proche et sa pression forte. Les difficultés pour déplacer l'artillerie provoquent un congestionnement du pont et obligent les bataillons britanniques à se démener intensément afin de pouvoir traverser le pont. Il sera d'ailleurs nécessaire de lancer une contre-attaque qui surprendra les forces françaises, afin de secourir les cinq compagnies du 52e régiment d'infanterie restées en arrière.

Les forces anglo-portugaises traversent le pont mais perdent 333 hommes, dont 36 morts, 214 blessés et 83 disparus, probablement capturés par les Français. Aussitôt après avoir traversé le pont, les chasseurs sont disposés en position pour couvrir le repli des bataillons britanniques et empêcher les tentatives françaises de traverser la Côa.

En vérité, Ney tente par trois fois, en vain, de s'emparer du pont, au prix de grosses pertes. Ney parle de 530 morts ou blessés. Lors d'une des tentatives de s'emparer du pont, réalisée par une unité d'élite, dotée de près de 300 hommes (les Chasseurs de Siège, formés par les meilleurs tireurs de tous les régiments du VI CA) on comptera 90 morts et 147 blessés. Au total, les français auraient ont à déplorer 7 officiers morts, 17 blessés, 110 soldats et sergents morts, 397 blessés.

Craufurd parvient de justesse à sauver la Division Légère de cette situation difficile et à retarder l'avancée française, du moins le temps de consolider les Lignes de Torres Vedras. Le moral des Français est atteint, ce qui n'est pas négligeable.

Le plateau où se trouve Almeida est néanmoins maintenant au main de Massena: le siège d'Almeida peut commencer.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce chiffre est le résultat de l'addition des forces présentes lors de la bataille de Buçaco et des pertes enregistrées lors du combat de la Côa.