Aynard Guigues de Moreton de Chabrillan

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Aynard Guigues de Moreton de Chabrillan, 10e marquis de Chabrillan, a revendiqué le trône princier de Monaco sur lequel il a estimé pouvoir détenir des droits en 1949.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Né à Cannes (Alpes-Maritimes) le 16 janvier 1869 et décédé dans le 8e arrondissement de Paris (Seine, à présent département de Paris) le 8 janvier 1950, il épouse civilement dans le 8e arrondissement de Paris le 17 octobre 1893, et religieusement en l'église de la Madeleine (8e arrondissement de Paris) le 18 octobre 1893, Félicité de Lévis-Mirepoix (1874-1948) fille d'Adrien de Lévis-Mirepoix et d'Isabelle de Beaufort (dont trois enfants : Anne, Robert et Isabelle).

L’hôtel de Chabrillan, sis 8, rue Christophe-Colomb à Paris, fut connu pour les fêtes que son épouse Félicité y organisait.

Revendication[modifier | modifier le code]

Il revendique le trône princier de Monaco en 1925, suite à l'adoption officielle en 1919 de Charlotte Grimaldi (devenue princesse Charlotte de Monaco) puis à nouveau en 1949 au décès du prince souverain Louis II de Monaco.

C'est la renonciation de « Mindaugas II de Lituanie » de ses droits monégasques, en 1925, en sa faveur (si tant est qu'elle fût valable pour ses propres descendants[réf. nécessaire]) qui auraient fait de lui l’héritier de la Principauté par son arrière-grand-mère la princesse Honorine de Monaco (1784-1879), elle-même petite-fille du prince souverain Honoré III de Monaco (1720-1795).

Il faisait valoir qu’une adoption (même doublée d'une filiation naturelle) ne pouvait produire aucun effet en droit successoral dynastique. Cependant, le prince Albert Ier de Monaco, sur le conseil du parlement monégasque et avec l'accord des autorités françaises (dans le cadre du protectorat), était libre de modifier officiellement, et valablement, les règles de succession au trône monégasque (y inscrivant le droit de succession par adoption), comme son arrière-petit-fils Rainier III le fera par la suite lui aussi, et de ce fait, toute revendication, même officielle, d'un membre éloigné de la famille Grimaldi, ne pouvait être valable.

Successions des prétendants au trône de Monaco[modifier | modifier le code]

Le traité de Paris du 17 juillet 1918 signé entre la France et Monaco[1] interdit en pratique à un prince allemand de monter sur le trône de Monaco : la maison d'Urach a tenu compte de la situation ainsi créée par une série de renonciations.

  • Guillaume de Wurtemberg, duc d'Urach (1864-1928) et roi Mindaugas II de Lituanie. Il « renonce le 4 octobre 1924 à ses droits au trône princier de Monaco pour lui et ses enfants majeurs et mineurs (les enfants mineurs renonceront individuellement à leurs droits à leur majorité) en faveur d’Aynard Guigues de Moreton » [2].

Branche d'Urach :

  • Wilhelm (1897-1957), fils du précédent, renonce à ses droits au titre de duc d'Urach. Il renonce aussi à ses droits sur Monaco le 19 août 1924[3].
  • Karl Gero (1899-1981), duc d'Urach, frère cadet du précédent ; en 1940 il épousa Gabrielle von Walburg (1910-). Il renonce à ses droits sur Monaco le 19 août 1924[4].
  • Charles-Anselme de Wurtemberg-Urach (1955-), duc d'Urach, neveu du précédent, fils de Eberhard de Wurtemberg-Urach et de Iniga de Tour et Taxis. Il épouse en 1988 Saska Wusthof, d'où deux fils.
  • Karl (1865-1925), frère de Guillaume (1864-1928). Il « renonce le 27 septembre 1924 à ses droits au trône princier de Monaco en faveur d’Aynard Guigues de Moreton » [2]. Sans alliance.

Toutefois, s'il était prouvé que les fils du roi Mindaugas II aient bien renoncé dans les règles à leurs droits hypothétiques (lesquelles, légalement, n'existaient plus, le changement des règles de succession ayant été entériné sous Albert Ier par le parlement monégasque), il n'en demeure pas moins qu'ils ne pouvaient nullement le faire en faveur des Chabrillans, étant donné que leur unique renonciation pouvait seulement aller en faveur de leurs sœurs (en la circonstance, la fille aînée du roi Mindaugas II, puis sa propre descendance - puis, par défaut, successivement à l'autre sœur et à sa descendance, puis, de même, par défaut, à la descendance de la sœur suivante), le trône de Monaco étant accessibles aux femmes.

Or ces héritières n'ayant aucunement émis de renonciation officielle, ce serait dans ce cas l'aînée de ces filles et sa descendance (ou la descendance de l'une de ses sœurs) qui seraient en droit de revendiquer éventuellement la couronne princière monégasque (nonobstant la réforme des règles de succession légalement prise par Albert Ier et approuvée par les instances parlementaires de la principauté), et non pas la branche de Moreton de Chabrillan.

Philippe du Puy de Clinchamps (1913-1971) a résumé la situation ainsi en 1965 : « La France, pour écarter un prince allemand de Monaco (les Urach sont une branche morganatique des Wurtemberg), joua le jeu que nous avons dit. Mais ces Urach ayant déjà renoncé à leurs prétentions en faveur des Moreton de Chabrillan, rien ne pouvait exclure ceux-ci du trône que le bon plaisir qui l‘emporta cette fois encore sur le droit. Il est vrai que le fait crée ce dernier. Et le fait, aujourd‘hui est que la postérité d’une bâtarde règne sur Monaco. Règne non point par droit héréditaire mais comme une nouvelle dynastie »[5].

La qualité de prétendant légitime des Chabrillan est contestable, la renonciation collective par le comte Guillaume de Wurtemberg, duc d'Urach (pour lui-même, ses enfants mineurs et majeurs, ses petits-enfants vivants (et ceux à venir) et son frère) étant juridiquement entachée de nullité[réf. nécessaire].

S'il devait y avoir une branche de prétendants « légitimes » au trône de Monaco, elle ne pourrait être, de ce fait, qu'au sein des Urach, et non pas des Chabrillan, lesquels ont une centaine d'« héritiers » prioritaires avant eux.

Références[modifier | modifier le code]

  • Texte du traité de Paris du 17 juillet 1918 entre la France et Monaco : voir liens externes donnés dans Traité de Paris (1918)
  1. http://untreaty.un.org/unts/1_60000/27/26/00053293.pdf Traduction en anglais du traité de Paris du 17 juillet 1918 entre la France et Monaco
  2. a et b page 143 in Jean-Fred Tourtchine, Le Royaume de Bavière volume III — La Principauté de Monaco, collection Les Manuscrits du Cèdre. Dictionnaire historique et généalogique, CEDRE (Cercle d'études des dynasties royales européennes), 289 pages, avril 2002, ISSN 0993-3964
  3. page 43 in Jean-Fred Tourtchine, Le Royaume de Bavière volume II, collection Les Manuscrits du Cèdre. Dictionnaire historique et généalogique, CEDRE (Cercle d'études des dynasties royales européennes), 198 pages, décembre 2001, ISSN 0993-3964
  4. page 44 in Jean-Fred Tourtchine, Le Royaume de Bavière volume II, collection Les Manuscrits du Cèdre. Dictionnaire historique et généalogique, CEDRE (Cercle d'études des dynasties royales européennes), 198 pages, décembre 2001, ISSN 0993-3964
  5. page 89 in Philippe du Puy de Clinchamps, Les Grandes Dynasties, PUF, collection Que sais-je ? (n° 1178), 128 pages, 1965 (épuisé) : rubrique « Monaco », pages 86-90.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]