Aurelia aurita

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La méduse commune (Aurelia aurita) appelée aussi Aurélie, méduse bleue ou méduse lune, est un cnidaire de la super-classe des Scyphozoaires.

Description[modifier | modifier le code]

Cette méduse caractéristique est dotée d'un corps circulaire, en forme de coupe. Son endoderme est blanc et transparent, et son ectoderme, transparent lui aussi, est souvent légèrement bleuté ou rosâtre. Son ombrelle est entourée de centaines de longs et fins tentacules blancs filamenteux et urticants, qui capturent et paralysent le petit zooplancton dont elle se nourrit, pour le porter jusqu'à sa bouche. De nombreuses nervures blanches sont visibles sur son endoderme, partant du centre jusqu'au bord de l'ombrelle. On distingue facilement les quatre gonades en fer à cheval, roses ou blanches, disposées symétriquement autour du centre de l'endoderme. Elle possède aussi quatre tentacules buccaux translucides, entourant le manubrium, et souvent rangés sous l'ombrelle. Elle nage en contractant son corps par ondulations régulières. Chez les mâles, les gonades sont blanches ou jaunes, mais chez les femelles, elles sont roses ou violettes.


Répartition[modifier | modifier le code]

Méduse pratiquement cosmopolite et très répandue, elle évolue dans tous les océans et les mers du globe si ce n'est les eaux très froides des pôles sud et nord. Cette espèce nage souvent à la surface de l'eau, ou à très faible profondeur, en pleine mer ou près des côtes, dans les ports et les estuaires. Elle peut vivre solitaire ou en vastes groupes de la même espèce, venant souvent s'échouer sur le rivage. Elle dérive souvent avec le reste du plancton, au gré des courants.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Comme toutes les méduses, elle est macrophage et microphage, se nourrissant de constituants du zooplancton, des petits animaux néctoniques ainsi que des micro-particules en suspension, qu'elle capture à l'aide de ses centaines de fins tentacules de chasse. La nourriture, piégée par ses tentacules, est lentement acheminée jusqu'à la bouche où elle sera traitée dans l'estomac. La nourriture est rejetée par le même orifice que la bouche, cette dernière servant aussi d'anus, comme chez tous les cnidaires.

Les jeunes méduses, avec un diamètre d'environ 5 cm sont typiquement macrophages ; il a ainsi été calculé qu'une jeune aurélie est capable de consommer plus de 60 alevins de hareng par jour. Ce n'est qu'une fois adulte et avec un diamètre plus grand atteint, que l'aurélie opte pour une alimentation microphage.


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Reproduction[modifier | modifier le code]

Son mode de reproduction est caractéristique de la plupart des scyphoméduses. En effet, la reproduction se fait en deux stades : le stade libre et le stade benthique. D'abord, une méduse mâle rejette du sperme, qu'une méduse femelle récupérera pour féconder ses ovules. Les œufs ainsi obtenus donnent vie à un polype possédant de nombreux cils, appelé planula, qui grandit et tombe au fond de la mer, où il se fixe à un support. Il lui pousse alors des tentacules, puis il commence à se diviser de haut en bas. Cette phase, appelée bourgeonnement (terme impropre : il s'agit en fait de scissiparité; le bourgeonnement est plus approprié à la phase de reproduction asexuée des hydrozoaires), donne de minuscules méduses, appelées éphyras, qui grandiront jusqu'à devenir des méduses adultes.


Anatomie[modifier | modifier le code]

(1) partie interne, (2) tentacules marginaux, (3) bras buccaux, (4) mésoglée, (5) gonades, (6) endoderme, (7) bouche.

Parasitisme[modifier | modifier le code]

On retrouve souvent le crustacé amphipode commensal Hyperia Galba logé dans les cavités sous-ombrellaires d'Aurélia Aurita.

Anomalies[modifier | modifier le code]

Cette aurélie photographiée dans les Caraïbes comporte une anomalie des nombres de gonades caractéristiques

On observe fréquemment des mutations chez les aurélies, dues souvent à un accident de développement. Ainsi, le nombre de gonades peut changer chez certains individus. Elles peuvent être de trois, cinq, six, sept voire plus chez une aurélie portant une mutation. Des spécimens renversés comme tel un parapluie après une rafale ont aussi souvent été observés, sans que l'on ne sache exactement pourquoi ; si ce n'est que cette malformation tend à être plus fréquente en aquarium public.

Plus généralement, des changements morphologiques s'observent fréquemment entre les aurélies : des changements de couleurs (blanc, bleu ou rose) mais aussi des différences dans les formes des gonades (en forme de cœur, plus grands, reliés entre eux, plus épais sur les contours... etc.).

L'Aurélie et l'homme[modifier | modifier le code]

Pullulation et impact humain[modifier | modifier le code]

Dans les centrales nucléaires au bord de la mer, là ou des tonnes d'eaux chaudes y sont déversées, les pullulations d'aurélies sont fréquentes. Elles peuvent être responsables, à cause de leur nombre, du colmatage des crépines d'aspirations. De plus, des baisses des prises de pêches peuvent s'observer localement, à cause de la prédation massive des alevins par les méduses juvéniles. Plus généralement, les observations de scyphistomes d'aurélies se font surtout dans des zones portuaires ou des estuaires, sans doute à cause de leur richesses en particules nutritives. L'aurélie fait partie des espèces les plus courantes lors de prolifération de méduses, en raison de sa large distribution géographique, bien que d'autres espèces la devancent en matière de quantité d'individus et de distribution en étendue et en profondeur lors de telles pullulations.


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Consommation humaine[modifier | modifier le code]

En Asie, les aurélies sont consommées, notamment en Chine et en Indonésie. On les mange notamment après les avoir bouillies et enfleurées avec de l'huile de sésame.

Aquariums publics[modifier | modifier le code]

Dans les aquariums publics, seuls des individus mâles sont présentés. En effet, cela évite les reproductions entraînant la pullulation de larves dans le bassin, ainsi que les lâchés de vitellus par les femelles, responsables de pollutions inesthétiques.

Piqûre[modifier | modifier le code]

Généralement, la piqûre d'aurélie n'est que peu urticante, mais elle peut être ressentie de façon très différente selon les individus, allant de symptômes nuls à de vives douleurs et inflammations temporaires de plusieurs heures.

Médecine[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, aux Pays-Bas, on utilisait des bassins remplies d'aurélies pour soigner les douleurs dues aux rhumatismes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Photographies[modifier | modifier le code]

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Vidéos[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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