Areus Ier

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Pièce d'Areus Ier

Areus Ier (en grec ancien Ἄρευς / Áreus) est roi agiade de Sparte de 309 à 265 av. J.-C. Son règne marque le retour de Sparte sur la scène internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aréos appartient à la dynastie des Agiades. Il est le fils d'Acrotatos, fils aîné du roi Cléomène II ; le nom de sa mère n'est pas connu[1], non plus que sa date de naissance exacte. Acrotatos trouve la mort avant son père, qui décède en 309 av. J.-C. Aréos et Cléonyme, fils cadet de Cléomène, peuvent alors revendiquer le trône. La gérousie tranche alors en faveur d’Aréos[2], en application de la règle de porphyrogénèse : il est l'héritier du prince héritier[3]. Cléonyme devient le régent d’Aréos, alors en bas âge[4], et gouverne à sa place probablement jusqu'en 295-294 av. J.-C.[5].

Avec Aréos, Sparte joue de nouveau un rôle actif dans le monde grec. Elle reconstitue une Ligue du Péloponnèse, qui est défaite en 281-280 av. J.-C. par la Ligue étolienne[6]. En -272 il parvient à repousser Pyrrhus d'Épire hors de Laconie.

Pendant la Guerre chrémonidéenne, Aréos s'associe à Athènes et tente ensuite à trois reprises de prendre Corinthe aux Macédoniens. Il trouve la mort pendant la troisième, en 265 av. J.-C.[7], avant l'archontat d'Emménidas à Athènes.

Aréos est également à l'origine, en 294 av. J.-C., des premières fortifications spartiates, certes rudimentaires[8], et des premières monnaies frappées, qui portent son effigie[9]. C'est un roi fort, qui peut rivaliser avec les autres monarques hellénistiques : le décret de Chrémonidès désigne Sparte par « Aréos et les Lacédémoniens », sur le modèle de la formule « Philippe et les Macédoniens »[9].

Le premier livre des Macchabées attribue à un « Dareius », généralement émendé en « Aréos », une lettre au grand prêtre juif Onias revendiquant une origine commune entre les Spartiates et les Juifs[10]. Aréos II étant mort encore enfant en 264 av. J.-C., on considère qu'il s'agit d'une allusion à Aréos Ier.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Carlier, « Le prince héritier à Sparte », Gerión, vol. 23, no9 (2005), p. 26 [lire en ligne].
  2. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], III, 6, 12.
  3. Carlier, p. 25.
  4. K.J. Beloch place sa date de naissance à 312 av. J.-C. au plus tard ; Aréos aurait donc 3 ans au moment de son accession au trône. Griechische Geschichte, 2e édition, vol.4, p.157-158.
  5. E. I. McQueen, The Eurypontid House in Hellenistic Sparta, Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, vol. 39, no2 (1990), p.165-166, n.13.
  6. Edmond Lévy, Sparte : histoire politique et sociale jusqu’à la conquête romaine, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 2-02-032453-9), p. 262.
  7. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], 20, 29, 1.
  8. Lévy, p. 263.
  9. a et b Lévy, p.  275.
  10. 1 Macchabées 12, 6-23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]