Polydore (Sparte)

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Polydore (en grec ancien Πολύδωρος) est un roi de Sparte du VIIe siècle av. J.-C., 10e souverain de la dynastie des Agiades[1], il succède à son père Alcamène[2].

Sous son règne les Spartiates fondèrent deux colonies, en Italie et en Asie Mineure[2].

Il poursuivit la première guerre de Messénie qui débuta sous Alcamène[2]. Il participa aux combats[3] même si Pausanias rapporte que c'est Théopompe, roi de l'autre famille des Eurypontides qui mena l'essentiel des combats[2].

Polydore et Théopompe modifièrent la constitution afin de restreindre les droits du peuple de Sparte[4]. Polydore aurait également augmenté le nombre de lots de terre qui divisait le territoire lacédémonien[5].

Son caractère calme et policé lui accorda une grande estime, il fut pourtant assassiné par un certain Polémarque, issu d'une grande famille spartiate[2].

Son souvenir était particulièrement honoré à Sparte où il avait sa statue[6], son portrait était gravé sur le sceau des dignitaires[6] et où le nom et l'emplacement de sa demeure était encore connus du temps de Pausanias[7].

Son fils Eurycratès lui succède.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. « Léonidas de Lacédémone était le plus considéré, et commandait en chef toute l'armée. Il comptait parmi ses ancêtres Anaxandrides, Léon, Eurycratides, Anaxandre, Eurycrates, Polydore, Alcamènes, Téléclus, Archélaüs, Agésilaüs, Doryssus, Léobotes, Echestratus, Agis, Eurysthènes, Aristodémus, Aristomachus, Cléodéus, Hyllus, Hercule. » Hérodote, Histoire, VII, 204 [1]
  2. a, b, c, d et e Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] III, 3, 1-3
  3. « Les Lacédémoniens avaient pour généraux leurs deux rois, Théopompe, fils de Nicandre, et Polydore, fils d'Alcamène, qui ne vivait plus. Les Messéniens campèrent en leur présence, et marchèrent à la rencontre des Lacédémoniens, qui les provoquaient au combat. L'aile gauche de ces derniers était commandée par Polydore, la droite par Théopompe, et le centre par Euryléon » Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] IV, 7-8
  4. « Personne que les sénateurs et les rois n’avait le droit, dans l’assemblée du peuple, de mettre en avant les sujets de délibération : eux seuls les proposaient ; et le peuple était maître de décider. Dans la suite, comme le peuple altérait, dénaturait, par des retranchements, des additions, les décrets du sénat, les rois Polydore et Théopompe ajoutèrent à l’oracle ce qui suit : « Si le peuple essaye de prévariquer, que les sénateurs et les rois se retirent. » C’est-à-dire : qu’ils ne confirment pas les décisions ; qu’ils renvoient l’assemblée, et qu’ils annulent les arrêts du peuple, comme entachés d’illégalité et de fraude. Après quoi ils persuadèrent aux citoyens que tel était l’ordre du dieu. » Plutarque, Lycurgue, 99 [2]
  5. « Quelques-uns disent que Lycurgue n’avait fait que six mille parts de ces dernières, et que trois mille furent ajoutées dans la suite par le roi Polydore. D’autres prétendent que, des neuf mille parts, Polydore fit une moitié ; Lycurgue aurait fait l’autre. » Plutarque, Lycurgue, 101 [3]
  6. a et b « La statue de Polydore, fils d'Alcamène, est vers le tombeau d'Oreste. Les Lacédémoniens le distinguent tellement de leurs autres rois, que son effigie est gravée sur le sceau dont se servent tous ceux qui sont en charge. » Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] III, 3, 11
  7. « L'édifice nommé Boonéta est dans cette rue, comme je l'ai dit. C'était anciennement la maison du roi Polydore ; on lui donna ce nom parce que les Lacédémoniens l'achetèrent de sa veuve et lui en payèrent le prix avec des bœufs, car on ne connaissait pas encore les monnaies d'or et d'argent; mais, suivant l'ancien usage, on payait les achats qu'on faisait avec des bœufs, des esclaves ou de l'or et de l'argent non façonnés. » Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] III, 3, 12