Adélaïde-Gillette Dufrénoy

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Adélaïde-Gillette Dufrénoy

Description de l'image  AdelaideBillet-Dufrenoy.jpg.
Activités poétesse
Naissance 3 décembre 1765
Nantes
Décès 8 mars 1825
Paris

Adélaïde-Gillette Dufrénoy[1], née Billet à Nantes le 3 décembre 1765 et morte à Paris le 7 ou 8 mars 1825, est une poétesse française.

Fille de Jacques Billet, joaillier de la couronne de Pologne, Adélaïde-Gillette Billet apprit le latin, après avoir reçu une éducation soignée au sein de sa famille, au point d’être en état de traduire Horace et Virgile tandis que Laya l’initiait aux charmes de la poésie française. Elle épousa à quinze ans un riche procureur au Châtelet de Paris, qui avait été l’homme de confiance de Voltaire. Sa demeure devint le rendez-vous des beaux esprits de l’époque alors qu’elle sentait se développer en elle une véritable vocation poétique.

Elle débuta, en 1787, dans la carrière des lettres, par une petite pièce intitulée Boutade, à un ami et de charmantes poésies insérées dans l’Almanach des Muses. L’année suivante, elle se risqua au théâtre où elle fit jouer l’Amour exilé des Cieux, mais elle doit surtout sa réputation littéraire à ses élégies. Elle semblait au comble de la fortune et du bonheur lorsque survint la Révolution et éclata un incendie qui acheva la ruine de son mari. Le Directoire ne leur accorda aucun dédommagement et Dufrénoy accepta, sous le Consulat, une mince place de greffe en Italie, à Alexandrie. Adélaïde-Gillette l’y accompagna et, lorsqu’il devint aveugle, fit de son mieux pour le suppléer, copiant les dossiers et les jugements, sans toutefois rien perdre de son génie poétique car c’est de cette époque sombre que datent la plupart de ses élégies. La mélancolie qu’elle y exprime n’était pas feinte car elle se mourait d’ennui loin de la France.

Enfin revenue en France à la retraite de son mari, elle y vécut presque uniquement de travaux littéraires jusqu’au jour où, par l’entremise d’Arnault et du comte de Ségur, elle reçut de Napoléon Bonaparte, à qui elle voua une reconnaissance sans bornes, des secours qui l’affranchirent du souci des premières nécessités de la vie. Quittant alors le métier pour l’art, elle fit de nombreuses poésies érotiques qu’elle voila du nom de poésies élégiaques. C’est en 1807 que parut la première édition de ses Élégies qui connut un grand succès.

En 1811 et 1812, elle chanta le roi de Rome et, en 1813, elle fit partie de la suite qui accompagna l’Impératrice Marie-Louise à Cherbourg. La chute de l'Empire ayant une nouvelle fois dérangé ses affaires, sa plume lui devint, une nouvelle fois, une ressource. Elle rédigea des ouvrages pour l’enfance et la jeunesse, dirigea la Minerve littéraire, l’Almanach des Dames et l’Hommage aux Demoiselles. Elle vit une partie de ses pièces couronnées par diverses académies et elle obtint, en 1814, le prix de l’Académie française pour la poème Derniers Moments de Bayard.

Elle fut recherchée des personnes les plus distinguées de l'époque, particulièrement de Jean-Pierre Louis de Fontanes, Amable Tastu, Marceline Desbordes-Valmore, Tissot, l’abbé Sicard ou Béranger. Elle a aussi donné des traductions de l'anglais, quelques romans et des livres pour l'éducation des filles. Le recueil de ses élégies a paru en 1807, et a été plusieurs fois réimprimé avec des augmentations. On y remarque :

  • la Boutade ;
  • le Pouvoir d'un amant ;
  • la Journée d'une amante ;
  • Anniversaire ;
  • Les Beautés de l’Histoire de la Grèce moderne (1825) ;
  • les Derniers moments de Bayard, couronné par l'Académie en 1815.

Son fils est le géologue Armand Dufrénoy.

Veille, ma lampe, veille encore,
Je lis les vers de Dufresnoy
Béranger, Ma Lampe

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Dufresnoy

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Abécédaire des petits gourmands, Paris, Lefuel, 1822
  • Beautés de l'histoire de la Grèce moderne, ou Récit des faits mémorables des Hellènes depuis 1770 jusqu'à ce jour, Paris, A. Eymery, 1825
  • Biographie des jeunes demoiselles ou vies des femmes célèbres depuis les hébreux jusqu'à nos jours, Paris, A. Eymery, 1816
  • Cabinet du petit naturaliste, Paris, A. Rigaud, 1810-1819
  • Élégies, suivies de poésies diverses, par Mme Dufrénoy, Paris, A. Eymery, 1813
  • Étrennes à ma fille, ou Soirées amusantes de la jeunesse, Paris, A. Eymery, 1816
  • Faits historiques et moraux, Paris, A. Rigaud, 1877
  • Hommage aux demoiselles, Paris, Le Fuel, 1818
  • L'Anniversaire de la naissance du Roi de Rome, Paris, P. Didot l'aîné, 1812
  • L'Enfance éclairée, ou les Vertus et les vices, par Mme Dufrénoy, Paris, A. Eymery, 1816
  • L'Hymne des Français... à S. A. R. la duchesse d'Angoulême, lors de son entrée à Paris, Paris, Brasseur aîné, 1814
  • La Convalescence, élégie, Paris, J. Tastu, 1823
  • La femme auteur, ou Les inconvéniens de la célébrité, Paris, Béchet, 1812
  • La Petite ménagère, ou l'Éducation maternelle, Paris, A. Eymery, 1816
  • Le Tour du monde, ou, Tableau géographique et historique : de tous les peuples de la terre, Paris, A. Rigaud, 1814
  • Les Conversations maternelles, Paris, A. Eymery, 1826
  • Les Françaises, nouvelles, Paris, A. Eymery, 1818
  • Nouvel Abécédaire des petits gourmands, Paris, J. Langlumé, 1837-1857
  • Petite Encyclopédie de l'enfance, ou, Leçons élémentaires de grammaire, de géographie, de mythologie, d'histoire ancienne et moderne, d'histoire des religions, d'arithmétique et mathématique, de physique, d'histoire naturelle, des arts et métiers, Paris : A. Eymery, 1817
  • Plaintes d'une jeune Israélite sur la destruction de Jérusalem, élégie, Paris, A. Eymery, 1817
  • Œuvres poétiques de Mme Dufrénoy, Précédées d'observations sur sa vie et ses ouvrages, par A. Jay, Paris, Moutardier, 1827

Liens externes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. XV, Paris, Firmin-Didot, 1855, p. 70-1
  • Marie Aurore Dupin de Francueil, La France illustrée par ses femmes, 1833 p. 325-41