Actes de Paul et Thècle

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Les actes de Paul et Thècle sont un récit apocryphe[1] de l'influence de Paul sur une jeune vierge nommée Thècle et la vie romancée de celle-ci.

Origine du texte[modifier | modifier le code]

Le texte date probablement du IIe siècle. Il fait partie d'un ouvrage apocryphe connu en copte sous le nom d'Actes de Paul comprenant, outre le récit sur la vie de Thècle, la troisième épître aux Corinthiens et l'épitre des Corinthiens à Paul. Selon Tertullien, cet ouvrage est un faux écrit vers 160 à la gloire de Paul par un presbytre d'Asie mineure dont la fraude a été découverte. L'auteur ayant reconnu la falsification, fut condamné et a démissionné de son office.

Cependant de nombreuses versions furent diffusées en grec, syriaque, arménien et latin, ce qui explique que nombre d'ouvrages des Pères de l'Église y fassent allusion.

Le récit[modifier | modifier le code]

Paul de passage à Iconium délivre son enseignement dans la maison d'Onésiphore. De sa fenêtre voisine, Thècle écoute, captivée, les sermons de l'apôtre sans bouger pendant 3 jours et 3 nuits. Paul enseigne que l'on ne doit vénérer qu'un seul Dieu et vivre chastement et parle de la résurrection. La mère de Thècle et son fiancé, Thamyris, sont irrités de l'influence de Paul sur Thècle et le conduisent devant le proconsul comme imposteur.

Paul est jeté en prison. Thècle achète le geôlier pour le rejoindre et écouter à ses pieds, toute la nuit, le récit des grands actes de Dieu. Sa famille, alarmée, et soutenue par la foule menaçante, fait de nouveau appel au proconsul. Paul est chassé de la ville et Thècle, à la demande de sa mère est condamnée au bûcher. Mais un orage miraculeux sauve la nouvelle disciple.

Thècle rejoint Paul dans un tombeau ouvert sur la route de Iconium à Daphné. Un magistrat de la ville d'Antioche séduit par la jeune fille cherche à la prendre de force, mais Thècle défend sa vertu. Le magistrat l'accuse faussement et elle est condamnée par le gouverneur à être dévorée par des bêtes sauvages, malgré les protestations des femmes de la cité et notamment d'une veuve, nommée Triphéna (Tryphaine) dont la fille qui venait de mourir désirait adopter Thècle. Thècle subit plusieurs supplices, mais chaque fois un nouveau miracle l'épargne. Devant tant de prodiges, le gouverneur accepte de la libérer.

Thècle revint à Séleucie d’Isaurie et finit ses jours dans un petit ermitage qu'elle crée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les christianismes disparus de Bart Ehrman - traduction française au Ed. Bayard - 2007

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Actes de Paul, apud Écrits Apocryphes Chrétiens, trad. du grec et du copte Willy Rordorf et P. Cherix, Gallimard, coll. "La Pléiade", vol. 1, 1997, p. 1127-1177. P. 1131-1142 (III, 7 - IV, 18) : Thècle.

Études[modifier | modifier le code]

  • J. N. Bremmer, The Apocryphal Acts of Paul and Thecla, Kampen, 1996.
  • Frédérique Villemur, « Saintes et travesties du Moyen Âge », Clio,‎ 10-1999 (lire en ligne)