Abbaye Saint-Bavon de Gand

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Ancienne abbaye Saint-Bavon
Image illustrative de l'article Abbaye Saint-Bavon de Gand
Le 'lavabo' dans le cloitre de l'ancienne abbaye
Présentation
Nom local Sint-Baafsabdij
Type Abbaye
Rattachement Ordre de Saint-Benoît
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux Supprimée en 1539
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Flandre-Orientale
Commune Gand
Coordonnées 51° 03′ 14″ N 3° 44′ 10″ E / 51.053889, 3.73611151° 03′ 14″ Nord 3° 44′ 10″ Est / 51.053889, 3.736111  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye Saint-Bavon

L’abbaye Saint-Bavon est un ancien monastère situé à Gand, dans l'actuelle Belgique. Sis au bord de la Lys, il est fondé à l'époque mérovingienne (milieu du VIIe siècle) par saint Amand. Il connaît une grande prospérité tout au long du Moyen Âge. Les moines se sécularisent en chanoines en 1536 et l’abbaye est supprimée en 1539, lorsque, en représailles contre la Gantois révoltés, Charles Quint décide de la transformer en citadelle. Ses ruines sont dégagées en 1830 au moment du démantèlement des bâtiments militaires. Une partie du cloître, de l'église abbatiale et de la salle du chapitre peuvent désormais se visiter.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation et premiers siècles[modifier | modifier le code]

Saint Amand, soutenu par l’évêque de Noyon et par le roi mérovingien Dagobert, visite une première fois le Pagus gandensis vers 630, et y construit une église près du confluent de la Lys avec l’Escaut. Il est soutenu par saint Bavon, noble converti devenu moine et ermite, qui meurt au monastère en 653. Bavon est considéré comme le fondateur de l’abbaye. Au IXe siècle, de « Ganda » celle-ci prendra le nom de « Saint-Bavon ».

Autour de l’abbaye se développe un bourg, distinct de Gand, qui s’appelle Saint-Bavon. À la fin du VIIIe siècle, l’abbaye, en déclin, passe vers 820 sous le contrôle d’Eginhard, secrétaire de Charlemagne, à qui avaient été offertes plusieurs abbayes, dont Saint-Bavon et Saint-Pierre à Gand.

L’abbaye subit les attaques et pillages des Normands, une première fois en 851, et de nouveau dans les années 879-880. Après 883, il reste peu de chose de l’abbaye.

Reconstruction[modifier | modifier le code]

En 937, sous l’impulsion de l’évêque de Tournai, le comte de Flandre Arnoul Ier s’applique à faire renaître et à contrôler l’ancienne abbaye. De cette façon, il s'assure d'une certaine influence sur la population et d'une aide efficiente pour la mise en valeur des terres par les religieux[1]. Les travaux commencent en 946-947. La règle de saint Benoît est adoptée ou imposée. Récupérant une partie de ses biens, l’abbaye est progressivement reconstruite aux Xe et XIe siècles. Une nouvelle abbatiale est consacrée en 1058, et, comme rattachée à l'Ordre de Saint-Benoît, l'abbaye Saint-Bavon connaît une nouvelle vie.

Durant près de deux siècles, aux Xe et XIe siècles, l’abbaye est en conflit avec sa voisine immédiate, l’abbaye Saint-Pierre-au-Mont-Blandin, de Gand. Toutes deux revendiquent la paternité de Saint Amand, et donc la préséance sur la rivale. Au XIe siècle, des pèlerinages populaires autour de la dévotion à saint Macaire se déroulent à Sainte-Bavon[2].

Elle est florissante, et prestigieuse au XIVe siècle. Au temps des relations proches entre le comté de Flandre et le royaume d’Angleterre, elle reçoit dans ses murs, en 1341, le roi Edouard III d’Angleterre et sa femme Philippine qui y met au monde un fils, Jean de Gand, duc de Lancastre. Le 20 juin 1369, le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre est célébré dans son église abbatiale. La date est historique car de ce jour le duché de Bourgogne s’est introduit dans les affaires des Pays-Bas.

Ensuite elle décline, jusqu’à connaître au XVe siècle un étiage tant spirituel que financier, puis à nouveau prospère, pour devenir à la fin du XVe siècle une abbaye bénédictine influente. Cela permet de nouveau projets: en 1495, des travaux d’embellissement sont effectués, dont le remaniement du cloître.

Suppression de l’abbaye[modifier | modifier le code]

Des impératifs politiques et stratégiques mettent fin à l’abbaye. Pour mieux mater la population gantoise souvent rebelle, Charles Quint désire construire une citadelle à Gand. Il jette son dévolu sur l’emplacement de l’abbaye. Les moines sont sécularisés en 1536, et, comme chanoines, reçoivent la charge (et les revenus) de l’église Saint-Jean, érigée dès lors en collégiale Saint-Bavon[3] La révolte de 1539 précipite son projet. Les bâtiments de l’abbaye sont pour partie démolis, pour partie absorbés dans la nouvelle citadelle. En 1545, 2 500 hommes sont casernés dans ce que l’on appelle le « Château des Espagnols ».

Dès lors, l’histoire des bâtiments de l’abbaye est intimement liée à l’histoire militaire de la ville de Gand.


Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Vestiges[modifier | modifier le code]

On a découvert des vestiges de l’abbaye lors du démantèlement de cette « citadelle espagnole » dans les années 1830. Ces ruines, qui ne constituent qu’une fraction de l’ancienne abbaye de bénédictins, comprennent :

  • les vestiges de l’ancienne abbatiale romane (du XIe au XIIIe siècle, remaniée en style gothique au XIIIe siècle) ;
  • un cloître en gothique tardif (1495) ;
  • une aile orientale, avec une salle du chapitre en style de transition romano-gothique (1re moitié du XIIIe siècle) ;
  • une aile nord sur deux étages, comprenant la « salle gothique » (XVe siècle) et le réfectoire roman (XIIe siècle), devenus musée des objets de pierre depuis 1834 ;
  • une aile occidentale, avec les quartiers des frères lais et un mur du XIe siècle.

Musée des objets de pierre[modifier | modifier le code]

Il se situe principalement dans l'ancien réfectoire de l'abbaye, vaste salle romane de près de 41 m de long sur 10,5 m de large. On y distingue spécialement une dalle funéraire qui, selon la tradition, aurait recouvert les restes du peintre de « L'Agneau mystique », Hubert van Eyck.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Vanneufville, Histoire de Flandre, éditions Yoran Embanner, 2011, p. 47.
  2. Éric Vanneufville, Histoire de Flandre, éditions Yoran Embanner, 2011, p. 69.
  3. Une vingtaine d’années plus tard, en 1559, Gand deviendra diocèse et la collégiale deviendra la Cathédrale Saint-Bavon

Articles connexes[modifier | modifier le code]