Vipérine commune

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Echium vulgare

La vipérine commune ou vipérine vulgaire (Echium vulgare L. ) est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Boraginaceae, originaire d'Eurasie.

C'est une plante herbacée bisannuelle répandue dans la plupart des régions tempérées du monde, dans les friches et les terres perturbées. Elle se comporte souvent comme une mauvaise herbe des cultures. C'est une plante toxique, notamment pour le bétail, du fait de la présence d'alcaloïdes pyrrolizidiniques.

Description[modifier | modifier le code]

Détail des cymes.
Rosette de feuilles basales.

La vipérine commune est une plante herbacée, érigée, poilue, aux feuilles à une seule nervure saillante, les basales étant pétiolées ovales lancéolées, les supérieures sessiles étroites.

L'inflorescence est une grappe de cymes unipares scorpioïdes. Les fleurs ont une couleur variable selon l'âge, du rose au stade boutons à bleu vif à maturité. Il en existe une forme blanche (albiflora). Elles comptent cinq étamines inégales, très saillantes (à filets rouges et anthères jaunes).

Le fruit est un nucule (type d'akène sclérifié), de couleur brune, au contours anguleux et à section triangulaire, à la surface ornée de nombreuses protubérance. Ce nucule, de 2,5 à 3,0 mm de long sur 1,25 à 1,5 mm de large, contient une seule graine. Les nucules sont groupés par quatre (tétrakènes)[1]. Les graines sont très petites (400 graines pèsent 1 g[réf. nécessaire]).

Biologie[modifier | modifier le code]

Cycle biologique[modifier | modifier le code]

La vipérine commune est généralement une plante bisannuelle, parfois une plante vivace à courte durée de vie. La plante se développe d'abord sous forme d'une rosette basale, forme sous laquelle elle passe la mauvaise saison avec un nombre limité de feuilles et un bourgeon central au ras du sol (plante hémicryptophyte à rosette). La croissance de la tige florale n'intervient que la deuxième année après une exposition au froid. La floraison a lieu normalement au printemps ou en début d'été, et peut intervenir dès juin-juillet chez les plantes les plus précoces, ou plus tardivement vers la période d'août à octobre (dans l'hémisphère nord). Dans certaines conditions environnementale, la floraison peut intervenir seulement la troisième ou quatrième année[2].

Pollinisation[modifier | modifier le code]

Pollinisation

La pollinisation est entomogame. La vipérine commune est une plante mellifère qui exerce une forte attirance sur les abeilles, les bourdons et les papillons. Elle leur fournit un abondant nectar pendant plusieurs semaines consécutives.

Reproduction et dissémination[modifier | modifier le code]

L'espèce se reproduit exclusivement par graines (dissémination barochore). Celles-ci on une durée de viabilité estimée à trois ans, variable selon la profondeur d'enfouissement. Une plante produit un grand nombre de graines, variable selon les conditions de milieu, en moyenne égal à 1800 graines par plant[2].

La dissémination des graines se fait par divers moyens : le vent, l'eau, les animaux et l'homme. La dissémination par le vent est limitée à un rayon d'environ cinq mètres autour du pied-mère, davantage si la plante tout entière est roulée par le vent comme un virevoltant. La dissémination par l'eau est possible dans la mesure où les graines flottent. Elles peuvent aussi être disséminées par les animaux lorsque les fleurs contenant encore des graines s'accrochent à leur pelage. Ce sont les activités humaines qui permettent la dissémination à longue distance, sous forme de foins ou de semences contaminés par des graines de vipérine, ou par l'intermédiaire de véhicules ou d'équipements agricoles[2].

Ennemis naturels[modifier | modifier le code]

Chenille d'Ethmia bipunctella.

En Europe, les chenilles d'Ethmia bipunctella, papillon diurne de la famille des Ethmiidae, se nourrissent sur la vipérine[3].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

L'espèce est originaire des régions tempérées d'Eurasie. Son aire de répartition originelle comprend :

(très commune en France).

Elle s'est naturalisée dans d'autres régions dans tous les continents, notamment en Afrique australe (Afrique du Sud, Lesotho), en Australie et Nouvelle-Zélande, en Europe (Allemagne, Scandinavie, ex-Yougoslavie), en Amérique du Nord (Canada, États-Unis), en Amérique du Sud (Argentine, Chili)[4].

Elle est parfois considérée comme envahissante. Elle est classée comme « Noxious weed » (mauvaise herbe nuisible) dans l'État de Washington[5].

  • Habitat type : friches xérophiles, médioeuropéennes.

Elle apprécie les sols maigres (peu profonds voire caillouteux) à tendance calcaire.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom générique, Echium, vient du grec ἔχιον, dérivé de ἔχις, « vipère ». Ce nom a été donné à la plante par Dioscoride en référence à la forme du fruit qui évoque une tête de vipère[6],[7].

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Vipérine, vipérine commune, vipérine vulgaire, herbe-aux-vipères, herbe-à-la-vipère, langue-d'oie, buglosse, buglosse-sauvage, herbe-à-la-couleuvre, dragon[6],[8].

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Catalogue of Life (6 juin 2016)[9] :

  • sous-espèce Echium vulgare subsp. argentae
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. asturicum
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. pustulatum
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. vulgare

Selon NCBI (6 juin 2016)[10] :

  • sous-espèce Echium vulgare subsp. vulgare

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon The Plant List (6 juin 2016)[11] :

  • sous-espèce Echium vulgare subsp. argentae (Pau) Font Quer
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. asturicum (Lacaita) Klotz
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. pustulatum (Sm.) Em.Schmid & Gams

Selon Tropicos (6 juin 2016)[12] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèce Echium vulgare subsp. argentae (Pau) Font Quer
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. asturicum (Lacaita) Klotz
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. coincyanum (Lacaita) O. Bolòs & Vigo
  • sous-espèce Echium vulgare subsp. pustulatum (Sm.) Em. Schmid & Gams
  • variété Echium vulgare var. argentae (Pau) O. Bolòs & Vigo
  • variété Echium vulgare var. grandiflorum Bertol.
  • variété Echium vulgare var. lacaitae (Sennen) O. Bolòs & Vigo
  • variété Echium vulgare var. pustulatum Rouy
  • variété Echium vulgare var. vulgare

Utilisation[modifier | modifier le code]

Plante médicinale[modifier | modifier le code]

Selon la théorie des signatures (corolles à lobes inégaux ressemblant vaguement à des mâchoires ouvertes et étamines évoquant la langue d'un serpent tandis que les styles font penser à la queue)[réf. nécessaire], cette plante soignait les morsures de vipère. En fait, elle contient un alcaloïde paralysant comme le curare, l'échiine ou cynoglossine, mais en quantité si faible (0,0017 pour cent du poids de la plante fraîche) qu'elle est inoffensive pour l'homme[13].

La pharmacopée cependant l'utilise en infusion pour calmer la toux (fleurs séchées aux propriétés dépuratives, pectorales et diurétiques)[14].

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

La vipérine commune est parfois cultivée comme plante ornementale[15] ou dans des mélanges de graines destinés à stabiliser les talus[16].

Plante alimentaire[modifier | modifier le code]

Les jeunes feuilles, tendres et mucilagineuses, peuvent se consommer, crues ou cuites, comme substituts d'épinards ou en salade (mesclun), cependant leur possible toxicité incite à la prudence. La consommation de ces feuilles stimulerait le désir sexuel[17],[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Vipérine commune près de Saratov.
  1. « Semence de mauvaises herbe : Vipérine commune (Echium vulgare) », sur Semences de mauvaises herbes - Fiches de renseignements, Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) (consulté le 7 juin 2016).
  2. a, b et c (en) Melissa Graves, Jane Mangold, Jim Jacobs, « Biology, Ecology and Management ofBlueweed (Echium vulgare L.) », sur MSU Extension, Université d'État du Montana,‎ (consulté le 6 juin 2016).
  3. (en) « Ethmia bipunctella auteur= », sur ZipcodeZoo (consulté le 6 juin 2016).
  4. (en) « Taxon: Echium vulgare L. », sur U.S. National Plant Germplasm System (consulté le 7 juin 2016).
  5. (en) « Echium vulgare L. », sur Plants database, Natural Resources Conservation Service (NRCS, USDA) (consulté le 7 juin 2016).
  6. a et b Gaston Bonnier, Robert Douin, Raoul Palese, David Aeschimann (ill. Julie Poinsot), La Grande flore en couleurs de Gaston Bonnier: France, Suisse, Belgique et pays voisins, vol. 4, Belin, , 1401 p. (ISBN 9782701113647), p. 796-797.
  7. Pascale Servais & Pierre Seba, « Echium plantagineum », sur Tilo_Botanica, Flore de Tilos et du Dodécanèse,‎ (consulté le 7 juin 2016).
  8. Raymond Martin-Faber, « Vipérine vulgaire (Echium vulgare) Gewöhnliche Natternkopf », sur Phytotheque Herbier Herbarium,‎ (consulté le 7 juin 2016).
  9. Catalogue of Life, consulté le 6 juin 2016
  10. NCBI, consulté le 6 juin 2016
  11. The Plant List, consulté le 6 juin 2016
  12. Tropicos, consulté le 6 juin 2016
  13. Boraginées (Boraginaea). Echium. Vipérine
  14. Fiche botanique
  15. (en) « Echium vulgare – Viper's Bugloss », sur Emorsgate Seeds.
  16. (en) David H. Barker, Vegetation and Slopes: Stabilisation, Protection and Ecology : Proceedings of the International Conference Held at the University Museum, September 1994, Oxford, Thomas Telford, , 296 p. (ISBN 9780727720313), p. 118.
  17. (en) « Echium vulgare L. », sur Plants For A Future (PFAF) (consulté le 7 juin 2016).
  18. Francis Nouyrigat (ill. Émile Sudres, Hippolyte Coste), Flore d'Aubrac, Éditions du Rouergue, , 309. p. (ISBN 9782905209689), p. 111.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]