Vier letzte Lieder

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Quatre derniers lieder

Vier letzte Lieder (Quatre derniers lieder), op. 150, est un cycle de lieder pour soprano et orchestre composés par Richard Strauss entre mai et septembre 1948, alors que le compositeur octogénaire s'était éloigné de l'Allemagne vaincue et détruite pour effectuer des séjours en Suisse. Le titre consacré Quatre derniers lieder a été donné au cycle par l'éditeur de Strauss. La création eut lieu au Royal Albert Hall de Londres le par la soprano Kirsten Flagstad et l'orchestre Philharmonia dirigé par Wilhelm Furtwängler, huit mois après la disparition du compositeur.

Richard Strauss, gravure de 1916

Ce cycle compte parmi les partitions les plus célèbres de son auteur.

Il est constitué de :

  • Frühling (« Printemps »), allegretto ;
  • September (« Septembre »), andante ;
  • Beim Schlafengehen (« L'heure du sommeil »)[1], andante ;
  • Im Abendrot (« Au crépuscule »), andante.

Cette œuvre représente en quelque sorte le testament musical du compositeur, décédé en 1949 à 85 ans, même s'il a composé en novembre 1948 un tout dernier lied, Malven (« Les Mauves »), de caractère plus léger. On peut considérer les Quatre derniers lieder comme le chant du cygne de la musique romantique, à une période où l'atonalité domine chez les compositeurs dont Arnold Schönberg. Ce sont en effet les derniers grands chants orchestraux allemands d'une longue tradition musicale.

Les textes des trois premiers poèmes sont de Hermann Hesse, écrivain plus connu pour ses romans que pour sa poésie. Le dernier poème est de Joseph von Eichendorff. L'ensemble présente un raccourci saisissant sur le cycle de la vie, du « printemps » au « soleil couchant », dont le dernier vers est « Ist dies etwa der Tod ? » (« Serait-ce déjà la mort ? »). Ces lieder proclament l'acceptation sereine de la mort, comme une mort en beauté. Un adieu poignant à la vie, tout de contentement et sensualité, que traduit une orchestration brillante et colorée, mais en même temps simple, par rapport à des œuvres antérieures, sans ornements pesants. Toutefois, Strauss ne pensait pas organiser ces quatre lieder en cycle, et leur ordre a été fixé de manière posthume ; il semble par ailleurs que le musicien avait décidé de mettre Frühling en avant-dernière position (comme lors de la création), afin de finir sur une vision plus optimiste.

Tombé sur un poème d'adieu de Joseph von Eichendorff, Strauss commença d'abord par écrire le quatrième lied du cycle, Im Abendrot, à partir de l'hiver 1946-1947, et l'acheva en 1948. La partition débute par une explosion de son absolument radieuse produite par un grand orchestre. La soprano chante alors le repos venant après une longue vie commune - la femme du compositeur, Pauline, était une soprano pour qui il avait écrit un grand nombre de ses premiers lieder. Puis, l'énergie semble s'épuiser petit à petit, et tandis que les cuivres graves entonnent le motif de la transfiguration du poème symphonique Mort et transfiguration, la chanteuse se demande s'il ne pourrait pas s'agir de la mort, alors que des flûtes, comme deux alouettes volant dans le ciel, suggèrent l'envol des âmes. C'est après avoir composé ce morceau que Strauss lut des poèmes d'Hermann Hesse, dont il en mit trois en musique au cours de l'été 1948. Le frémissement de Frühling suggère autant le printemps qu'un rêve de résurrection. Le second lied, September, plus sombre, évoque les couleurs de l'automne, tandis que Beim Schlafengehen, teinté d'un délicat érotisme, introduit un sublime solo de violon.

Si l'œuvre fut créée par un soprano dramatique à la voix imposante, Kirsten Flagstad, le cycle est le plus souvent chanté par des voix plus légères, bien que d'autres éminentes chanteuses wagnériennes l'aient interprété.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Ces enregistrements célèbres ont été distingués par la critique[2] :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Littéralement : En allant dormir ou En s'endormant
  2. Entre autres les magazines français Diapason, Le Monde de la musique, Répertoire et Classica, le Dictionnaire des disques et des compacts établi par Diapason (Robert Laffont, coll. Bouquins) et le site Classicstoday.com