Vert-Bois

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Article principal : Saint-Dizier.

Le quartier du Vert-Bois est un quartier important de la ville de Saint-Dizier, sous-préfecture du département de la Haute-Marne, et ville la plus peuplée de celui-ci. Le Vert-Bois est un grand ensemble construit entre 1950 et 1970, dans lequel résident actuellement environ 9 000 personnes, ce qui représente le tiers de la population de la commune (45 % en 1980). Sa superficie est de 160 hectares. les habitants de ce quartier s'appellent les vert-boisiens et vert-boisiennes.

Rappels historiques sur les grands ensembles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : grand ensemble.

On définit généralement les grands ensembles comme des ensembles de logements collectifs, souvent en nombre important (plusieurs centaines à plusieurs milliers de logements), construits entre le milieu des années 1950 et le milieu des années 1970, marqués par un urbanisme de barres et de tours inspiré des préceptes de l'architecture moderne.

Ces grands ensembles, dont plusieurs centaines ont été construits en France, ont permis un large accès au confort moderne (eau courante chaude et froide, chauffage central, équipements sanitaires, ascenseur...) pour les ouvriers des banlieues ouvrières, les habitants des habitats insalubres, les rapatriés d’Algérie et la main-d’œuvre des grandes industries.

Ils se retrouvent fréquemment en crise sociale profonde à partir des années 1980, et sont, en France, l'une des raisons de la mise en place de ce qu'on appelle la politique de la ville.

Ils sont en général inspirés des préceptes de l'architecture moderne et se veulent une application directe de la Charte d'Athènes, publiée en 1943 par Le Corbusier.

Le contexte ayant abouti à la création du Vert-Bois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Saint-Dizier.
  • À la suite de la Seconde Guerre mondiale, le besoin de logements en Champagne-Ardenne est réel. L'invasion de 1940, l'Occupation, la Libération, les combats qui ont eu lieu en octobre 1944 à proximité du Lac du Der, ont entraîné un grand nombre de destructions d'habitations. Il s'agit de reloger les familles qui n'ont plus de toit.
  • La vie économique de la région de Saint-Dizier dépend essentiellement de la métallurgie, de la fonderie, de l'assemblage des aciers composés. Le bassin d'emploi, d'un rayon de 40 km autour de Saint-Dizier, englobe de nombreuses communes qui vivent du travail du fer et de la fonte (Bar-le-Duc, Joinville, Vitry-le-François, etc). La construction de nouveaux logements répond à la nécessité de loger tous les salariés des usines environnantes.
  • Dès 1956, et surtout à partir de 1962, l'afflux de rapatriés d'Algérie incite les pouvoirs publics à prévoir leur relogement, même temporaire.
  • Si de nombreux harkis ont subi un sort funèbre lors de l'indépendance de l'Algérie, certains ont été accueillis à la hâte en France. Le quartier du Vert-Bois, en 1965, était le deuxième[1] plus grand espace de logements de Harkis en France après le "quartier des 4000" à La Courneuve.
  • L'extension d'une base aérienne stratégique a aussi joué un rôle dans la décision de construire ce quartier.

La construction du Vert-Bois : un urbanisme conçu comme rationnel et humain[modifier | modifier le code]

La construction a débuté en avril 1953, sur les plans des architectes André Croizé, Henri Delacroix et Roger Boileau[réf. nécessaire], et a duré plus de 15 ans, le maître de l'ouvrage étant l'OPHLM de la Haute-Marne. Il a été "porté" par Edgard Pisani, alors préfet de la Haute-Marne, futur ministre du général de Gaulle et de François Mitterrand.

À l'origine, le quartier était dénommé « Saint-Dizier-le-Neuf ».

En 1966, selon le décompte de la préfecture, le quartier du Vert-Bois (ou « cité du Vert-Bois ») comptait 6 000 habitants, dont 3 200 d'origine métropolitaine, 1 300 rapatriés d'Afrique du nord, et 1 500 Nord-Africains.

Rangées le long d'avenues rectilignes, les hautes tours du quartier du Vert-Bois montrent un urbanisme qui peut sembler froid, mais qui reste intéressant, dans la ligne des idées de Le Corbusier, post École de Weimar / Bauhaus, perspectives claires et précises. Par ailleurs, construit à deux kilomètres du centre-ville dont, malgré deux ponts importants, il était séparé par la Route Nationale 4, Paris-Strasbourg, très fréquentée, et par le chemin de fer, le quartier a durant plusieurs décennies été objectivement coupé du reste de la ville. Mais initialement l'habitat ainsi proposé représentait un immense progrès face aux normes en vigueur et au manque cruel de logements auquel l'époque était confrontée (salles de bain dans chaque appartement, cuisine équipée, chambres séparées, personnel chargé de l'entretien des parties communes, lumière, espaces verts, aménagements urbains toujours fleuris, fontaines, allées piétonnes dallées, ce que montrent les photos ou films d'époque). Le réseau social, par ailleurs, était dense et solide (nombreux commerces bien achalandés, Maison de la Culture, piscine, activités sportives, troupes scoutes, autour des églises Sainte-Thérèse et des Ailes). C'est petit à petit que l'ensemble s'est transformé, jusqu'à devenir, ou à être vécu par ses habitants, au fur et à mesure des mutations sociales qu'il a subies, comme un véritable "ghetto urbain".

Au fil des années, compte tenu des difficultés sociales d'une grande partie de la population (illettrisme, famille recomposées, pauvreté, sentiment d'exclusion, etc), le quartier est en effet devenu « mal famé », repaire de vendeurs de cannabis et de receleurs. Néanmoins la grande délinquance (meurtres, bandes organisées) est exceptionnelle. Il a été classé en zone urbaine sensible en 1998.

Les 54 immeubles du quartier portent les noms de départements, de montagnes ou de fleuves français, ainsi que de noms tirés de la mythologie :

  • Alizé
  • Ain
  • Allier
  • Alpes [détruit]
  • Andes [détruit en 2007]
  • Armor
  • Bise
  • Canarie
  • Creuse
  • Dordogne
  • Erdre
  • Eure
  • Garonne (détruit)
  • Gers [détruit]
  • Junon
  • Jura [détruit|
  • Loire
  • Miquelon
  • Mistral
  • Orne
  • Poseidon
  • Simoun (detruit en 2012)
  • Rhin (détruit en 2010)
  • Tarn
  • Vulcain
  • etc.

La « mutation » du Vert-Bois au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis une quinzaine d'années, la municipalité de Saint-Dizier tente d'insérer le quartier du Vert-Bois au reste de la ville : la coupure routière entre le Vert-Bois et le reste de la ville est effacée, des infrastructures nouvelles sont créées, l'emploi est favorisé.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danièle Barbier et Marc Barbier, Saint-Dizier et ses environs, Joué-lès-Tours, A. Sutton,‎ (ISBN 2-842-53429-8).
  • Régis Pierret, Les filles et fils de harkis : entre double rejet et triple appartenance, Paris, l'Harmattan,‎ (ISBN 978-2-296-06758-5).

Notes et références[modifier | modifier le code]