Histoire de Saint-Dizier

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Gravure de la ville de st-Dizier, XIXe siècle.

Cet article traite des principaux événements liés à l'occupation humaine à Saint-Dizier, dans le département français de la Haute-Marne.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Hache du néolithique trouvé à Ambrières.

Les plus anciennes découvertes dans les environs immédiats de Saint-Dizier datent du paléolithique supérieur (pointes de flèches), les premiers témoignages humains sur le territoire de la commune datent du néolithique final (lames de silex)[notes 1].

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Les fouilles ont permis de mettre au jour une épingle à tête en forme de rouelle datant du bronze moyen (de -1500 à – 1250).

Tombe de jeune chef exposé au Musée municipal de Saint-Dizier.

Les découvertes de 1992, sur le site du Chêne Saint-Amand, font apparaître pour la première fois les traces réelles d'habitat[1],[2]. Elles datent du Bronze final (-900) et présentent un ensemble de trous de poteaux avec fosse contenant de la céramique servant de silo.

Les quelques cabanes qui constituaient Saint-Dizier connaissent une continuité tout au long de l'âge du Fer[3], particulièrement à la Tène. Cette évolution est mise en évidence par les sépultures mises au jour sur le site de la BA 113, les archéologues ayant retrouvé dans des enclos funéraires des parures (torques, bracelets, fibules), de la céramique et de la poterie. On y trouva également de nombreux trous de poteaux.

Les habitants de ces quelques cabanes mènent, en dehors de l'activité agricole, un travail d'artisanat de poterie, aidé par des gisements locaux d'argile. Nécessaire au développement, une activité d'essartage existe également, mise en évidence par la découverte de haches de bûcheronnage.

Les conditions de vie sont facilitées par la nature des sols plutôt riches (le limon du Perthois) donnant de meilleures récoltes qu'en zone calcaire, un bon réseau hydrographique et la forêt.

Géographiquement, la Saint-Dizier gauloise se situe entre les deux établissements anciens que formaient Le Châtelet de Gourzon et Perthes, rejointes entre elles par un chemin qui sera encore utilisé ultérieurement : la voie de Langres à Chalons en Champagne par la vallée de la Marne et qui passait sur l'actuelle commune. Elle se situe aux confins des territoires des Lingons et des Catalaunes.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Pendant la période gallo-romaine, le village devient Olonna[notes 2]. Le village se développe au Ier siècle apr. J.-C., connaît ensuite un tassement au début du IIe avant de reprendre au milieu du IIIe siècle. Le village est typique de cette époque : un petit habitat de cabanes à ossature en pan de bois et des villae.

La vie se romanise, tant dans la conception des bâtiments d'habitation que dans l'utilisation de nouveaux ustensiles dans la vie quotidienne. Au site Les Crassés, les recherches archéologiques ont mis au jour un habitat important, une villa, avec thermes privatifs. Elle sera occupée jusqu'au IVe siècle, probablement partiellement détruite durant les grandes migrations et réoccupée pendant la période mérovingienne. Le matériel de fouille donne de la verrerie, de la céramique, parures, bagues, tesselles de mosaïque, urnes funéraires en verre, monnaies et autres outils.

L'économie est basée sur l'agriculture mais c'est de cette époque que l'on retrouve les premières traces de sidérurgie sur le territoire de Saint-Dizier. Les scories mise à jour aux Crassés, datées du Ier siècle, en sont le témoignage.

L'essor d'Olonna commence paradoxalement avec la période troublée des grandes migrations. L'incendie de Langres par les Vandales en 411 puis après la destruction de Perthes[4], capitale du Pagus Partensis, par les Huns vers 451 précipite les populations vers Olonna. Même si elle n'a aucune valeur historique, la tradition veut que les rescapés de Langres aient apporté avec eux les reliques de leur évêque, Desiderius (Saint Didier ou Saint Dizier). Olonna devint alors lieu de culte sous le nom de Sancti Desiderii Fanum, à l'origine du nom de Saint-Dizier.

Périodes ultérieures[modifier | modifier le code]

Château et fortification de la ville dede Saint-Dizier en 1555, imaginaire de F-A Pernot.

En 1544, alors que la ville toute proche de Vitry-le-François avait été détruite par les armées de Charles Quint[5], Saint-Dizier leur résista pendant six mois. La légende veut que François Ier, parlant plus tard des habitants de Saint-Dizier, les ait qualifiés de braves gars[6]. De cette expression dériverait le nom actuel des habitants, les Bragards. Cette origine est discutée sans que la part respective de la légende et de l'étymologie soit bien claire. Les braques sont des caleçons de toile, les braguards de Rabelais sont beaux, mignons, ajustés. On fera plus utilement le rapprochement avec le mot braguer dont Littré donne la définition suivante : "Norm. brague, vif, emporté, proprement qui fait du bruit ; wallon, bragarz, les jeunes gens qui, enrubannés, empanachés, l'épée au côté, font les honneurs d'une fête de paroisse (XVIe s. L'autre sera querelleux avec ses voisins, et rude à ses sujets, et n'aprouvera autre vie que celle qui consiste à faire le braguard en la maison (...) ; angl. to brag, se vanter, braggart, vantard, du norois braka, faire du bruit, faire de l'étalage, dont le radical se confond avec le gothique brikan, rompre. De la sorte, braguer et brigue remonteraient à une racine commune". Dans Rabelais, le même mot est utilisé pour dire "vantard".. ("faire brague, se pavaner, se gorgiaser, se divertir" in Œuvres de F. Rabelais François Rabelais, L'Aulnaye (François Henri Stanislas, M. de) Éditeur Ledentu, 1835). Après leur victoire contre les armées de Charles-Quint, les habitants se seraient-ils un peu trop vantés ?

C'est aussi le lieu de la dernière victoire de Napoléon Ier lors de la campagne de 1814, face aux troupes prussiennes et russes.

Urbanisation du quartier Gigny.

En 1952, la première ville nouvelle de France, le quartier du Vert-Bois (à l'origine « Saint-Dizier-le-Neuf ») a été initié par Edgard Pisani[7], alors préfet de la Haute-Marne. Cette création résulte de l'accroissement de la population dû à l'expansion industrielle (usine Mc Cormick qui employait 3000 salariés venus de 100 km à la ronde) et à l'extension d'une base aérienne stratégique. Elle a permis de pratiquement doubler le nombre d'habitants de Saint-Dizier en deux décennies.

La ville connaît depuis une décennie, dans le cadre d'un projet de ville lancé à partir de 1990, de profonds changements dans la nature même de sa physionomie. La coupure routière entre le Vert-Bois et le reste de la ville est effacée, les infrastructures nouvelles sont créées[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. N. Beague a publié les résultats d'un site du Bronze Final à Saint-Dizier.
  2. Le nom pourrait provenir du celte oln, l'aulne, l'arbre des milieux humides qui ne manque pas dans la région.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le site de Saint-Dizier », sur www.inrap.fr (consulté le 30 mai 2019)
  2. « L'Histoire de Saint-Dizier », sur www.saint-dizier.fr (consulté le 30 mai 2019)
  3. « Actualité | Une occupation dès l'âge du Bronze et des dépôts rituels romains à Saint-Dizier », sur Inrap, (consulté le 30 mai 2019)
  4. « BRICON, Histoire », sur bricon.52.pagespro-orange.fr (consulté le 30 mai 2019)
  5. « Vitry-le-François », sur picard.genea.free.fr (consulté le 30 mai 2019)
  6. « Histoire de Saint-Dizier - Perthois et lac du Der », sur sites.google.com (consulté le 30 mai 2019)
  7. « Pour commencer. », sur entretenir.free.fr (consulté le 30 mai 2019)
  8. « Communauté d’agglomération de Saint-Dizier, Der et Blaise », sur adeus.org, (consulté le 30 mai 19)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]