Vengeance

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La Justice et la Vengeance Divine poursuivant le Crime, 1808 (musée du Louvre) de Pierre Paul Prud'hon.

La vengeance est l'action de nuire à une autre personne ou à un groupe dans le but de punir ou d'obtenir réparation d'un acte considéré comme offensant (meurtre, insulte, trahison, vol…)[1]. On peut aussi bien parler de vengeance que pour des personnes physique, morales, des groupes sociaux ou des institutions[2].

Dans les sociétés claniques, la solidarité oblige tout le clan jusqu'à un certain degré de parenté ou d'alliance à participer à la vengeance, on parle généralement de « vendetta ». Originellement, la vendetta est la vengeance d'un meurtre ou d'une simple offense, qui oppose deux familles ou clans sur une longue période de temps, telle que pratiquée en Corse, en Sardaigne et en Sicile en particulier[3]. D'où le terme « vendetta » qui n'est autre que « vengeance » en Italien.

Origine et objectif[modifier | modifier le code]

La vengeance est un acte d'origine émotionnelle, justifiée par la frustration ou la haine d'une entité qui nous a causé du tort, directement ou indirectement (en heurtant nos pairs par exemple).

La justice publique a très tôt jugulé certaines formes de vengeance (« justice privée ») du fait de son pouvoir destructeur de la société, comme constructeur. En effet, bien que les effets destructeurs collatéraux de la vengeance soient généralement faciles à trouver, il faut rajouter que la vengeance peut aussi unir contribuer à la cohésion d'un groupe, les unissant par un sentiment, des valeurs ou un(des) ennemi(s) communs (exemple : les crimes de guerres des Alliés de la Seconde Guerre Mondiale).

Cas de vengeances chez les autres animaux[modifier | modifier le code]

La vengeance n'est pas exclusive aux êtres humains. On rapporte des épisodes de vengeance d'éléphants de cirque sur leur dompteur en réponse aux maltraitances que ces derniers infligent ou ont infligé aux premiers. En , le journal saoudien Al Riyadh a rapporté qu'un groupe de babouins hamadryas s'étaient embusqués sur le bord de la route pendant trois jours afin de lapider un automobiliste, qui avait précédemment écrasé un des membres de leur groupe[4].

Justice[modifier | modifier le code]

Parmi les textes anciens, on trouve la loi du Talion par exemple, qui cadre la vengeance en exigeant qu'elle soit proportionnée au tort causé par l'agresseur.

Dans le cadre du contrat social moderne, l'État refuse le droit des citoyens de rendre justice eux-mêmes. Seul l'État a le devoir et le droit de punir les malfaiteurs. Une punition juste et proportionnée est communément acceptée et la vengeance est alors désignée comme primitive et barbare. Cependant, pour la professeur de droit à l'Université Fordham, Thane Rosenbaum, la différence entre vengeance et justice n'est pas aussi grande qu'il ne paraît. Pour plusieurs, la vengeance n'est qu'une partie de l'arsenal de la justice.

La plupart des gens autour du monde soutiennent la peine de mort, souhaiteraient que les systèmes juridiques punissent les coupables proportionnellement à leurs crimes, et reconnaissent le devoir moral de satisfaire les sentiment de vengeance des victimes[5]. En particulier, le fait que des coupables puissent être libérés en raison d'erreurs de procédure, ou en raison de doutes, comme dans le cas de Casey Anthony, invite à la vengeance populaire.

Effets et dysfonctionnements psychologiques[modifier | modifier le code]

Si beaucoup de personnes pensent qu'elles se sentiront mieux après s'être vengées, la littérature scientifique rapporte plusieurs contre-exemples. Notamment, des recherches en psychologie ont montré que la rumination mentale ne cessait pas systématiquement après la vengeance. De plus, les personnes qui se vengent par elles-mêmes peuvent finalement ressentir du remords[6].

Lorsque la vengeance est opérée par une source externe, comme une justice d'État ou un aléa, le vengé peut la vivre encore plus positivement que s'il l'avait opérée lui-même, parce qu'il se sent en plus reconnu, soutenu et/ou protégé par la collectivité ou les circonstances. La satisfaction des victimes est particulièrement importante lorsque leur offenseur fait le lien entre sa punition et son comportement antérieur[7].

Bien qu'il ne soit pas systématiquement bénéfique, le désir de vengeance est normal face à une injustice. Il est l'expression d'un ensemble de mécanismes de défense innés et appris. Cependant, lorsque l'agresseur sévit en toute puissance et de manière prolongée, la victime peut souffrir de dissociation traumatique et/ou de syndrome de Stockholm et l'absence d'un désir de vengeance peut être inquiétant. On l'observe notamment chez les victimes d'abus chroniques dans l'enfance et chez les souffre-douleur.

Médias[modifier | modifier le code]

La vengeance est citée et montrée dans une variante de médias à savoir les films[8], séries télévisées, la musique et les jeux vidéo. Dans Kill Bill et sa suite, Beatrix Kiddo (incarnée par Uma Thurman) tente de se venger de son ex-boss Bill en le tuant[9],[10]. D'autres titres sur ce thème unique incluent La Vengeance d'une femme et La Vengeance dans la peau. D'autres titres montrant la vengeance incluent Le Comte de Monte-Cristo, Colomba (nouvelle), Old Boy, Hamlet, La Vengeance du pardon et V pour Vendetta (film). Le jeu vidéo Metal Gear Solid 5 traite aussi du thème de la vengeance, après que le héros Big Boss échappe à une tentative d’assassinat et assiste à la destruction de son armée privée Militaires sans frontières.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Larousse - Vengeance », sur Larousse (consulté le 18 mai 2013)
  2. (fr) « Définition de la vengeance », sur CNRTL (consulté le 18 mai 2013)
  3. (fr) « Définition - Vendetta », sur Larousse (consulté le 18 mai 2013)
  4. (fr) « Un babouin rancunier et tenace », sur Libération.fr, (consulté le 18 mai 2013)
  5. (en-US) Thane Rosenbaum, « Opinion | Justice? Vengeance? You Need Both », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 25 avril 2018)
  6. (en) Carlsmith, M. Kevin, « The Paradoxical Consequences of Revenge », Journal of Personality and Social Psychology, no 95(6),‎ , p. 1316-1324 (ISSN 0022-3514)
  7. « What gives victims satisfaction when they seek revenge? - Gollwitzer - 2010 - European Journal of Social Psychology - Wiley Online Library », sur doi.wiley.com (consulté le 4 avril 2015)
  8. (fr) « Clip de la Semaine - Black Keys, Howlin' For You », sur Brain-Magazine, (consulté le 18 mai 2013)
  9. (fr) [https://www.imdb.com/title/tt026669%20L'histoire%20trouve%20son%20inspiration%20dans%20le%20film%20de%20François%20Truffaut,La%20mariée%20était%20en%20noird'après%20le%20roman%20de%20William%20Irish.%20Il%20faut%20quand%20même%20préciser%20que%20l'œuvre%20originale%20au%20contraire%20de%20l'adaptation%20cinématographique%20montrait%20une%20vengeance%20fautive%20dans%20le%20droit%20que%20l'héroïne%20%20se%20reconnaissait%20à%20se%20faire%20justice%20elle-même%20:%20les%20gens%20qu'elle%20tuait,%20étaient%20innocents%20du%20meurtre%20de%20son%20mari.%20%20%20%20%20 /plotsummary?ref_=tt_ql_6 « Kill Bill vol.1 »], sur IMDB (consulté le 18 mai 2013)
  10. (fr) « Kill Bill vol.2 », sur IMDB (consulté le 18 mai 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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