Tuerie de Louveciennes

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Lors de la tuerie de Louveciennes, en 1995 à Louveciennes dans les Yvelines, six personnes, toutes russes dont quatre de la même famille, furent abattues dans un pavillon du chemin des Gressets.

Alexi, le fils de l'une des victimes, locataire de cette maison, a été reconnu coupable par la justice française.

Les faits[modifier | modifier le code]

Alexi Polevoi, né le [1], est le fils d'Evgueni Polevoi (Eugène Polevoi 1953-1995), un riche homme d'affaires russe installé en France et qui a fait fortune dans le commerce de bois[2].

Le , se trouvant dans le pavillon familial de Louveciennes, alors qu'il n'a pas encore dix-sept ans, il se sert des armes à feu que son père collectionne, le tue, puis abat la seconde épouse de ce dernier, deux autres membres de la famille, ainsi qu'un couple d'amis. Seule sa demi-sœur Nathalie, âgée de trois ans au moment des faits, est épargnée[3].

À l'époque, le procureur adjoint au parquet de Versailles déclare que le garçon, selon les premiers aveux et pour expliquer son geste, entretenait des relations difficiles avec son père qui le battait et l'humiliait régulièrement[4].

La nuit de la tuerie, Alexi prend l'argent et la carte bancaire de son père, emprunte la voiture de sa belle-mère, laisse sa jeune sœur seule dans la maison, puis se rend dans un bar à Paris et se paie une prostituée.

À son retour à Louveciennes, il brise la porte-fenêtre du salon pour tenter de faire croire à un crime crapuleux et téléphone à h du matin à la police, affirmant avoir découvert le carnage[5].
La police le soupçonne rapidement : elle retrouve les attaches de sa montre brisée devant une porte de chambre, perdue lorsque, pour abattre son grand-père, Alexi a défoncé la porte de cette chambre où il s'était réfugié. Elle met également en évidence ses empreintes digitales sur les trois armes à feu, et des traces de poudre sur les mains. Il procède à des aveux le jour même[6] lors de sa garde à vue. Mis en examen pour assassinats, il est écroué au quartier des mineurs de la maison d'arrêt de Bois-d'Arcy (Yvelines).
Quelques jours après le drame, la villa du sextuple meurtre sera « visitée » à deux reprises alors que les scellés avaient été apposés. Lors de la seconde visite, appareils vidéo, magnétoscopes et chaîne hi-fi furent dérobés mais, selon les enquêteurs, ces vols n'étaient peut-être qu'une mise en scène, masquant les raisons de cette effraction. Cependant, lors de la première effraction, les « visiteurs » avaient seulement éparpillé des documents sur le sol des pièces de la villa[7].

Entre-temps, Alexi était revenu sur ses aveux[8], désignant un tueur russe qui lui aurait demandé de s'accuser, sous peine d'abattre encore cinq de ses proches. D'autant plus que d'autres événements sont survenus comme la mort de son oncle (Dimitri, frère de son père, qui a repris la direction d'Interprom, la florissante société de négoce en bois), tué lui-même par balle en Biélorussie le 8 décembre 1996[9], soit moins de deux ans après avoir pris la succession de son frère, et relançant l'hypothèse d'un crime de la mafia russe, les Polevoi étant suspectés d'être en lien avec un trafic d'armes.
Cependant, aucune enquête, ni de la part des polices russes et biélorusses, ou de leurs collègues français, n'a permis d'étayer cette thèse. Le parquet de Moscou a attendu pour proposer à ses homologues français de leur envoyer des « preuves » permettant d'établir, « de façon univoque », le lien entre les meurtres de Louveciennes et celui de Dimitri, en Biélorussie. Néanmoins, ces documents n'arriveront jamais[10].

Le , le procès du jeune russe, défendu par maîtres Henri Leclerc et William Bourdon, s'ouvre devant la cour d'assise des mineurs de Versailles. Alors que l'avocate générale réclame une peine de prison de 18 à 20 ans, le jury le condamne le à huit années de prison (peine intermédiaire qui suggère la difficulté de la justice à trancher entre le règlement de comptes mafieux ou « le parricide élargi »). Alexi Polevoi bénéficie d'une libération conditionnelle le après cinq ans et cinq mois de détention, par le jeu des remises de peine[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Alexi, seize ans, a avoué la tuerie de Louveciennes », sur lemonde.fr (consulté le 1er mars 1995)
  2. Jérôme Pierrat, Mafias, gangs et cartels, Éditions Denoël, , p. 72.
  3. Michel Pascal, 40 ans d'affaires Criminelles, Michel Pascal, , p. 120.
  4. « Louveciennes : un adolescent avoue avoir abattu six personnes, dont son père et sa belle-mère », sur Libération.fr (consulté le 28 février 1995)
  5. Jérôme Pierrat, Mafias, gangs et cartels, Éditions Denoël, , p. 71.
  6. « Le crime de Louveciennes », Marianne2 du 4 août 1997.
  7. « Louveciennes : la villa du sextuple meurtre a été “visitée” deux fois », Libération du 3 mars 1995.
  8. « Un coupable trop parfait », L'Express du 10 août 1995
  9. Grandes affaires criminelles 33 - 1995 - « La Tuerie de Louveciennes. Drôle de drame de famille », Le Monde du 17 août 2006.
  10. « Un mystère aux assises », sur L'Express (consulté le 26 février 1998)
  11. Valérie Brioux, François Vignolle, « Massacre de Louveciennes : Alexi libéré aujourd'hui », sur leparisien.fr, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]