Troisième choc pétrolier

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Variation mensuelle des prix du pétrole (Brent), en dollars constant et courant, de mai 1987 à avril 2011. Source: Energy Information Administration, Département de l'Énergie des États-Unis.

L'expression « troisième choc pétrolier » est utilisée par certains journalistes, spécialistes et hommes politiques pour désigner une augmentation des cours dépassant tous les records historiques au premier semestre 2008, et qui a commencé entre 2003 et 2005 selon les observateurs[1],[2],[3], à la suite chronologique du début en 2003 de l'invasion de l'Irak, évènement historique désormais majeur du tournant du siècle. Entre septembre 2003 et juin 2008 en effet, l’économie mondiale a assisté à un quintuplement des cours du pétrole en dollars constants[3], augmentation des cours qui s’est accélérée au premier semestre 2008[1] par un doublement en un an. Le record historique de prix du baril de pétrole en dollars constants de 103,76 dollars d’avril 1980 qui datait du deuxième choc pétrolier a été battu le 3 mars 2008[4]. L’augmentation des cours s’est poursuivie jusqu’à atteindre un pic record de 144,27 dollars à New York le 2 juillet 2008 et a dépassé 145 dollars en Asie le 3 juillet[5].

L’augmentation des cours a été qualifiée de « troisième choc pétrolier » par les médias[6], spécialistes[3] et politiques francophones[2] à partir de 2005, que cela soit pour confirmer le phénomène[7],[8] ou réfuter sa durabilité et son impact à ses débuts[9]. En 2008, certains chef d’États ont également évoqué « un troisième choc pétrolier » dont Gordon Brown[10],[11], Nicolas Sarkozy qui a parlé de « choc pétrolier »[12] et Angela Merkel d'un « choc d'une ampleur inédite »[13]. Le président de l'Agence internationale de l'énergie a déclaré en juin 2008 que le monde traversait une troisième crise énergétique et a demandé une « révolution énergétique » pour réduire la demande[14].

Historique et comparaison avec les chocs pétroliers précédents[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Pour une analyse exhaustive du marché pétrolier sur une longue période se reporter à la fiche pic pétrolier.

Contrairement au premier et au deuxième chocs pétroliers où les prix avaient été multipliés par trois en quelques mois et en un temps très court, le troisième choc se caractérise par une hausse forte mais progressive de 2003 à 2007, puis une hausse d'une ampleur et d'un niveau sans précédent au premier semestre 2008, liée à une hausse de la demande[réf. nécessaire] dans une ambiance de forte création monétaire depuis 2007 et de haute conjoncture, associée à une stagnation de l'offre et à la spéculation[3],[1],[14] entretenue par une crainte de coupure des approvisionnements (le sommet des cours correspond aux Jeux olympiques d'été de 2008) et une recherche de valeur refuge tandis que les marchés boursiers s'effondrent.

La durée et l'ampleur du choc pétrolier sont débattues par les experts. Certains tablaient sur un choc qui pourrait s'amplifier, d'après certains analystes comme Morgan Stanley ou Goldman Sachs, avec un baril de 150 à 200 dollars en 2008-2009[15], voire 250 dollars selon Gazprom[16], d'autres experts prévoient une retombée rapide des cours, mais la plupart soulignent le caractère incertain de leurs prédictions. En 2009, le cours du baril se stabilise à proximité de 70 dollars, soit environ 50 euros compte tenu de la faiblesse du dollar constatée sur la même période. L'OPEP table plus ses projections sur un baril évoluant entre 70 et 100 dollars[17]

Effets[modifier | modifier le code]

À court terme, l'augmentation brutale des prix du pétrole a eu un effet inflationniste[18] d'abord en affectant les professions dépendant directement des carburants qui donnent lieu à de nombreuses manifestations à travers le monde[19].

À plus long terme, les politiques structurantes sont menées par les grands pays consommateurs pour réduire la dépendance au pétrole : énergies de substitution, augmentation de l’efficacité énergétique dans le bâtiment et le transport, etc. La durée du choc pétrolier de 2008, la crainte des effets du réchauffement climatique, l'apparition du bilan carbone, nouvel outil de mesure et de marché défavorable aux énergies fossiles, et la solidarité des pays producteurs, concourent à une réponse à long terme des pays consommateurs.

Courbe historique des prix du pétrole[modifier | modifier le code]

Historique des prix du pétrole de 1861 à 2007 en dollar constant ou courant. Le prix du baril de Brent a atteint en mai 2008 la moyenne de 122,80 dollars.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c 3e choc pétrolier : « Les gouvernements ne peuvent pas grand-chose » - Interview du directeur de Pétrostratégie Pierre Terzian et François Lescaroux, économiste à l'Institut français du pétrole, par Marc Vignaud, Le Point, 10 juin 2008
  2. a et b La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique - Rapport d’information no 105 du Sénat, 24 novembre 2005
  3. a, b, c et d Faire face au troisième choc pétrolier - Entretien avec Olivier Appert, président de l’Institut français du pétrole, par Eric Leser et Jean-Michel Bezat, Le Monde, 4 juin 2008
  4. (en) Oil Prices Pass Record Set in ’80s, but Then Recede - Jad Mouawad, The New York Times, 3 mars 2008
  5. Le baril de pétrole franchit la barre des 145 dollars en Asie - Le Monde/AFP/Reuters, 3 juillet 2008
  6. Le troisième choc pétrolier - Georges Quioc et Pierre-Yves Dugua, Le Figaro, 4 janvier 2008
  7. Le choc pétrolier est un moindre mal - Emmanuel Lechypre, L’Expansion, 1er septembre 2005
  8. Troisième choc pétrolier : ce n’est plus une fiction - 20 minutes, 30 mai 2008
  9. Olivier Appert, président de l’IFP : « Il n’y a pas de troisième choc pétrolier » - Georges Dupuy, L’Expansion, 11 février 2005
  10. Gordon Brown évoque ouvertement le « troisième choc pétrolier » - 20 minutes, 28 mai 2005
  11. (en) Gordon Brown: We must all act together - The Guardian, 28 mai 2008
  12. Sarkozy lance des pistes pour endiguer le choc pétrolier - Luc Perrot, Le Point/AFP, 27 mai 2008
  13. Le plafonnement de la TVA sur les carburants renvoyé… pour examen - Philippe Ricard, Le Monde, 20 juin 2008
  14. a et b (en) Factbox: The world's oil shocks - Reuters UK, 25 juin 2008
  15. Un week-end chaud pour les prix du pétrole - L'Usine nouvelle, 9 juin 2008
  16. Lesté par le prix du pétrole, le CAC 40 est toujours au plus bas - Le Monde/AFP, 27 juin 2008
  17. (en) World Oil Outlook 2009 - Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) [PDF]
  18. Il existe de bonnes réponses au choc pétrolier - Jean-Pierre Robin, Le Figaro, 16 juin 2008
  19. La colère se mondialise face au « troisième choc pétrolier » - Le Monde, 28 mai 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]