Jean-Marc Bernard

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Jean-Marc Bernard
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Jean-Marc Bernard (de son vrai nom Jean Bernard) est un poète français né à Valence le 4 décembre 1881 et mort au combat, anéanti par un gros obus, le 9 juillet 1915.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Marc-Antoine Bernard (il lui empruntera une partie de son prénom pour l'accoler au sien afin de se distinguer d'un auteur parisien homonyme) et de Rambertine Dumaine, il a vécu une partie de son enfance à Bruxelles de 1892 à 1899, où son père dirigeait une succursale du Crédit lyonnais. Il passe ensuite un an en Angleterre, à Margate (1899-1900), puis un an en Allemagne, à Krefeld (1900-1901) pour parfaire son éducation. Son père décède en 1902 et Bernard rejoint sa mère dans la Drôme pour travailler au Crédit lyonnais. Il fut ensuite commis de librairie à Valence et à Reims avant de s'installer définitivement auprès de sa mère à Saint-Rambert-d'Albon. Poète faussement léger, grand amateur de la littérature classique du XVIIe siècle et de Jean Moréas mais ouvert aux innovations de Jules Romains et de Filippo Tommaso Marinetti, il rencontre à Valence le poète Louis Le Cardonnel qui aura sur lui une grande influence esthétique et religieuse (Le Cardonnel est également prêtre) et le convaincra d'abandonner ses tendances symbolistes pour adopter une rigueur et une discipline classiques.

Avant la Première Guerre mondiale il fut de 1909 à 1912, en compagnie notamment de Raoul Monier, l'un des animateurs de la revue poétique, satirique et monarchiste Les Guêpes qui accueillait entre autres Paul-Jean Toulet et Francis Carco. Avec eux, il composait le groupe des "Fantaisistes" ou École fantaisiste, mouvement qui s'inscrivait en rupture avec les parnassiens et les symbolistes et dans lequel se situaient également Tristan Derème, Jean Pellerin, Robert de la Vaissière, Léon Vérane. Proche de l'Action française, dont il anima le cercle à Valence dès 1907, et disciple proclamé de Charles Maurras, il collabora également activement à la Revue critique des idées et des livres et à la revue d'Henri Martineau Le Divan. Au bout de trois tentatives il réussit, malgré sa mauvaise vue, à être incorporé comme volontaire dans l'infanterie au début du conflit; il fut tué au front, en Artois près de Carency en 1915, mais resta présent dans la mémoire des anciens combattants par le biais d'un poème, De Profundis, souvent repris dans les manifestations du souvenir.

Ses Œuvres posthumes établies par Henri Clouard parurent en deux tomes en 1923, le premier contenant les reliquiae de son ami Raoul Monier, mort également au front en 1916.

Son nom est cité au Panthéon de Paris.

Poème[modifier | modifier le code]

Stèle Jean-Marc Bernard dans la forêt des écrivains combattants (Hérault).
DE PROFUNDIS
Du plus profond de la tranchée
Nous élevons les mains vers vous
Seigneur : Ayez pitié de nous
Et de notre âme desséchée !
Car plus encor que notre chair
Notre âme est lasse et sans courage.
Sur nous s'est abattu l'orage
Des eaux, de la flamme et du fer,
Vous nous voyez couverts de boue
Déchirés, hâves et rendus...
Mais nos cœurs, les avez-vous vus ?
Et faut-il, mon Dieu, qu'on l'avoue,
Nous sommes si privés d'espoir
La paix est toujours si lointaine
Que parfois nous savons à peine
Où se trouve notre devoir.
Éclairez-nous dans ce marasme
Réconfortez-nous et chassez
L'angoisse des cœurs harassés
Ah ! rendez-nous l'enthousiasme !
Mais aux morts, qui ont tous été
Couchés dans la glaise et le sable
Donnez le repos ineffable,
Seigneur ! ils l'ont bien mérité.
TRADUCTION
From the depths of this hellhole
we raise up our hands
to you Lord: have mercy on us and
on our shrivelled soul!
For even more than our flesh
our soul is weary and without form.
We have been battered by a storm
of rain and steel and ash,
You see us caked with shit
ripped, haggard, obscene…
But oh our hearts, have you seen?
Yet, my God, one must admit,
we are so bereft of hope,
peace seems so far away
we cannot know from day
to day if we will cope.
Enlighten us in this quagmire,
encourage us and banish
our chafed hearts’ anguish.
Ah! Give us back our fire!
But to the dead whose bitter grave
lies here unmarked in sand and clay
give them eternal rest this day,
You know O Lord, all, all were brave.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Mort de Narcisse, églogue, Valence, impr. Jules Céas et fils, 1904.
  • L'Homme et le Sphinx, Valence, éd. A. Ducros, 1905.
  • Quelques essais, poèmes (1904-1909), Paris, Nouvelle librairie nationale, 1910.
  • Pages politiques des poètes français, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1912.
  • Sub tegmine fagi, amours, bergeries et jeux, Paris, éd. du Temps présent, 1913.
  • Rondeaux choisis de Charles d'Orléans, Paris, Sansot, "Petite Bibliothèque Surannée", 1913.
  • François Villon, sa vie, son œuvre, Paris, Bibliothèque Larousse, 1918 (rééd. 1922).
  • Œuvres de Jean Marc Bernard, édition collective complète en deux volumes, Paris, Le Divan, 1923.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Marc Bernard et Raoul Monier", notice nécrologique de Charles Bellet, Bulletin de la Société d'Archéologie et de Statistique de la Drôme, 1916, p. 404-428.
  • Hommage à Jean-Marc Bernard, numéro de la Revue fédéraliste consacré au souvenir du poète, avril 1921.
  • "Les premiers vers de Jean-Marc Bernard", article de René Fernandat, Le Divan, 1938, p. 261-266.
  • Les poètes de la Grande Guerre, anthologie de Jacques Béal, Paris, Le Cherche-Midi, "Espaces", 1992.
  • Verdun: la plus grande bataille de l'histoire racontée par les survivants par Jacques-Henri Lefebvre, Verdun, Éditions du Mémorial, "Histoire et recherches", 1986 (7e édition), p. 495.

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