Trichocéphalose

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La trichocéphalose ou trichiurose est une maladie parasitaire humaine due à Trichuris trichiura, nématode ou ver rond (le trichocéphale) de 40 à 50 mm.

C'est une parasitose mineure mais cosmopolite, extrêmement répandue. Elle est le plus souvent asymptomatique et donc non traitée.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Parmi les 1 050 millions de personnes infectées par Trichuris trichiura, 220 millions seraient gravement atteintes de cette verminose cosmopolite occasionnant 10 000 décès annuels, selon l'OMS[1]. Son importance est très variable selon les régions, tant par le pourcentage de sujets atteints que par l'intensité de la parasitose : moins de dix vers par malade en France, 90 % d'infestations dans certains foyers tropicaux.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Les vers adultes de Trichuris trichiura, longs d'environ 5 cm, ont un aspect caractéristique : la partie antérieure du corps, filiforme, est suivie d'une partie postérieure un peu moins longue, renflée « en banane ». La couleur varie du blanc au rougeâtre.

Une forme porcine, Trichuris suis, peut être également contaminante[2].

Biologie[modifier | modifier le code]

Hématophages, les trichocéphales s'installent sur la muqueuse du cæcum et de l'appendice, fixés par la partie antérieure effilée, fichée « en séton » jusqu'à la sous-muqueuse. Les femelles pondent dans la lumière intestinale des œufs non segmentés caractéristiques : en « citron », longs de 50 μm, qui sont éliminés avec les selles. Très résistants, ils évoluent dans le milieu extérieur et, embryonnés au bout de six mois ou plus, deviennent infectieux. (L'auto-infestation est donc impossible.) Le cycle évolutif des Trichiuris trichiura varie en fonction du climat, si dans les zones tempérées les œufs ne sont embryonnés qu'au bout de six mois, dans les régions tropicales les œufs sont embryonnés dans un laps de temps bien plus court, de l'ordre de 15 jours à un mois. Le cycle est direct et très simple : déglutis comme souillure des poussières, boissons et aliments (notamment les légumes), les œufs libèrent leur larve dans la lumière de l'intestin grêle, et les adultes qui en résultent se fixent au niveau du cæcum et du colon ascendant.

Clinique[modifier | modifier le code]

Verminose peu pathogène, souvent simple découverte de laboratoire lors d'examens coprologiques systématiques, une symptomatologie clinique, traduisant des actions traumatique, toxi-infectieuse et anémiante, manifeste dans les cas, assez rares, d'infestations massives, ne doit pas faire négliger les troubles constatés souvent chez l'enfant jeune moyennement infesté (crises douloureuses abdominales, pâleur, nervosisme…) et qui répondent parfaitement au traitement spécifique. Elle peut se manifester par des douleurs abdominales, une diarrhée chronique, voire, un prolapsus rectal[3]. L'appendicite à trichocéphales existe[4] mais est peu fréquente.

Elle peut être révélée par une anémie ferriprive, par hémorragie digestive à bas bruit[5].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic se fait par la découverte des œufs caractéristiques dans les selles (examen parasitologique des selles) ou sur pièce opératoire après appendicectomie. Une coloscopie peut parfois faire le diagnostic[6].

Traitement[modifier | modifier le code]

L'albendazole et le mébendazole, par voie orale, permettent l'éradication du parasite[3] amis plusieurs cures sont parfois nécessaires[7]. L'association oxantel-albendazole serait plus efficace[8], le premier pouvant être utilisé également seul[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Partnership for Parasite Control, Second Meeting Rome, avril 2002 [PDF]
  2. Nejsum P, Betson M, Bendall RP, Thamsborg SM, Stothard JR, Assessing the zoonotic potential of Ascaris suum and Trichuris suis: looking to the future from an analysis of the past, J Helminthol, 2012;86:148–155
  3. a et b Jourdan PM, Lamberton PHL, Poppy HL, Fenwick A, Addiss DG, Soil-transmitted helminth infections, lancet, 2018;391:252–265
  4. (en) Dorfman S, Cardozo J, Dorfman D, Del Villar A, « The role of parasites in acute appendicitis of pediatric patients », Invest Clin, vol. 44, no 4,‎ , p. 337-40. (PMID 14727387) modifier
  5. Khuroo MS, Khuroo MS, Khuroo NS, Trichuris dysentery syndrome: a common cause of chronic iron deficiency anemia in adults in an endemic area (with videos), Gastrointest Endosc, 2010;71:200–204
  6. Wang DD, Wang XL, Wang XL, Wang S, An CL, Trichuriasis diagnosed by colonoscopy: case report and review of the literature spanning 22 years in mainland China, Int J Infect Dis, 2013;17:e1073–e1075
  7. Adegnika AA, Zinsou JF, Issifou S et al. Randomized, controlled, assessor-blind clinical trial to assess the efficacy of single-versus repeated-dose albendazole to treat Ascaris lumbricoides, Trichuris trichiura, and hookworm infection, Antimicrob Agents Chemother, 2014;58:2535–2540
  8. Speich B, Ame SM, Ali SM et al. Oxantel pamoate-albendazole for Trichuris trichiura infection, N Engl J Med, 2014;370:610–620
  9. Moser W, Ali SM, Ame SM et al. Efficacy and safety of oxantel pamoate in school-aged children infected with Trichuris trichiura on Pemba Island, Tanzania: a parallel, randomised, controlled, dose-ranging study, Lancet Infect Dis, 2016;16:53–69


Articles connexes[modifier | modifier le code]