Coloscopie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Une équipe médicale réalise une coloscopie.

La coloscopie ou colonoscopie est l'examen visuel du côlon par l'intermédiaire d'une sonde appelée coloscope. C'est une endoscopie digestive, une méthode invasive d'exploration et d'imagerie médicale, permettant l'exploration du rectum et de la totalité du côlon jusqu'à la jonction iléo-colique (intestin grêle). La longueur de tube digestif explorée est de l'ordre d'1,50 m.

L'examen de coloscopie, qui concerne l'exploration et/ou l'intervention dans le côlon, peut être pratiqué dans un but diagnostique (par la recherche de tumeur) et thérapeutique (l'ablation de polypes: petite excroissance qui se développe sur les muqueuses, une tumeur bénigne qui peut se transformer en cancer).

Anatomie du côlon[modifier | modifier le code]

Le côlon humain est un segment du gros intestin situé entre le cæcum et le rectum, dans la cavité abdominale. C'est un organe musculaire d’environ 1,5 mètre de long et de 8 centimètres de diamètre. Il possède trois fonctions importantes de l’organisme : l'absorption des aliments pas encore digérés, la digestion et la concentration des matières fécales, le stockage et l'évacuation maîtrisée des selles. Il n'est pas considéré comme un organe vital. Sur le plan fonctionnel, le côlon se divise en plusieurs segments : le côlon droit (côlon ascendant) et le côlon gauche (côlon descendant) séparées par le côlon transverse. Le côlon droit (cæcum et côlon ascendant) joue un rôle majeur dans l’absorption de l’eau et des électrolytes, de même que dans la fermentation des sucres non digérés. Le côlon gauche (côlon descendant, côlon sigmoïde et rectum) intervient surtout dans l’entreposage et l’évacuation des selles.

Description de la technique[modifier | modifier le code]

L'instrument utilisé est un coloscope, ici Olympus XQ260 variable stiffness video colonoscope.
Position du patient, dispositif, et schéma de la zone explorée au cours d'une coloscopie.

L'examen est conduit le plus souvent sous anesthésie, après avoir vidé le côlon de ses matières fécales (régime sans fibre + préparation colique).

Le coloscope est inséré par l'anus puis glissé peu à peu dans l'intestin et dirigé par l'opérateur à l'aide de manettes. Ce dernier insuffle un peu d'air afin de décoller les parois et progresser prudemment. Le premier objectif est d'arriver au tout début du côlon (cæcum), à la limite de la valvule iléo-cæcale (jonction avec l'iléon). La visualisation des parois coliques se fera lors du retrait progressif de l'appareil.

Le coloscope est pourvu d'une source lumineuse, d'un système optique (soit par fibres optiques soit par caméra vidéo), et d'un ou plusieurs canaux opérateurs. Ces derniers permettent d'insuffler de l'air, d'aspirer l'eau ou de laver et surtout de faire passer des pinces pour les prélèvements de petits morceaux de muqueuse (biopsie) ou d'utiliser des instruments à visée thérapeutique (anse diathermique pour enlever un polype par exemple). Si un polype est enlevé, ce dernier est alors récupéré pour être analysé au laboratoire par histologie.

Préparation nécessaire[modifier | modifier le code]

L'examen peut être conduit sous anesthésie générale ou sous sédation légère (apaisement au moyen d'un sédatif), après avoir vidé le côlon de ses matières fécales.

Pour cela, le patient doit suivre une diète liquide 2 à 4 jours avant l'examen, afin de diminuer la quantité de déchets dans l'intestin.

Il doit également suivre un régime sans fibre (régime où il faut supprimer les légumes, fruits, crudités, pain frais, etc.), également dit « sans résidu », pendant les 48 heures précédant l'examen. Le médecin lui prescrit alors une préparation colique (qui entraine une diarrhée) à boire ou des comprimés à avaler de manière à évacuer toutes les matières fécales. Ces médicaments doivent être pris la veille et quelques heures avant l’examen. : il peut s'agir de PEG4000 type Colopeg la veille (environ ¾ litre dilué, voire 3 à 4 litres pour d'autres préparations, type Klean Prep), mais il existe aussi des comprimés à prendre avec le liquide que l'on veut (eau, café léger, thé léger, soda, jus de fruits sans pulpe, bouillon de légumes filtré). Aussi efficace que le PEG, cette préparation est souvent mieux acceptée par les patients[1].

Facteurs de risques[modifier | modifier le code]

Observation d'ulcérations profondes de la muqueuse sigmoïde liées à la maladie de Crohn au cours d'une coloscopie.

La coloscopie est indiquée dans les bilans de :

  • antécédents familiaux ou personnels de cancer ;
  • antécédents familiaux de polypose adénomateuse familiale ;
  • saignements d’origine digestive ;
  • diarrhée chronique ;
  • douleurs abdominales inexpliquées.

Indications de la coloscopie[modifier | modifier le code]

Les principales indications sont :

  • recherche de polypes ou cancers dans le cadre du dépistage du cancer du colon (17 500 décès par an en France en 2011) ;
  • recherche des causes d'un saignement intestinal ;
  • recherche des causes de douleurs abdominales inexpliquées (essentiellement après 45 ans) ;
  • recherche des causes d'une diarrhée chronique (durant depuis plusieurs semaines) ;
  • suivi de patients ayant des maladies intestinales bien identifiées ou des facteurs de risque connus (cancer, maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), antécédents de polypes).

Dans tous ces cas, la coloscopie permet de faire le point sur l'origine de douleurs, de ballonnements ou encore de saignements. C'est aussi l'examen de référence pour dépister un cancer du côlon.

Rares complications mais importantes : sygmoïdite diverticulaire aiguë (complication d'une diverticulose) avec fièvre car suspicion/risque de perforation ou dans les suites immédiates d'un infarctus du myocarde.

Incidents et accidents[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un examen non douloureux mais désagréable, ce qui peut en limiter l'utilisation en l'absence d'anesthésie générale.

Les complications incluent :

  • perforation colique (moins de 0,1 %)[2] ;
  • hémorragie en cas de biopsie ou d'ablation de polypes (moins de 0,5 %)[2], parfois plus de sept jours après le geste ;
  • diverticulite : c’est une infection des diverticules du segment sigmoïde du côlon. Les diverticules sont de petites hernies de la muqueuse intestinale au travers de la paroi musculaire du côlon ;
  • risque infectieux ;
  • explosion colique.

Techniques alternatives[modifier | modifier le code]

  • Le lavement baryté est un examen radiographique consistant à opacifier le côlon en effectuant un lavement par un liquide radio-opaque. L'insufflation d'air permet de mieux visualiser certaines anomalies des parois (double contraste). Cet examen est mieux toléré chez le sujet fragile mais apporte moins de renseignements que la coloscopie. Il tend à être remplacé par  :
  • Le coloscanner (ou coloscan). L'examen radiologique est cette fois remplacé par un scanner et nécessite seulement une insufflation d'air pour ouvrir la lumière du côlon. Elle permet une reconstitution tridimensionnelle de l'intérieur du côlon pouvant aller jusqu'à une coloscopie virtuelle grâce à des logiciels de post-traitement de plus en plus puissants. Cet examen ne permet naturellement pas d'effectuer des prélèvements sur les anomalies constatées.
  • La coloscopie virtuelle. L'image du colon est reconstruite en 2 ou 3 dimensions, grâce à un scanner et à l'envoi de rayons X sous différents angles.
  • Le toucher rectal, au cours de ce test, le médecin insère un doigt ganté dans la cavité rectale afin de détecter les anomalies. Il est utilisé à partir de 50 ans au cours des visites médicales de routine, à la recherche d'éventuelles lésions de la prostate ou du rectum.
  • La sigmoïdoscopie est un examen à l'aide d'un tube souple et flexible, similaire au coloscope, mais plus court. Pour ce test diagnosqtique, le médecin peut examiner la partie inférieure du colon, effectuer une biopsie, et retirer des polypes ou détecter la présence de tumeur. C'est un examen plus rapide mais moins complet qui utilise un coloscope plus court et permet l'exploration du rectum et du côlon sigmoïde, soit 60 cm de tube digestif.

Situation actuelle du cancer colorectal[modifier | modifier le code]

Le cancer du côlon-rectum est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le troisième chez l’homme. Le nombre de cancers colorectaux devrait augmenter en France au cours des prochaines années pour atteindre 45 000 nouveaux cas annuels en 2020. Environ 60 % des cancers colorectaux touchent le côlon et 40 % le rectum, où la localisation principale est le sigmoïde (dernière partie du côlon). La France fait partie des pays dans lesquels le risque de cancer colorectal est élevé, tout comme les autres pays d'Europe de l'Ouest, les USA, l'Australie et, plus récemment, le Japon. Sur la période 2003-2007, le cancer colorectal a fait en moyenne chaque année 8 690 victimes chez les hommes et 7 740 chez les femmes. Le taux de mortalité du cancer colorectal a diminué de 21% en 20 ans. Cette tendance favorable de la mortalité résulte des progrès réalisés dans la détection de la maladie grâce à un diagnostic plus précoce, à l’amélioration de la prise en charge thérapeutique et à une diminution de la mortalité opératoire.

Coloscopie chez l'enfant[modifier | modifier le code]

La coloscopie est une exploration visuelle, qui sert à mettre en évidence des anomalies du côlon. Cette technique est essentielle pour déterminer l'origine des symptômes digestifs présentés par l’enfant.

Les appareils[modifier | modifier le code]

Les endoscopes doivent être adaptés au poids de l’enfant. Il convient donc d’utiliser un matériel pédiatrique adapté. Pour les explorations du colon chez le nouveau-né et le nourrisson, comme il n’existe pas de coloscope adapté à cette classe d’âge, on utilise un gastroscope pédiatrique. De 2 à 12 ans, on utilise un coloscope pédiatrique de diamètre inférieur à 11 mm. Après 12 ans il est possible d’utiliser un coloscope adulte.

Préparation colique[modifier | modifier le code]

Au cours des journées précédant le test, l'enfant doit prendre des médicaments par voie orale pour évacuer toutes les matières fécales et boire de grandes quantités de liquides clairs. Il doit rien manger et il ne doit pas boire de liquide opaque durant cette période et jusqu’à l’examen. Ceci permet d’éviter de diminuer l’effet de la sédation ou de l’anesthésie requise pour effectuer la coloscopie. Il faut faire attention : une bonne préparation du côlon est indispensable. Elle permet un examen de meilleure qualité et réduit les risques.

Techniques d’anesthésie[modifier | modifier le code]

La coloscopie se déroule toujours, quel que soit l’âge de l’enfant, sous anesthésie générale. La consultation d’anesthésie préalable est obligatoire. L’examen se déroule sous la surveillance du médecin anesthésiste. La surveillance de l’enfant, après la sédation, sera réalisée par un personnel formé à la pédiatrie dans des locaux adaptés comprenant un monitorage comparable à celui utilisé pendant l’anesthésie.

Après l'examen[modifier | modifier le code]

Une fois que l’enfant est réveillé et en état de boire, il peut rentrer à la maison et recommencer à manger normalement. Certains enfants peuvent se sentir malades après le test et doivent être surveillés pendant quelque temps jusqu’à ce qu’ils se sentent mieux. Dans les suites de l’examen, l'apparition ou la persistance anormale de douleurs abdominales, de sang rouge ou de selles noires, de fièvre ou de frissons, imposent de prévenir votre gastro-entérologue, votre médecin traitant ou l'établissement où a été pratiquée la coloscopie.

Indications[modifier | modifier le code]

Un enfant peut avoir besoin d’une coloscopie pour plusieurs raisons, notamment par la présence de sang dans les selles, de diarrhées de cause inconnue, de douleurs abdominales pouvant résulter d’une inflammation intestinale ou encore d'un suivi d’un état chronique affectant le revêtement des intestins.

Complications[modifier | modifier le code]

Les complications chez l’enfant sont les mêmes que chez l'adulte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Recommandations de la Société Française d'Endoscopie digestive - 2007
  2. a et b (en) Complications of colonoscopy in an integrated health care delivery system', Theodore R. Levin, Wei Zhao, Carol Conell, Laura C. Seeff, Diane L. Manninen, Jean A. Shapiro, Jane Schulman, Ann Intern Med.2006; 145: 880-886

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]