Thomas Wolfe

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Thomas Wolfe
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait par Carl Van Vechten en 1937.

Naissance
Asheville, Caroline du Nord, États-Unis
Décès (à 37 ans)
Baltimore (Maryland), États-Unis
Activité principale
romancier
Auteur
Langue d’écriture anglais

Thomas Clayton Wolfe, né le à Asheville (Caroline du Nord) et mort le à Baltimore (Maryland), est un écrivain américain.

Auteur de quatre longs romans ainsi que de nombreuses nouvelles et pièces de théâtre, Wolfe est connu pour ses écrits d'inspiration autobiographique portés par une prose très riche et une volonté acharnée de découvrir et d'explorer l'essence de la vie américaine de son époque. L'écrivain américain William Faulkner l'a qualifié de meilleur talent de sa génération et a loué le désir qu'avait Wolfe de "faire rentrer la totalité de l'expérience humaine en littérature"[1].

Son premier roman Look Homeward, Angel a établi sa notoriété en 1929 et a notamment fait scandale à Asheville, d'où Wolfe était originaire et où la majorité de l'action du roman prend place[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Thomas Wolfe est le huitième enfant de William Oliver Wolfe (1851–1922) and Julia Elizabeth Wolfe née Westall (1860–1945). Il est le cadet d'une fratrie composée de Leslie E. Wolfe (1885–1886), Effie Nelson Wolfe (1887–1950), Frank Cecil Wolfe (1888–1956), Mabel Elizabeth Wolfe (1890–1958), Grover Cleveland Wolfe (1892–1904), Benjamin Harrison Wolfe (1892–1918) et Frederick William Wolfe (1894–1980). Deux des enfants n'atteindront pas l'âge adulte.

Les Wolfe habitent au 92 Woodfin Street à Asheville, où Thomas est né. Son père est tailleur de pierre et vend des pierres tombales. Sa mère héberge des pensionnaires et travaille à acquérir des propriétés immobilières. En 1904, elle ouvre une pension de famille à St. Louis à l'occasion de l'Exposition universelle. C'est durant ce séjour que Grover meurt à 12 ans de la fièvre typhoïde[2] ; son décès sera évoqué dans un épisode du roman Look Homeward, Angel et constituera le sujet de la nouvelle The Lost Boy[3].

Thomas Wolfe Memorial 48 Spruce Street, Asheville

En 1906, Julia Wolfe achète une pension de famille nommée "Old Kentucky Home" au 48 Spruce Street, Asheville, où elle s'installe avec son fils cadet, alors âgé de six ans, tandis que le reste de la famille demeure toujours dans la maison de Woodfin Street. Thomas vit dans la pension avec sa mère jusqu'à son départ pour l'université en 1916. C'est dans cette maison que se trouve aujourd'hui le Thomas Wolfe Memorial[4]. Le frère de Thomas, Benjamin, dont il était très proche, y décèdera à l'âge de 26 ans, un évènement également relaté dans Look Homeward, Angel.

En 1912, Wolfe est invité à rejoindre les bancs d'un nouveau lycée privé nommé North State Fitting School, dirigé par John et Margaret Roberts. Margaret apporte son soutien au jeune Thomas et l'encourage dans ses lectures et ses études littéraires et poétiques. Thomas lui dédicacera plus tard un exemplaire de son roman Look Homeward, Angel où il la désigne comme "la mère de mon esprit"[5].

En 1915, âgé de 15 ans, Wolfe part étudier à l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill selon la volonté de son père.

Carrière[modifier | modifier le code]

Thomas Wolfe sort diplômé de l’université Harvard en 1922 après des études de dramaturgie. L'échec de ses pièces le conduit à abandonner le théâtre et à se tourner vers d'autres formes littéraires. En 1924, il commence à enseigner l'anglais à l’Université de New York, où il travaillera par intermittence, jusqu’en 1930. En 1925, pendant un voyage vers New York, il rencontre Mme Alice Bernstein, une femme mariée, de dix-huit ans son aînée, qui deviendra sa compagne pour les cinq années à venir. Elle pousse son nouveau compagnon à se consacrer plutôt à l’écriture et à abandonner l’enseignement. Wolfe commence la rédaction de son premier roman Look Homeward, Angel durant un séjour à Londres en 1926. Rejeté par de nombreux éditeurs, il voit finalement le jour chez les Éditions Scribner en 1929. Le livre déclencha un scandale : les citoyens d'Asheville furent scandalisés par la façon dont la ville était dépeinte.

En 1931, Wolfe s’installe à Brooklyn, où il vit entouré de meubles sinistres et très modestes. Il travaille beaucoup, d’une façon peu méthodique et en révisant sans cesse ses textes. Of Time and the River, publié en 1935, est un succès. Le succès est poursuivi par de nombreux problèmes, quelques poursuites judiciaires, des lettres de chantage et une dispute importante avec les Éditions Scribner. Il a finalement changé d’éditeur, pour publier chez Harper's.

En , Wolfe fait un voyage en Colombie britannique durant lequel il contracte une pneumonie qui entraînera une tuberculose. Il meurt à l’hôpital de Baltimore.

Influence et hommages[modifier | modifier le code]

De nombreux écrivains américains ont proclamé leur admiration pour Wolfe ou l'ont mentionné comme une influence majeure, parmi lesquels Jack Kerouac[6], Philip Roth[7] ou encore Ray Bradbury, qui est allé jusqu'à coller des extrait de l’œuvre de Wolfe dans ses propres livres et à le faire intervenir comme personnage[8].

Le philosophe français Gilles Deleuze a mentionné Wolfe dans son Abécédaire.

L'écrivain français Marc-Édouard Nabe l'a qualifié de « précurseur de tous les écrivains américains modernes »[9] et a fait plusieurs fois son éloge dans son journal intime[10].

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • 1929 : Look Homeward, Angel, A Story of the Buried Life
    • Aux Sources du Fleuve, traduction de Pierre Singer, Stock, 1956.
    • Que l'ange regarde de ce côté, réédition de la traduction de Pierre Singer en deux volumes, Seghers, 1968.
    • L'Ange exilé, une histoire de la vie ensevelie, traduction de Jean Michelet, Livre de Poche, 1989 (réed., L'Âge d'Homme, 2008)
  • 1935 : Of Time and the River, a Legend of Man's Hunger in His Youth
    • Au Fil du Temps, traduction de R.-N. Raimbault, Manoel Faucher, et Ch.-P. Vorce, Stock, 1951.
    • Le Temps et le fleuve, traduction de Camille Laurent, L'Âge d'Homme, 1984.
  • 1940 : The Web and the Rock (posthume)
    • La toile et le roc, traduction de José Ravita, Marguerat, 1946.
    • La toile et le roc, traduction de Jean Michelet, L'Âge d'Homme, 1984.
  • 1940 : You Can't Go Home Again (posthume)

Récit[modifier | modifier le code]

  • 1936 : The Story of a Novel

Recueils[modifier | modifier le code]

  • 1935 : From Death to Morning (nouvelles)
    • De la mort au matin, traduction de René-Noël Raimbault, Stock, 1948
  • 1939 : The Face of a Nation; Poetical Passages from the Writings of Thomas Wolfe
  • 1941 : The Hills Beyond
  • 1945 : A Stone, A Leaf, A Door; Poems by Thomas Wolfe, selected and arranged in verse by John S. Barns

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Ted Mitchell, Thomas Wolfe: An Illustrated Biography, Pegasus Books,‎ , 341 p. (ISBN 1933648104, lire en ligne)
  2. « The Wolfe Family | The Thomas Wolfe Memorial of Historic Asheville, NC », sur wolfememorial.com (consulté le 8 mars 2016)
  3. Copyright 2016 The University of North Carolina at Chapel Hill, « UNC Press - The Lost Boy », sur www.uncpress.unc.edu (consulté le 8 mars 2016)
  4. Steve Coates, « Thomas Wolfe's 'Angel' of Death », sur ArtsBeat (consulté le 8 mars 2016)
  5. « Tom’s Life | The Thomas Wolfe Memorial of Historic Asheville, NC », sur wolfememorial.com (consulté le 8 mars 2016)
  6. (en) « The Town and the City », sur www.citylights.com (consulté le 8 mars 2016)
  7. « The Book That Made Me A Reader: Philip Roth », sur www.centerforfiction.org (consulté le 8 mars 2016)
  8. (en) David Seed, Ray Bradbury, University of Illinois Press,‎ (ISBN 9780252096907, lire en ligne)
  9. « Amazon.fr : Livres : Interview Marc-Edouard Nabe », sur www.amazon.fr (consulté le 2 mars 2016)
  10. Marc-Edouard Nabe, Kamikaze, Éditions du Rocher,‎ (ISBN 2 268 03418 6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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