Thomas Lilti
| Naissance |
La Celle-Saint-Cloud (Yvelines, France) |
|---|---|
| Nationalité | Française |
| Profession |
Réalisateur, scénariste, Médecin généraliste |
| Films notables |
Hippocrate Médecin de campagne Première Année |
| Séries notables | Hippocrate |
Thomas Lilti, né le à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), est un ancien médecin généraliste, réalisateur et scénariste français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Son père est gynécologue-obstétricien d'origine juive séfarade et sa mère, bretonne, est professeure de lettres au collège puis à l'université. Il a deux frères, l'aîné est l'historien Antoine Lilti et le cadet est scénariste[1],[2],[3],[4].
Débuts
[modifier | modifier le code]Le parcours de Thomas Lilti est atypique puisqu'il a pratiqué son métier de médecin généraliste en parallèle de ses activités de réalisateur et de scénariste[5] jusqu'en 2016. Bachelier à 17 ans, il est déjà tenté par le cinéma, mais son père (médecin) n'approuve pas ce choix. Il choisit donc de faire les mêmes études que son père, en espérant « acheter sa tranquillité »[6]. Durant ses études, il réalise trois courts métrages, qu'il présente dans des festivals destinés aux étudiants[7]. Il devient interne en médecine en 1999[1] et radié de l'ordre des médecins en 2012 en raison de sa cessation d'activité.
Repéré grâce à ces courts métrages par Alain Benguigui et Jean-Christophe Soulageon, il réalise alors son premier long métrage, Les Yeux bandés (2007), qui est projeté pour la première fois en 2007. Le film connaît cependant un accueil confidentiel[1].
Par la suite, il collabore donc à de nombreux projets de fictions pour la télévision et le cinéma, souvent en tant que scénariste, comme la série pour adolescents Cœur Océan ou les films Télé Gaucho et Mariage à Mendoza. Il réfléchit aussi à la création d'une série sur l'univers hospitalier mais aucune chaîne n'accepte son projet, le conduisant finalement à la préparation d'un long métrage sur le sujet[8].
Révélation et confirmation
[modifier | modifier le code]En , il sort son deuxième long métrage, Hippocrate, dans lequel il raconte l'histoire d'un jeune médecin interne dans le milieu hospitalier[9]. Le film est un succès commercial et critique, lui valant aussi trois nominations aux César 2015 : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original. Le film obtient le césar du meilleur second rôle pour Reda Kateb.
Il reste dans le milieu médical pour son troisième long-métrage Médecin de campagne, pour lequel il s'inspire cette fois de ses remplacements en tant que médecin dans les zones rurales[10]. Le film est porté par François Cluzet et Marianne Denicourt, qui incarnent un généraliste et sa remplaçante. C'est son plus gros succès en salle avec plus de 1,5 million de spectateurs[11].
Fin 2018, il défend deux projets, à nouveau situés dans l'univers médical. Tout d'abord, il sort le long métrage Première Année, pour lequel il dirige de nouveau Vincent Lacoste, cette fois dans le rôle d'un étudiant triplant sa première année de médecine et développant une amitié avec un nouveau venu dans le cursus, joué par William Lebghil. Le film réunit à nouveau plus d'un million de spectateurs en salle.
Puis Canal + lance une série télévisée intitulée Hippocrate, développée à partir du film du même nom et reprenant finalement le projet initial de Lilti[8]. La série est emmenée par Louise Bourgoin, Alice Belaïdi, Karim Leklou, Zacharie Chasseriaud, dans les rôles de trois internes et d'un médecin légiste amenés à collaborer à la suite de la mise en quarantaine des médecins titulaires du service de l'hôpital qui les emploie[12].
En 2019, il fait partie du jury de la compétition officielle du festival international Séries Mania à Lille.
En , il publie Le Serment (éditions Grasset). Il y raconte comment il a souhaité redevenir soignant au sein de l'hôpital Robert-Ballanger en , durant le premier confinement lié à la Covid-19[1] alors qu'il était radié de l'ordre des médecins depuis 2012.
Après plusieurs films dans le milieu médical, il réalise Un métier sérieux, qui se déroule dans un collège, où une équipe pédagogique exprime le plaisir de transmettre les connaissances par un travail d'équipe. Le premier rôle est confié à François Cluzet. Le film est sorti à la rentrée 2023.
Controverses
[modifier | modifier le code]En , le journal Mediapart publie deux articles de Sarah Brethes qui accusent Lilti de diverses inconduites. Le premier l'accuse d'avoir construit son succès en s'appropriant le travail de plusieurs femmes ; et d'avoir continué à exercer des actes médicaux malgré sa radiation de l'Ordre des médecins en 2012, et s'appuie sur des récits, des échanges de courriels et des documents internes[13]. Le second rapporte qu'une femme affirme avoir découvert sur son propre ordinateur des vidéos d'elle nue, filmées à son insu alors qu'elle séjournait chez le réalisateur[14].
Vol de propriété intellectuelle
[modifier | modifier le code]Selon Mediapart, Thomas Lilti aurait utilisé pendant des années le travail de plusieurs scénaristes sans les créditer ni les rémunérer correctement. L'une d'elles affirme avoir participé à l'écriture de plusieurs projets, dont Hippocrate et Médecin de campagne. L'article affirme que des protocoles confidentiels d'accord auraient été signés, destinés à régler ces conflits à l'amiable, comprenant une clause de confidentialité[13].
Exercice illégal de la médecine
[modifier | modifier le code]Radié de l'Ordre des médecins depuis 2012, Thomas Lilti est accusé d'avoir continué à poser des diagnostics, à examiner des patients et à prescrire des médicaments à ses proches, notamment en utilisant des ordonnances au nom de son père décédé. Mediapart rapporte aussi qu'il a tenté de reprendre une activité médicale pendant la pandémie de Covid-19 avant d'être rappelé à la réglementation sur l'exercice illégal de la médecine[13].
Atteinte à la vie privée
[modifier | modifier le code]Une seconde enquête de Mediapart rapporte qu'une femme affirme avoir découvert en 2024 des vidéos d’elle nue, qui auraient été filmées à son insu alors qu’elle séjournait chez Thomas Lilti, à l'aide d'un logiciel espion. L'enquête journalistique révèle également que « les vidéos montrent Thomas Lilti tester le cadre, lancer et arrêter les enregistrements »[15]. L'enquête évoque aussi d’anciens échanges dans lesquels il aurait partagé des photos intimes de partenaires[14].
Thomas Lilti conteste l'essentiel des accusations. Il minimise le rôle des collaboratrices mises en avant par l'enquête, estimant qu'il s'agissait seulement d'échanges ou de contributions marginales. Il affirme être la cible d'un groupe d'anciennes collaboratrices « liguées » contre lui dans le but de nuire à sa réputation et de compromettre ses projets professionnels[13].
Thomas Lilti nie avoir eu connaissance des vidéos consultées par Mediapart[14],[15].
Filmographie
[modifier | modifier le code]Comme réalisateur
[modifier | modifier le code]Courts métrages
[modifier | modifier le code]- 1999 : Quelques heures en hiver (court métrage)
- 2002 : Après l'enfance (court métrage)
- 2004 : Roue libre (court métrage)
Longs métrages
[modifier | modifier le code]Télévision
[modifier | modifier le code]- 2018-2024 : Hippocrate (série télévisée)
Comme scénariste
[modifier | modifier le code]- 2007 : Les Yeux bandés de lui-même
- 2009 : Cœur Océan (série télévisée) - saisons 4 et 5
- 2011 : Télé Gaucho de Michel Leclerc
- 2011 : Mariage à Mendoza d'Édouard Deluc
- 2014 : Hippocrate de lui-même
- 2016 : Médecin de campagne de lui-même
- 2018 : Première Année de lui-même
- 2017 : Gauguin : Voyage de Tahiti d'Édouard Deluc
- 2018 : Hippocrate (série télévisée) - créateur et scénariste
- 2019 : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part d'Arnaud Viard
- 2023 : Un métier sérieux de lui-même
Comme acteur
[modifier | modifier le code]- 2019 : Temps de chien : le médecin
Publication
[modifier | modifier le code]- Le Serment, éditions Grasset, 2021, 153 p. (ISBN 9782246827184)
Distinctions
[modifier | modifier le code]Récompenses
[modifier | modifier le code]- Docteur honoris causa : Remise des insignes de Docteur honoris causa par l’Université de Mons (Belgique).
Nominations
[modifier | modifier le code]- César 2015 : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario original pour Hippocrate
- Lumières 2015 : meilleur scénario pour Hippocrate
- Parrain de la soixante-et-unième promotion des Directeurs d’hôpitaux (Marie Marvingt) en 2022-2023
Décorations
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 Françoise Dargent, « Thomas Lilti, à coeur ouvert », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », 27-28 février 2021, p. 36 (lire en ligne).
- ↑ Pascale Zimmermann Corpataux, « Thomas Lilti retourne aux urgences et se confesse », Tribune de Genève, (lire en ligne)
- ↑ Gilles Renault, « Thomas Lilti, de garde », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Virginie Bloch-Lainé, « Antoine Lilti, les Lumières en débat », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Thomas Lilti : aujourd'hui je ne dis plus je suis médecin mais je suis cinéaste, sur telerama.fr, consulté le 3 septembre 2014
- ↑ « Le Serment » de Thomas Lilti, sur France Inter, consulté le 10 mars 2021
- ↑ « Thomas Lilti », sur cinema.nouvelobs.com (consulté le ).
- 1 2 « Thomas Lilti : « La deuxième saison d’Hippocrate est en route » », sur Premiere.fr, (consulté le )
- ↑ Laurent Carpentier, « Thomas Lilti, fils de Méliès et d'Hippocrate », sur lemonde.fr, (consulté le ).
- ↑ selon son interview dans les bonus du DVD du film
- ↑ « Box-office : des super-héros en tête, belle performance pour Médecin de campagne », sur leblogtvnews.com, .
- ↑ Chloé Fournier, « "Hippocrate" de Thomas Lilti, décliné en série pour Canal+ », sur lesinrocks.com, .
- 1 2 3 4 Sarah Brethes, « Le réalisateur d’« Hippocrate », Thomas Lilti, rattrapé par ses impostures », sur Mediapart, (consulté le )
- 1 2 3 Sarah Brethes, « Le réalisateur Thomas Lilti a filmé à son insu une de ses proches nue à l’aide d’une caméra cachée », sur Mediapart, (consulté le )
- 1 2 Margaux Baralon, « Thomas Lilti, réalisateur de la série “Hippocrate”, accusé de pillage par plusieurs femmes et de voyeurisme »
, sur Télérama, 19 juin 2026. (consulté le ) - ↑ Cécile Vargoz, « Le Pacte enrichit son line-up », sur boxofficepro.fr, (consulté le )
- ↑ « Édition spéciale du Journal officiel de la République française - Promotion et nomination dans l’ordre national de la Légion d’honneur et dans l’ordre national du Mérite »
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à plusieurs domaines :