Tareck El Aissami

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Tareck El Aissami
Tareck El Aissami en 2016.
Tareck El Aissami en 2016.
Fonctions
Vice-président exécutif de la
République bolivarienne du Venezuela
En fonction depuis le
(7 mois et 14 jours)
Président Nicolás Maduro
Prédécesseur Aristóbulo Istúriz
4e gouverneur de l’État d'Aragua
Prédécesseur Rafael Isea
Successeur Caryl Bertho
Ministre vénézuélien des Relations intérieures et de la Justice
Prédécesseur Ramón Rodríguez Chacín
Successeur Néstor Luis Reverol Torres
Vice-ministre de la Prévention et de la Sécurité citoyennes
Président Hugo Chávez
Prédécesseur Jesús Ramón Villegas Solarte
Successeur Néstor Luis Reverol Torres
Député à l'Assemblée nationale du Venezuela pour l'État d'Aragua
Président Hugo Chávez
Vice-président du PSUV pour la région Centre-Occidentale
En fonction depuis le
Prédécesseur Nicolás Maduro
Vice-président du PSUV pour la région des Andes
Biographie
Nom de naissance Tareck Zaidan El Aissami Maddah
Date de naissance
Lieu de naissance El Vigía (État de Mérida, Venezuela)
Nationalité Vénézuelienne
Parti politique Parti socialiste unifié
Profession Juriste, criminologue
Religion Islam druze

Tareck El Aissami
Vice-présidents de la
République bolivarienne du Venezuela

Tareck El Aissami, né le à El Vigía, est un juriste, criminologue et homme d'État vénézuélien. Il est vice-président de la République depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Tareck El Aissami est le deuxième des cinq enfants d'une famille d'origine syro-libanaise[1]. Son père, Zaidan El Amin El Aissami, également connu sous le nom de Carlos Zaidan, est un immigrant druze venu du djebel Druze en Syrie. Il est diplômé magna cum laude de l'université des Andes[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est élu député de l'Assemblée nationale du Venezuela en 2006, avant d'être sous-ministre de la Sécurité publique et de la prévention, de 2007 à 2008, et ministre de l'Intérieur et de la Justice jusqu'en 2012. Le 16 décembre 2012, Tareck El Aissami est élu avec 55,56 % des voix au poste de gouverneur de l'État d'Aragua et investi le 22[2].

Le 4 janvier 2017, il est nommé vice-président de la République par Nicolás Maduro[3]. Cette position le place en potentiel remplaçant du chef de l'État, dont la destitution est recherchée par l'opposition.

Controverses[modifier | modifier le code]

El Aissami a fait l'objet de sanctions économiques de la part du gouvernement des États-Unis, suite à des accusations du Bureau de contrôle des actifs étrangers sur sa complaisance présumée dans le transport de cocaïne, et ce depuis 2008[4],[5]. El Assaimi aurait usé de son pouvoir politique pour permettre le trafic de cocaïne entre la Colombie, le Venezuela, le Mexique et les États-Unis, en relation avec des cartels mexicains et des trafiquants colombiens. Des rumeurs de son implication dans le narcotrafic existaient depuis 2015, quand le Département de la Justice américain avait ouvert une enquête[6].

Les accusations ont provoqué de vives protestations du gouvernement du Venezuela qui dénonce une « tromperie » de secteurs politiques et de groupes d’intérêts aux États-Unis[7]. Tareck El Aissami a répondu aux accusations en rappelant que la culture de la coca, à la différence d'autres pays d’Amérique latine, est illégale au Venezuela et que l'ONU cite le pays comme étant « libre de cultures de drogues ». Ministre de l'Intérieur et de la Justice, 102 chefs d'organisations dédiées au narcotrafic ont été arrêtés sous sa direction, dont 21 ont été extradés vers les États-Unis et 36 vers la Colombie[7][8].

Le nom d'El Aissami apparaît dans l'affaire des faux passeports vénézuéliens révélée en février 2017 par CNN en español[9]. Un employé de l'ambassade vénézuélienne en Irak a révélé que l'ambassade aurait distribué de faux passeports vénézuéliens à des citoyens syriens, dont une partie seraient des combattants du Hezbollah irakien. D'après le lanceur d'alerte, des passeports et visas étaient distribués par des employés de l'ambassade, en l'échange de fortes sommes d'argent. Les passeports octroyés permettent d'entrer sans visa dans un grand nombre de pays occidentaux, incluant les États-Unis et l'Espace Schengen. Après avoir tenté d'alerter la Chancellerie sans succès, le lanceur d'alerte s'est tourné vers le FBI et la chaîne de télévision CNN. Les journalistes de CNN ont obtenu un rapport émis par les services secrets américains qui estime à 173 le nombre de passeports émis de façon frauduleuse dans cette affaire. Le rapport désigne Tareck El Aissami, alors ministre de l'Intérieur et responsable des services d'immigration, comme le donneur d'ordre[9]. Suite à ces révélations, le gouvernement vénézuélien accuse CNN de « propagande de guerre » et suspend l'autorisation de diffusion de la chaine pour une durée indéterminée[10]. La chaine continentale TeleSur met en doute la crédibilité du témoin, pointant ses relations avec des personnalités de partis politiques antichavistes vénézuéliens, une accusation d'agression sexuelle sur une interprète et des soupçons de corruption le concernant[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (es) Dahir Ral, « Tareck El Aisamí: Los hombres capaces son los que escriben la historia », sur VTV, (consulté le 19 décembre 2012)
  2. (es) « Divulgación Regionales 2012 », sur CNE, (consulté le 19 décembre 2012)
  3. « Au Venezuela, Nicolas Maduro nomme un nouveau vice-président », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 4 janvier 2017)
  4. Marie Delcas (Bogota correspondante), « Washington met le vice-président du Venezuela sur liste noire », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  5. « EE. UU. sanciona al vicepresidente de Venezuela por narcotráfico », sur www.semana.com (consulté le 14 février 2017)
  6. (es) José De Córdoba et Juan Forero, « Funcionarios venezolanos, bajo sospecha de convertir el país en un centro global de la cocaína », WSJ América Latina,‎ (lire en ligne)
  7. a et b (es) « Tareck El Aissami envía carta pública al Departamento del Tesoro de los Estados Unidos », Globovisión,‎ (lire en ligne)
  8. « Las Fake News del Departamento del Tesoro », sur Un lugar en la blogósfera, (consulté le 19 février 2017)
  9. a et b « Pasaportes venezolanos, ¿en manos equivocadas? », sur CNNEspañol.com, (consulté le 14 février 2017)
  10. Por CNN Español, « El Gobierno de Venezuela retira la señal de CNN en Español del aire », sur CNNEspañol.com, (consulté le 21 février 2017)
  11. « CNN, operador mediático de guerra », teleSUR,‎ (lire en ligne)