Symphonies de Jean Sibelius

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Les symphonies de Jean Sibelius sont un ensemble de sept compositions symphoniques numérotées de 1 à 7 (auxquelles certaines sources y adjoignent aussi la Kullervo-symphonie[1]), composées entre 1892 et 1923. Une 8e symphonie fut envisagée par Sibelius entre 1926 en parallèle à son poème symphonique Tapiola et 1933, des esquisses furent rédigées par le compositeur, mais les manuscrits de cette symphonie jamais achevée sont finalement détruits en 1945. Chacune des sept symphonies de Sibelius, marque l'évolution musicale du compositeur. La Première encore marquée par le romantisme musical du XIXe siècle[2], la Deuxième représentative de son discours nationaliste[2], la Troisième plus classique se démarque par son économie dans l'orchestration[3], la Quatrième, d'essence tragique, fait la transition vers la modernité avec un emploi des intervalles rappelant le sérialisme [3], la Cinquième fait une synthèse entre Wagner pour le rythme, et Beethoven pour la dynamique[3], la Sixième, qui est à la fois modale et tonale[4], pour finir par la Septième en un seul mouvement d'un bloc sans transition, s'appuyant sur une unique tonalité d'ut majeur, complexe et polyrythmique[5]. Plusieurs chefs d'orchestre ont gravé des intégrales du cycle, à commencer par Sixten Ehrling en 1953 jusqu'à Colin Davis en 2009. D'autres chefs Sibeliens ont presque enregistré la totalité du cycle, mais ont exclu certaines symphonies, comme ce fut le cas pour Thomas Beecham, Carl von Garaguly (en) ou Herbert von Karajan. Leonard Bernstein a enregistré une première intégrale pour CBS, mais n'a pas mené à terme sa seconde chez Deutsche Grammophon.

Les enregistrements des symphonies[modifier | modifier le code]

Le gouvernement finlandais est à l'origine des premiers enregistrements des symphonies de Sibelius, en finançant en 1930 la première intégrale du compositeur (alors encore vivant) produite par HMV sous l'égide de la Sibelius society, en plusieurs volumes de disques 78 t. Robert Kajanus était chargé d'enregistrer la totalité des symphonies, mais il décéda avant de terminer l'intégrale et ne grava que les symphonies 1, 2, 3 et 5. Serge Koussevitsky le remplaça pour enregistrer la symphonie No 7, et Georg Schnéevoigt pour les symphonies 4 et 6. L'interprétation de la quatrième symphonie par Schnéevoigt étant jugée insatisfaisante par le compositeur, un nouvel enregistrement fut confié à Thomas Beecham[6].

Pour les critiques musicaux, certaines intégrales se démarquent et sont considérées comme des références dans l'interprétation des symphonies de Sibelius. La revue Diapason, sous la plume du critique et musicologue Patrick Szersnovicz, désigne, comme intégrales majeures, douze interprétations: celles d'Anthony Collins (1955), Leonard Bernstein (1967), Lorin Maazel (1968), John Barbirolli (1970), Guennadi Rojdestvenski (1974), Colin Davis (1976), Kurt Sanderling (1977), les trois intégrales de Paavo Berglund (1974, 1987 et 1999), Simon Rattle (1987) et Osmo Vänskä (1997). Les versions de Barbirolli et Davis sont considérées comme les plus homogènes (d'autres interprétations pouvant accuser des faiblesses ou être inégales), et celles de Barbirolli, Berglund, Rojdestvenski et Sanderling comme les plus rugueuses ou tempétueuses[7].

Discographie des intégrales des symphonies[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

  • Symphonies 1 - 7, orchestre symphonique de Birmingham direction Sakari Oramo, Warner Erato 2003 (enregistrés entre 2000 et 2002).
  • Complete symphonies, orchestre symphonique de Göteborg, direction Neeme Järvi, Deutsche Grammophon 2005 (enregistrés de 2003 à 2005).
  • Complete Symphonies - Violin Concerto, orchestre philharmonique d'Helsinki, direction Leif Segerstam, Ondine 2006 (enregistrés entre 1996 et 2004).
  • Symphonies Nos 1-7, Kullervo, orchestre symphonique de Londres, direction Colin Davis, LSO Live 2006 (enregistrés de 2002 à 2006).
  • Symphonies Nos 1-7, orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande, direction Pietari Inkinen, Naxos 2011 (enregistrés de 2008 à 2011).

Années 2010[modifier | modifier le code]

  • John Storgårds conducts Sibelius – Complete Symphonies, BBC Philharmonic direction John Storgårds, Chandos CHAN 10809 2014 (enregistrés entre 2012 et 2013)
  • Sibelius 7 symphonies, orchestre symphonique de la radio finlandaise direction Hannu Lintu, DVD/Bluray Arthaus Musik 2015
  • Jean Sibelius, Symphonies 1-7, orchestre philharmonique de Berlin direction Simon Rattle, Berliner Philharmoniker Recordings 2015 (enregistrés entre 2014 et 2015)
  • The Symphonies, Lahti Symphony Orchestra, direction Okko Kamu, Bis 2016 (enregistrés entre 2011 et 2015)
  • Sibelius symphonies, Minnesota Orchestra direction Osmo Vänskä, Bis 2016 (enregistrés entre 2012 et 2016)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean Sibelius » dans Tranchefort 1986, p. 713
  2. a et b « Jean Sibelius » dans Marc Vignal (dir) Dictionnaire de la musique p. 756
  3. a, b et c « Jean Sibelius » dans Marc Vignal (dir) Dictionnaire de la musique p. 757
  4. « Jean Sibelius » dans Marc Vignal (dir) Dictionnaire de la musique p. 758
  5. « Jean Sibelius » dans Tranchefort 1986, p. 718
  6. Jean-Luc Caron, « Beecham et la musique de Sibelius à l’enregistrement », sur resmusica.com, ResMusica.net, (consulté en 11, 03, 2013)
  7. Patrick Szernovicz, Sibelius, les sept symphonies, dans Diapason septembre 2012, No 605, p. 112

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-René Tranchefort, Guide de la musique symphonique, Fayard,