Symphonie nº 1 de Sibelius

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Symphonie nº 1.
Symphonie no 1 en mi mineur
op. 39
Image illustrative de l'article Symphonie nº 1 de Sibelius
Portrait de groupe intitulé Symposion de 1894[1], avec de gauche à droite Akseli Gallen-Kallela (le peintre), le compositeur Oskar Merikanto, Robert Kajanus et Sibelius.

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Jean Sibelius
Effectif Orchestre symphonique
Durée approximative 36 minutes
Dates de composition 1898-1899
Création
Helsinki
Interprètes Orchestre philharmonique d'Helsinki sous la direction du compositeur
Versions successives
printemps-été 1900
Représentations notables

La symphonie no 1 en mi mineur op. 39 de Jean Sibelius a été commencée par le compositeur en 1898 et terminée en 1899.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette symphonie a, en fait, été précédée par le poème symphonique Kullervo, op. 7, écrit en 1892. Elle est contemporaine de la première symphonie de Serge Rachmaninov. Elle est, comme cette dernière, dans l'héritage de Tchaikovski.

Le plan a été conçu à Berlin au printemps 1898. Ce plan initial prévoyait une musique à programme. Le premier mouvement devait décrire : « le vent froid qui souffle de la mer ». Le deuxième mouvement tirait son inspiration de Heine: « Le pin du Nord rêve au palmier du Sud ». Le troisième mouvement serait « Conte d'hiver » et le quatrième mouvement « Ciel de Jorma » - une référence au roman Panu de Juhani Aho, publié en 1897. Ce plan n'a pas été suivi, et il semble qu'il n'a joué aucun rôle dans ce qui est finalement devenu la première symphonie. Toutefois, dans le cahier des esquisses, il y a des références enthousiastes à Berlioz.

Sibelius mettait la touche finale à sa symphonie au printemps de 1899, au milieu d'une situation politiquement explosive. Le « Manifeste de Février » délivré par l'empereur de Russie vise à restreindre l'autonomie du Grand-duché de Finlande, et Sibelius a réagi par plusieurs compositions traduisant sa protestation. Le Chant des Athéniens (Op. 31/3) a été joué pour la première fois à Helsinki le , de même que la première symphonie, qui a été initialement appelée Symphonie en mi mineur, ou symphonie en quatre mouvements. Cette création de la symphonie dans sa version originale (qui a disparu) a été faite par l'Orchestre philharmonique d'Helsinki dirigé par le compositeur lui-même[2].

Le Chant des Athéniens a suscité chez le public un sentiment d'enthousiasme, mais bien sûr, les critiques ont également prêté attention à la symphonie. « La plus grande œuvre sortie de la plume de Sibelius », a écrit Oskar Merikanto dans Päivälehti.

La version révisée de la symphonie a été terminée au printemps-été 1900 pour la tournée européenne que devait faire l'orchestre dirigé par son ami, Robert Kajanus. L'atmosphère était sombre, car la troisième fille de Sibelius, Kirsti, était morte de maladie. Elle avait un peu plus d'un an, et Aino était tombée malade après avoir perdu son enfant.

La première de la version définitive a eu lieu le à Helsinki, toujours avec l'Orchestre philharmonique d'Helsinki dirigé par Robert Kajanus[3]. Pendant la tournée, à l'été 1900, la première symphonie est devenue l'œuvre avec laquelle Sibelius a réussi une percée internationale. Il a été acclamé par les critiques à Stockholm, Copenhague, Hambourg, Berlin et - dans une moindre mesure - à Paris. La symphonie a été jugée inspirée par Tchaïkovski, mais surtout été reçue par les gens comme la voix d'un nouveau compositeur fascinant.

Structure[modifier | modifier le code]

Elle comprend quatre mouvements et dure approximativement 36 minutes.

  1. Andante, ma non troppo - Allegro energico - en mi mineur
  2. Andante, ma non troppo lento - en mi bémol majeur
  3. Scherzo: Allegro - en ut majeur
  4. Finale (quasi una fantasia): Andante - Allegro molto - en mi mineur
  • Le premier mouvement commence très doucement par un solo de clarinette élégiaque s'élevant au dessus du sourd grondement des timbales. Ce solo expressif introduit le thème principal réel soutenu par le trémolo des cordes. Le thème secondaire est donné par le hautbois. L'ensemble du mouvement est construit suivant la forme sonate.
  • Le thème de base du second mouvement est d'abord entendu chez les violons, est repris et développé en cinq strophes.
  • Le troisième mouvement est très rythmé avec un trio central plus lent («Lento»).
  • Le quatrième mouvement est quasi une fantasia et commence avec le thème de la clarinette du 1er mouvement. En reliant des éléments de tous les mouvements, Sibelius trouve une unité pour le mouvement final uniforme, qui se termine sur un point d'orgue.

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la première symphonie
Cordes
premiers violons,
seconds violons,
altos,
violoncelles,
contrebasses
1 harpe
Bois
2 flûtes,
dont une jouant du piccolo,
2 hautbois,
2 clarinettes,
(en la dans les mouvement 1 et 4,
en si dans les mouvements 2 et 3)
2 bassons
Cuivres
4 cors,
3 trompettes,
3 trombones,
1 tuba
Percussions
timbales,
triangle,
cymbales,
grosse caisse

Enregistrements[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Collection privée.
  2. (su) « Jean Sibeliuksen konsertti », Päivälehti, no 110,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  3. (su) « Filharmonisen orkesterin konsertit », Uusi Suometar, no 169,‎ , p. 4 (lire en ligne)