Sonate pour piano nº 8 de Beethoven

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Sonate pour piano no 8
Opus 13
Image illustrative de l’article Sonate pour piano nº 8 de Beethoven
Beethoven vers 1800
Portrait de C.T. Riedel, 1801

Genre Sonate
Nb. de mouvements 3
Musique Ludwig van Beethoven
Effectif Piano
Durée approximative env. 18 min
Dates de composition 1798-1799
Dédicataire Carl von Lichnowsky

La Sonate pour piano no 8 en do mineur, op. 13 dite « Pathétique », de Ludwig van Beethoven, a été composée entre 1798 et 1799[1],[2] et publiée en décembre 1799[1],[2] sous le titre français de Grande Sonate pathétique[3], avec une dédicace au prince Lichnowsky[1],[2], mécène du compositeur depuis son arrivée à Vienne en 1792.

La Sonate pathétique appartient à la période où Beethoven commençait à affirmer son style et à se détacher de l'influence de Haydn et de Mozart, et qui vit la composition des six premiers Quatuors à cordes, du Septuor, du Premier Concerto pour piano et de la Première Symphonie. Œuvre brillante et novatrice, elle peut être considérée comme le premier chef-d'œuvre pianistique de Beethoven.

La célèbre mélodie de l'Adagio a été largement reprise au cinéma et dans la publicité. Le 3e mouvement a été repris par Diana Boncheva dans Beethoven Virus.

Si les deux premiers mouvements sont plutôt classiques, le troisième est empreint de romantisme.

Fichier audio
Sonate Pathétique – Mvts 1 & 2
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Structure[modifier | modifier le code]

La sonate Pathétique comprend trois mouvements et son exécution dure un peu moins de vingt minutes.

  1. Grave – Allegro di molto e con brio en do mineur
  2. Adagio cantabile en lab majeur
  3. Rondo : Allegro en do mineur

Grave — Allegro di molto e con brio[modifier | modifier le code]

Le mouvement débute par un Grave introductif, très pathétique, qui donne son nom à la sonate[4]. Le climat de do mineur y est très marqué. Les multiples tensions (accords diminués, retards) et les silences ponctuent le discours de façon très théâtrale et expressive.

Beethoven sonata 8 grave.png

L'Allegro di molto e con brio est enchaîné (Attacca subito) à la 11e mesure en do mineur. Il contraste fortement avec l'introduction. Le tempo est plus rapide et brillant, parfois virtuose et tumultueux. La basse, en octaves en croches (ou tremolo), donne un nette impression de course, de fuite en avant et contraste avec la partie de main droite jouée staccato.

Beethoven sonata 8 allegro di molto.png

À partir de la mesure 51, un thème en mibémol mineur impose une atmosphère plus détendue, presque malicieuse, aboutissant, par suite d'un choix varié de structures rythmiques, à la reprise du motif de la 11e mesure réécrite en mi bémol majeur puis au retour en tonalité de do mineur.

Le Grave réapparait alors à la mesure 133, légèrement transformé (transposé en sol mineur). Beethoven module la tonalité qui passe aux mesures 135/136 en mi mineur.

Il reprend le motif rythmique de la 11e mesure en mi mineur, avec passage, dès la mesure 148 des trémolos à la main droite.

Mesure 167, il présente un conduit rythmique et harmonique étrange et sombre destiné à introduire à nouveau son thème de la mesure 11 dans la tonalité initiale (do mineur)

Il reprend dès la mesure 221 le thème de la mesure 51 transposé en fa mineur.

Une structure harmonique et rythmique similaire à la partie précédente (mais transposée en fa mineur) permet d'aboutir au trémolo initial en do mineur puis au troisième Grave du morceau, écrit en do mineur.

Il termine le mouvement par le thème de la mesure 11 et termine le morceau par 5 accords fortissimo, un par mesure, imitant une cadence parfaite tout à fait classique.

Adagio cantabile[modifier | modifier le code]

Le second mouvement est plus apaisé. Il se construit autour d'une mélodie cantabile (chantée) en la bémol majeur où la sensible accidentelle du mode mineur le mi bécarre apparaît mais de manière discrète et sans l'accord correspondant. Vient ensuite une deuxième mélodie qui est bien cette fois en fa mineur mais qui reste très douce avant une descente chromatique et la reprise du thème principal. Arrive alors une troisième mélodie en la bémol mineur construit autour de questions/réponses entre une voix aiguë et une voix grave, qui module en mi majeur, plus allant. Puis un passage de transition nous amène à nouveau vers la tonalité de départ et le thème principal enrichi de triolets doubles à la main gauche.

Adagio sonate pathétique.svg

Rondo : Allegro[modifier | modifier le code]

Le rondo commence de façon plutôt agitée et expose le thème A en tonalité de do mineur. La partie B commence ensuite en mi bémol majeur avant la série des triolets. Puis arrivent plus doucement les accords de dominante (Sib) ; s'ensuit une reprise des triolets en tonalité de do mineur puis une descente fortissimo vers l'accord de septième de dominante (sol-ré-fa-si ou Sol7). Le thème A est alors réexposé. Ensuite la partie C : elle commence sur une sorte de choral en lab majeur ; après ce choral, le thème est repris à la main droite tandis que la main gauche effectue une descente. Puis c'est l'inverse : la main gauche joue le thème et la main droite effectue une descente ; puis on revient en do mineur et les deux mains jouent alors la cadence des arpèges de septième de dominante et de do mineur crescendo de plus en plus aigus jusqu'à arriver à la descente fortissimo déjà entendue à la fin de la partie B. Le thème A est à nouveau exposé. S'ensuit la partie D qui transpose en do majeur un thème similaire à celui en mi bémol majeur dans la partie B. Viennent ensuite les triolets et à nouveau les accords de dominante (Sol) plus doux qui annoncent le retour de la tonalité en do mineur. La partie D s'achève sur une descente chromatique calando. Le thème A est alors réexposé ; puis immédiatement la liaison avec les triolets et enfin la cadence très forte avec les accords plaqués (Dom et Sol) pour arriver à la "conclusion" du dernier mouvement : là, surprise ! Beethoven joue un accord inattendu de ré bémol majeur et effectue une descente similaire à celles déjà entendue mais en tonalité de la bémol majeur. Arrive la coda : le début du thème A est réécrit très léger dans cette tonalité ; puis de retour à la tonalité principale la coda et la sonate se finissent sur cette dernière descente fortissimo.

Ce mouvement est un magnifique exemple de Rondo-sonate. En effet, Beethoven effectue une fusion entre la forme rondo et la forme-sonate. Si on considère A et B comme un "premier thème", puis A et C comme le "deuxième thème", la partie D peut être considérée comme le développement de cette "forme-sonate" puisqu'il reprend le thème A et B. La reprise de A pourrait s'entendre comme une "réexposition" suivie de la coda. Il ne s'agit pas en soi d'une forme-sonate, mais d'un rondo qui pourrait s'en approcher, d'où le nom de rondo-sonate.

Beethoven sonata 8 rondo.png

Discographie[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreux enregistrements qu'il existe, on citera ceux de Wilhelm Kempff, Glenn Gould, Sviatoslav Richter, Daniel Barenboim, Emil Gilels, Vladimir Ashkenazy ou Claudio Arrau, Eric Heidsieck, Richard Goode .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Barry Cooper (trad. de l'anglais par Denis Collins), Dictionnaire Beetoven [« Beethoven compendium »], Lattès, coll. « Musiques et musiciens », , 613 p. (ISBN 978-2-7096-1081-0), p. 410
  2. a b et c Jean Massin et Brigitte Massin, Ludwig van Beethoven, Fayard, , 845 p. (ISBN 978-2-213-00348-1), p. 610
  3. L'édition originale est visible sur Beethoven-Hauss Bonn, consulté le 21 juillet 2015.
  4. André Boucourechliev, Beethoven, éd. du Seuil, coll. Solfèges, 1963

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]