Silvère Jarrosson

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Silvère Jarrosson
Le peintre Silvère Jarrosson dans son atelier.jpg
Silvère Jarrosson dans son atelier en 2017.
Biographie
Naissance
(29 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité
Formation
Activité
Père
Parentèle
Autres informations
Genre artistique
Inspiré par l'abstraction lyrique
Site web

Silvère Jarrosson, né le à Paris, est un peintre français.

Il vit et travaille à Paris. Inspiré par l'abstraction lyrique américaine de la seconde moitié du XXe siècle, son travail abstrait intègre aussi des doutes plus générationnels sur les questions environnementales et technologiques[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Silvère Jarrosson est né le à Paris du mariage de Bruno Jarrosson, ingénieur et consultant, et de Pascale Joffroy[2]. L'homme politique Maurice Jarrosson (1890-1971) est son arrière-grand-père.

Il est diplômé de l'École de danse de l'Opéra national de Paris en 2011 et de l'Université Pierre-et-Marie-Curie[3],[4].

De la danse à la peinture[modifier | modifier le code]

En 2011, à la suite d'une blessure[5] l'obligeant à abandonner une carrière de danseur professionnel, il choisit de se tourner vers les arts plastiques.[6],[7],[8] Le mouvement reste le thème principal des oeuvres de Silvère Jarrosson.

Ses premières années se caractérisent par un travail exclusif de l’acrylique à laquelle il superpose progressivement l’huile. Si le pouring et le dripping développés par Jackson Pollock furent au cœur de ses première créations, il tend à diversifier ses techniques en y ajoutant les lavis d’huile, le travail au pinceau et le poncage de la couche picturale dans des travaux où l’influence d’Hans Hartung est décelable.

En 2018, il travaille avec la Fondation Claude Monet à Giverny et l'Académie des beaux-arts de Lettonie à Riga. Il donne une performance filmée à la villa Médicis à Rome le à l'occasion du festival Villa Aperta[9],[10],[11]. En 2021, une de ses œuvres intègre la collection du Mobilier national[12].

Évolution stylistique[modifier | modifier le code]

De 2013 à 2018[modifier | modifier le code]

Depuis ses premières œuvres présentées en 2013 jusqu'au tournant de l'année 2018, le style pictural de Silvère Jarrosson évolue progressivement vers une simplification et une radicalisation de sa démarche. La gamme de couleurs, d'abord très fournie lors de ses premiers travaux (Rythmes vitaux), se restreint progressivement autour de deux ou parfois trois couleurs secondaires auxquelles s'ajoute systématiquement le noir et le blanc. Il travaille aussi ponctuellement sur des séries uniquement en noir et blanc, notamment la série Cryptiques. En termes de composition, il évolue d'une composition suivant la technique du all-over — recouvrant l'ensemble de la surface du tableau — caractéristique de ses débuts (Rythmes vitaux, Comas, No man's lands) à une composition plus sobre se détachant sur fond blanc (Fragments/organes, Élégies)[13]. À partir de 2016, le fond blanc devient d'ailleurs un marqueur reconnaissable de son style, parfois omniprésent (Élégies). À la profusion des gestes se substitue progressivement l'affirmation radicale d'un seul mouvement maitrisé ou d'une combinaison restreinte de gestes isolés sur un fond neutre, particulièrement visible dans ses séries Élégies et Figures[14],[15].

Biographie[modifier | modifier le code]

Depuis 2018[modifier | modifier le code]

Impression 7 (2019), acrylique et élastomère sur toile de lin, 180 × 130 cm, localisation inconnue. Œuvre illustrant le retour au all-over.

À partir de 2018, Silvère Jarrosson revient à un cycle de composition plus complexe de ses œuvres. À la suite de sa résidence à la Fondation Claude Monet à Giverny de juin à , il s'intéresse aux techniques de la peinture à l'huile mais, au lieu d'utiliser ce médium, il s'intéresse aux techniques de la peinture à l'huile mais choisit d'abord d'en adopter les codes en utilisant l'acrylique. Dans sa série Impressions[16], il travaille l'acrylique par couches translucides successives, méthode généralement utilisée en peinture à l'huile, ce qui l'amène à enrichir ses gammes de couleur. Il revient à des compositions en all-over (Impression 7), et s'intéresse à de nouveau types de traitement picturaux (vibration optique, traces laissées par un mouvement, micro-mouvements). En 2020, il poursuit ce processus de complexification en utilisant cette fois la peinture à l'huile par dessus des fonds acryliques.

Thémathiques[modifier | modifier le code]

Mouvements et corps[modifier | modifier le code]

Le mouvement est sans doute le thème le plus présent dans l’œuvre de Silvère Jarrosson. Il traite le déplacement des pigments sur la toile à la manière d’un chorégraphe. Son travail a ainsi été exposé aux côtés des œuvres d’Olivier Debré connu entre-autres pour les décors peints qu’il a réalisés lors de sa collaboration avec Carolyn Carlson pour le ballet Signes en 1997 à l’Opéra de Paris. Mettant en mouvement ses toiles aux chassis épais, il sollicite l’intégralité de son corps dans la peinture et compare souvent ses toiles à des partenaires de danse². De son Hommage à Antonin Arthaud à L.U.C.A (Last Universal Common Ancestor) nombre de ses œuvres tendent à intégrer le corps dans des installations monumentales où l’artiste et le spectateur se retrouvent confrontés aux limites de celui-ci.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique est présente de manière diffuse dans les titres de plusieurs de ses séries d’œuvres comme Elégies ou Compositions. La rythmique graphique de ses œuvres en noir et blanc de même que les vibrations colorées de ses lavis d’huile évoquent souvent la musique. Cette relation au son s’est notamment illustrée dans sa collaboration² avec les Ballets du Rhin en 2021, pour laquelle il a été invité à réaliser un décor monumental à partir d’une de ses toiles: Danser Schubert.

Biologie[modifier | modifier le code]

Ayant travaillé un temps sur la question de la morphogénèse dans les laboratoires du Museum National d’Histoire Naturelle de Paris, il adopte une approche artistique sérielle où les motifs qu’il invente se succèdent d’œuvre en œuvre en se modifiant progressivement. Il tisse ainsi d’une œuvre à l’autre une généalogie complexe des formes². De même, Francis Bacon est une autre figure importante dans l’univers esthétique de Silvère Jarrosson. S’il n’y a pas de proximité visuelle entre les deux artistes, la relation à la chair vivante est un élément commun. Jarrosson compare régulièrement la couche picturale et la peau vivante² : l’apparence extérieure de la peinture est pour lui avant tout le résultat de phénomènes internes à celle-ci. La maladie, la mise à l’épreuve du corps mais aussi la jouissance utopique sont ainsi des thèmes qui innervent ses compositions aux allures parfois hallucinogènes.

Oeuvres marquantes[modifier | modifier le code]

Hommage à Antonin Artaud[modifier | modifier le code]

L’Hommage à Antonin Arthaud est une commande de la Villa Médicis à Silvère Jarrosson sur proposition de Cristiano Leone à l’occasion du festival Villa Aperta le 15 juin 2019. L’œuvre est une mise en image des textes d’Antonin Artaud sur la place que l’art peut prendre dans la reconstruction après une chute, sous forme de vidéos projetées successivement en mapping sur la façade de la villa. Les trois séquences mettent en scène l’artiste dans les trois phases retenues du processus : la chute, la renaissance puis la danse[17].

L.U.C.A (Last Universal Common Ancestor)[modifier | modifier le code]

L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor), est un poliptyque de 16 panneaux peint à l’acrylique et à l’huile. Il fut présenté pour la première fois en octobre 2021 à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière lors de l’exposition Corps en Mouvement curatée par Célien Palcy[18]. Suspendu sous le dôme de la chapelle, ce polyptyque présente un motif ininterrompu se déployant au sein d’un cercle dans lequel le visiteur est invité à entrer. [Image de l’œuvre à la Salpêtrière] Le titre de l’oeuvre fait référence au concept de Dernier Ancêtre Commun Universel et évoque la perpétuation des cycles de la vie qui se transforme d’une période à une autre, générant toujours de nouvelles formes sans début ni fin.

Danser Schubert[modifier | modifier le code]

Danser Schubert est une œuvre présentée pour la première fois au Théâtre de la Sinne à Mulhouse le 12 octobre 2021 comme décor pour le ballet Danser Schubert au XXIème siècle sous la direction artistique de Bruno Bouché[19]. Conçue à partir d’une toile de petite taille, l’œuvre fut transposée sous la direction de l’artiste sur une série de cinq panneaux mobiles de 5 x 10 m par les ateliers de l’Opéra National du Rhin et utilisée comme décor. [Image de l’oeuvre dans les ateliers des Ballets du Rhin] Les cinq panneaux assemblés forment une composition abstraite au sein de laquelle une trouée centrale évoque, selon Silvère Jarrosson, une fenêtre mentale sur l’univers onirique de la musique de Schubert[20].

Résidences et Collections[modifier | modifier le code]

Silvère Jarrosson a intégré plusieurs résidences d’artistes comme la Fondation Claude Monet à Giverny en 2018 ou la Collection Lambert en Avignon en 2020 et 2021². Les œuvres de Silvère Jarrosson sont aujourd’hui présentes dans plusieurs collections privées et publiques. En 2021, l’oeuvre Structure – premier tempo intègre ainsi les collections du Mobilier National afin d’être transposée en tapisserie².

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2015 : Undulations, Life Gallery (New-York).
  • 2016 : In Utero, galerie Hors-Champs (Paris).
  • 2016 : La mémoire de la danse, Alliance française de Venise.
  • 2017 : Murmures de sous la surface, galerie Hors-Champs (Paris).
  • 2018 : De Natura, Vanities Gallery (Paris)[21].
  • 2018 : Figures, groupe Crédit du Nord (Paris).
  • 2018 : Temps suspendu, Vanities Gallery (Paris).
  • 2019 : Entrée dans le mouvement, Opéra de Liepaja (Lettonie).
  • 2019 : L.U.C.A., Madona City Art Museum (Lettonie).
  • 2019 : Hommage à Antonin Artaud, villa Médicis (Rome).
  • 2020 : Genèses et gestes, Vanities Gallery (Paris).
  • 2021 : Debré - Jarrosson, Galerie Faidherbe (Paris).
  • 2021 : Corps en mouvement, Chapelle de la Salpêtrière (Paris)

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • 2016 : Salon des réalités nouvelles (Paris).
  • 2017 : Sanya Art Fair (Chine).
  • 2017 : YIA Artfair (Bruxelles).
  • 2018 : Cabinets of Curiosities, City University of Hong Kong.
  • 2018 : La petite collection, galerie Bertrand Grimont (Paris).
  • 2018 : Entrée dans le mouvement, Académie des beaux-arts de Lettonie.
  • 2019 : Tout va très bien, galerie Mansart (Paris).
  • 2019 : Triennale de Guangzhou (Chine).
  • 2019 : Frame Art Fair (Bâle).
  • 2019 : Lys Over Lolland (Danemark).
  • 2019 : Galerie Saatchi (Royaume-Uni).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Guillemyn, « La peinture en mouvement de Silvère Jarrosson au Crédit du Nord », Connaissance des arts,‎ (lire en ligne).
  2. Who's Who in France, édition 2015, p. 1191.
  3. Jean-Louis Poitevin, Silvère Jarrosson, genèses et gestes, Paris, Éditions Marcel, , 181 p. (ISBN 978-2-9563413-7-6), pp. 35-36.
  4. Olivier Frégaville-Gratian d’Amore, « Silvère Jarrosson, le plasticien qui fait danser la peinture », Médiapart,‎ (lire en ligne).
  5. Bruno Jarrosson, Une petite douleur à la hanche, Paris, Éditions en avance, , 54 p. (ISBN 979-1093871301, lire en ligne).
  6. Poitevin, op. cit., pp. 15-16.
  7. Laurent Menu, « Silvère Jarrosson, le peintre qui chorégraphie le hasard », Le Monde des religions,‎ (lire en ligne).
  8. Marine Miller, « Les réseaux sociaux, une aubaine pour les jeunes artistes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. Villa Aperta IX | 13 – 15 juin Etrange lieu pour des rencontres.
  10. [PDF] (it) Felice Liperi, « Musica off: genio e follia a Villa Medici », La Repubblica,‎ (lire en ligne).
  11. [PDF] (it) Marco Andreetti, « Incontri di note, poesia et immagini tra arte e follia », Corriere della sera,‎ (lire en ligne).
  12. Walter Georges-Henri, « Je ne partage pas la vision qui voudrait que la peinture soit arrivée, avec le monochrome, dans une impasse », Les détails,‎ (lire en ligne).
  13. Jean-Paul Gavard-Perret, « Silvère Jarrosson, La peinture gnomique », Le Littéraire,‎ (lire en ligne).
  14. Jean-Louis Poitevin, « Un peintre abstrait à l’époque du 3.0 », TK-21, La Revue, no 77,‎ (lire en ligne).
  15. Bénédicte Philippe, « Silvère Jarrosson, Peng Pi - De natura », Télérama sortir,‎ (lire en ligne).
  16. Titre en référence à Claude Monet.
  17. « Performance de Silvère Jarrosson à la Villa Medicis », sur Silvère Jarrosson, (consulté le ).
  18. « Corps en mouvement », sur 9 Lives Magazine (consulté le ).
  19. « Danser Schubert au XXIe siècle à l'Opéra national du Rhin - Actualités - Ôlyrix », sur Olyrix.com (consulté le ).
  20. « Danse. [Diaporama] Schubert intime, Schubert sombre, Schubert sublimé », sur www.dna.fr (consulté le ).
  21. Pauline Lisowski, « De natura, exposition de Silvère Jarrosson et Pengi Pi : le mouvement dans la nature », sur lecorridordelart.com, (consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cédric Enjalbert, « Silvère Jarrosson : une longue réflexion pour un mouvement de quelques secondes », Philosophie magazine, À quelle vitesse voulons-nous vivre ? no 120,‎ , p. 52.
  • Xavier Bourgine, « Silvère Jarrosson : Du biotope au biotrope et retour », Point Contemporain, no 14,‎ .
  • Jean-Louis Poitevin, Silvère Jarrosson, genèses et gestes, Paris, Éditions Marcel, , 181 p. (ISBN 978-2-9563413-7-6).

Lien externe[modifier | modifier le code]