Siège de Mayence (1689)

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Siège de Mayence (1689)
Description de cette image, également commentée ci-après
Plan de Mayence assiégé
Informations générales
Date 1er juin 1689
Lieu Mayence
(Allemand actuelle)
Issue Victoire impériale
Belligérants
Drapeau du royaume de France Royaume de FranceDrapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Nicolas Chalon du BléCharles V de Lorraine

Guerre de la Ligue d'Augsbourg

Batailles

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Coordonnées 50° 00′ 00″ nord, 8° 16′ 16″ est

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Siège de Mayence (1689)

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Siège de Mayence (1689)

Le siège de Mayence se déroule du 1er juin au 8 septembre 1689, pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Jacques-Henri de Durfort défend la ville assiégée par les armées de la Ligue d'Augsbourg[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le siège de Mayence ayant été résolu, les troupes de Saxe et de Hesse-Cassel y arrivent les premières, s'y retranchent, construisent un pont sur le Main au-dessous de leur camp, et ne font pendant quelque temps que jeter des bombes dans les redoutes que les Français ont construites sur le Rhin. Le duc Charles V de Lorraine ayant passé ce fleuve sur le pont de Rüdesheim am Rhein, s'approche de la ville, qu’il fait investir le 17 juillet 1689. Le même jour, le reste de l’armée impériale traverse le même fleuve sur un pont construit à Weisenau ; il est suivi des troupes saxonnes, à la réserve de quelques régiments qui demeurent de l’autre côté du Rhin, et dans les îles qui sont entre ce fleuve et le Main. La cavalerie de la place fait d’abord deux sorties, où les Impériaux perdent beaucoup de monde ; 3 000 hommes sont commandés pour travailler aux lignes de circonvallation, et on fait venir 30 000 fascines pour se couvrir plus aisément. L’électeur de Bavière, Maximilien-Emmanuel, après avoir envoyé un détachement vers la Forêt-Noire, rejoint les Impériaux avec sept à huit mille hommes.

Pendant que le duc de Lorraine forme le siège de Mayence avec les électeurs de Bavière et de Saxe, l’électeur Frédéric III de Brandebourg, avec ses troupes et celles de Münster, investit Bonn. Il y avait dans la place huit bataillons français et un allemand, faisant en tout 6 500 hommes, 800 hommes de cavalerie en deux régiments, et un de dragons de 400 hommes ; outre cela, chaque bataillon avait une compagnie de grenadiers de 50 hommes. Le baron d'Asfeld, qui s'était signalé en Suède, y commande dès le commencement du siège, et avait mis dans une redoute vis-à-vis de la place 50 hommes qui soutiennent deux assauts, et qui rentrent ensuite dans la ville. Le commandant est blessé à la tête, et ne laisse pas que de défendre la brèche avec cinq soldats restés auprès de lui ; après quoi il se retire. Les troupes qui sont à Zulpich pour tenir le pays qui est au-delà du Rhin à couvert des courses de la garnison de Bonn, voyant la redoute prise, repassent le fleuve. On dresse deux batteries de canon et de mortiers pour battre la place de l'autre côté du Rhin, tandis que les troupes de Münster et des détachements de l'armée de Lunebourg et de Hollande l'attaquent du côté français avec 60 pièces de canon et 12 mortiers. On tire en huit jours 7 000 bombes qui ruinent la plupart des maisons, sans néanmoins endommager les magasins ; ce qui était le principal but des assiégeants. Le baron d'Asfeld voyant que la ville n’est plus qu'un monceau de pierres, loge la garnison au dehors.

Reconquête par les Impériaux

Les Impériaux ne réussissent pas mieux devant Mayence ; leurs travaux vont lentement, parce que les assiégés font de fréquentes sorties, et ruinent le jour ce qu’ils ont fait la nuit. Ils en font une entre autres le 22 juillet, où les Allemands perdent beaucoup d'hommes. Le prince Frédéric-Guillaume de Palatinat-Neubourg, à la tranchée avec deux de ses frères, y est tué d'un coup de fauconneau qui lui emporte la tête. Le duc de Lorraine prend son quartier derrière l’église de Sainte-Croix ; l’électeur de Saxe se loge sur les hauteurs de Weisenau, et les troupes de Hanovre se logent à la Chartreuse Saint-Michel de Mayence. Le marquis d'Uxelles, qui commande la place, se défend jusqu’au 10 septembre ; et après avoir fait périr plus de 20 000 ennemis, obtient une capitulation honorable. Le 10 septembre, le marquis d’Uxelles, après sept semaines de tranchée ouverte, rend, par capitulation, Mayence au duc de Lorraine, faute de poudre et de mousquets. Aux côtés du marquis d'Uxelles, Jacques-Henri de Durfort défend la forteresse de Mayence. Il sort le lendemain avec six pièces de canon et quatre mortiers, et est conduit à Landau. Après la prise de cette place, le duc de Lorraine et l'électeur de Bavière vont joindre l’électeur de Brandebourg devant Bonn, qui se défend encore. Le baron d’Asfeld soutient le siège jusqu'au 12 octobre, et sort de la place en battant tambours.

Les écrivains allemands conviennent qu’ils ont fait peu de sièges plus meurtriers. Les assiégés faisaient quelquefois deux du trois sorties en un jour, à deux heures l'une de l'autre. Dans une seule il resta neuf cents impériaux sur le carreau. Le roi, voyant d’Uxelles à son retour honteux de reparaître devant lui : « marquis, lui dit-il, vous avez défendu la place en homme de cœur, et vous avez capitulé en homme d'esprit[2] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Daniel, Histoire de France : depuis l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules, Amsterdam, Aux dépens de la Compagnie, 1720-1725, p. 198
  2. Charles Clémencet, avec la collaboration de Maur Dantine et d'Ursin Durand: L’Art de vérifier les dates publié en 1750.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Claude Bernard Petitot, Alexandre Petitot et Louis Monmerqué: Des mémoires relatifs a l'histoire de France, depuis l'avènement De Henri IV jusqu'à La Paix De Paris; conclue en 1768; édition Foucault, 1827.

Littérature[modifier | modifier le code]

Siège de Mayence en l'année 1689. Relation de tout ce qui s'est passé pendant le siège de Mayence en 1689, et de ce qui l'a précédé immédiatement., Paris, 1756