Siège d'Amiens (1597)

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Siège d'Amiens
Description de cette image, également commentée ci-après
Henri IV au siège d'Amiens (Anonyme, Musée de Versailles)
Informations générales
Date  : prise d'Amiens par les Espagnols

Lieu Amiens (Somme)
Issue Victoire française
Belligérants
Flag of the Low Countries.svg Pays-Bas espagnolsBlason France moderne.svg Armée royale
Commandants
Hernandes Teillo Porto Carrero
Girolamo Carafa
comte de Mansfeld
Henri IV
maréchal de Biron
Charles Ier de Guise
Charles de Mayenne
Forces en présence
7 700 hommes
Inconnues
Inconnues
25 000 hommes
Inconnues
4 700 hommes
Inconnues
Inconnues
Pertes
inconnues600

Huitième guerre de religion (1585–1598)

Batailles

Guerres de Religion en France


Prélude


Première guerre de Religion (1562–1563)


Deuxième guerre de Religion (1567–1568)


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Huitième guerre de Religion (1585–1598)
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Rébellions huguenotes (1621-1629)


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Coordonnées 49° 53′ 31″ nord, 2° 17′ 52″ est

Le siège d'Amiens oppose, en 1597, lors de la huitième guerre de religion, les troupes françaises commandées par Henri IV aux troupes espagnoles. Il débouche sur une victoire française.

Prélude[modifier | modifier le code]

L'est de la France reconquis, Henri IV songe à protéger sa frontière nord attaquée par les Espagnols. Les affrontements à Laon rétablissent la situation en sa faveur. Toutefois, l'armée espagnole, placée sous le commendement de Hernandes Teillo Porto Carrero, gouverneur de la place de Doullens, met sur pied la prise de la ville d’Amiens[1].

L’attaque du 11 mars[modifier | modifier le code]

Hernandes Teillo Porto Carrero prend la tête de 7 000 hommes d’infanterie et 700 cavaliers, il s’avança dans la nuit du 10 au , vers la capitale de la Picardie.

Sur la route et tous les sentiers menant à la ville, il place de petits pelotons de soldats, pour arrêter tous ceux qu’ils rencontreraient. Il fait cacher 500 hommes dans les taillis, haies et masures à proximité de la ville. Il choisit également 30 autres soldats habillés en paysans et paysannes, armés sous leurs habits, avec des hottes et des paniers, comme des gens qui vont au marché[2].

Avec trois chariots, ils avancent et pénètrent sous l’une des portes de la ville, renversent un chariot rempli de noix, pour créer un encombrement. Le chariot renversé les bourgeois accourent, hurlant et houspillant le paysan maladroit, tout en se jetant sur les noix.

C’est alors que les soldats espagnols déguisés prennent leurs armes et tuent quelques bourgeois, mettent les autres en fuite, tuent les sentinelles et relèvent la herse qui avait été abattue, pour faire rentrer les 500 soldats mis en embuscade accompagnés de quatre compagnies de cavalerie qui se répandent dans la ville et conquièrent la ville en moins d’une demi-heure.

Réaction française[modifier | modifier le code]

Henri IV se montra consterné - « (...) je pense resver quand j'oys raconter ceste prise, tant je la trouve estrange. Les ennemys y sont entrez sans faire bruict ny donner frayeur à personne, comme on a accoustumé de faire en pareilles occasions »[3] - et décida, sur les conseils de François de Lesdiguières, de reprendre immédiatement la ville aux Espagnols. Le maréchal de Biron fut chargé de cette mission.

Préparation du siège[modifier | modifier le code]

Le maréchal de Biron investit Amiens avec 4 000 fantassins et 700 cavaliers, du côté de l’Artois, afin de couper les voies de communications avec Doullens[Note 1] et interceptant tous les convois en direction de la ville.

Il fit resserrer la ville de très près, et malgré la supériorité numérique de la garnison, celle-ci n’osa pas effectuer de sorties.

Hernandes Teillo Portocarrero n’ayant jamais imaginé de voir l’ennemi aussi vite, n’avait pas suffisamment de provisions pour tenir un siège. Il fit alors sortir toutes les bouches inutiles et brûler tous les faubourgs. Pendant ce temps, les troupes françaises s’attendant à un siège long, organisèrent un camp ou l’on trouvait de tout, comme dans une ville, dont 2 hôpitaux. On appela alors le siège d’Amiens, le siège de velours. Toutefois, les travaux d'approche étaient si dangereux, que les paysans réquisitionnés s'enfuirent. On les remplaça, comme plus tard lors du siège de Saint-Jean-d'Angély, par des soldats, à qui le roi donna la prime de tranchée.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Drapeau du royaume de France Royaume de France
Flag of the Low Countries.svgPays-Bas espagnols
  • ...

Le siège[modifier | modifier le code]

Début avril, le roi de France, suivi de sa cour, fit attaquer la place avec l’artillerie.

Échecs des attaques espagnoles[modifier | modifier le code]

Le , Porto Carrero fit une sortie avec 500 cavaliers, sur le quartier général du général de Biron, s’emparant d’un fort que les Français avaient construit pour défendre le QG. Après 2 heures de combats, les Espagnols en furent chassés et poursuivis par les troupes françaises qui faillirent pénétrer dans la ville. Les Espagnols furent sauvés par l’arrivée de 400 fantassins qui repoussèrent les Français, ce qui leur permit de fermer les portes de la ville.

En juin, les Espagnols attaquèrent à nouveau, prenant les tranchées à trois endroits. Ils en furent rapidement chassés par les Français qui refoulèrent les assiégés jusque sur la contrescarpe.

Le les Espagnols firent une nouvelle attaque avec deux groupes de 300 hommes chacun.

Le premier groupe attaqua les tranchées tenues par le régiment de Picardie et le second celles tenue par le régiment de Flessan. Les Espagnols, progressant rapidement, tuent les maîtres de camp Flessan et Jean de Mercastel, nettoyent les tranchées et attaquent les batteries afin d’enclouer les canons. Les troupes du maréchal Biron et de Charles Ier de Guise tentèrent de repousser les Espagnols. Les combats sont terribles et les Espagnols progressant toujours, le roi Henri IV fait donner ses troupes, qui les enfoncent et les poursuivent jusqu’à l’entrée de la ville.

Échec de l'assaut français[modifier | modifier le code]

Le 4 septembre, les Français lancèrent un assaut qui fut repoussé après un long combat. Lors de cette attaque le commandant en chef espagnol, Hernandes Teillo Porto Carrero, fut tué d’un coup d’arquebuse. Girolamo Carafa prend sa succession et décide de se retrancher dans la ville afin d’attendre l’armée de secours de l’archiduc Albert d'Autriche. Celle-ci forte de 25 000 hommes et placée sous les ordres de Pierre-Ernest Ier de Mansfeld arrive sur Amiens vers le .

Charles de Mayenne convainc le maréchal de Biron d’attendre l’armée de secours derrière les retranchements,plutôt que de lui livrer bataille.

L'armée de secours espagnole vient alors assiéger l'armée assiégeante. Ils attaquèrent mais furent mis en fuite par l’artillerie française.

Échec de l'armée de secours et reddition espagnole[modifier | modifier le code]

Les forces françaises renforcèrent leurs retranchements si bien que le lendemain l’armée de secours n’osa attaquer et l’archiduc prit le parti de se retirer.

Après le départ de l’armée de secours, Henri IV de France somma le gouverneur espagnol d’Amiens de se rendre. Celui-ci capitula le , après six mois de siège.

Lors de ce siège les pertes françaises s’élevèrent à 600 hommes.

Conséquences[modifier | modifier le code]

  • Les Espagnols furent repoussés en Artois.
  • Le roi décida la construction des citadelles d'Amiens et de Doullens dont la construction fut confiée à Jean Erard.
  • La ville d'Amiens fut sévèrement sanctionnée pour s'être laissée prendre trop facilement et avoir refusé avant l'arrivée des Espagnols d'entretenir une garnison. L'échevinage fut réduit de 27 à 4 membres et surveillé par quatre conseillers de ville choisis par le roi ou le gouverneur. La fonction de mayeur fut remplacée par celle de premier échevin nommé par le roi. La milice bourgeoise réorganisée échappait à l'autorité municipale[4].

Iconographie[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Appelée Dourlens à cette époque

Références[modifier | modifier le code]

  1. Olivia Carpi et José Javier Ruiz Ibáfiez, « Les noix, les espions et les historiens. Réflexion sur la prise d'Amiens (11 mars 1597) », Histoire, économie & société, vol. 23, no 3,‎ , p. 323-348 (lire en ligne, consulté le 20 avril 2019).
  2. Dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables[réf. nécessaire]
  3. Au connétable le , cf. Recueil des lettres missives de Henri IV, t. IV, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 697-698
  4. Ronald Hubscher (sous la direction de), Histoire d'Amiens, Toulouse, Éditions Privat, 1986 (ISBN 2 - 7 089 - 8 232 - X)