Massacre de Nègrepelisse

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Massacre de Nègrepelisse
Description de cette image, également commentée ci-après

Le grand et juste châtiment des rebelles de Nègrepelisse
Ouvrage de 1622, justifiant le massacre des habitants de Nègrepelisse.

Informations générales
Date 10-11 juin 1622
Lieu Nègrepelisse
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Population protestante de Nègrepelisse
Commandants
Louis XIII
Louis de Pontis
Henri de Mayenne
Pertes
Toute la population de Nègrepelisse

Guerres de religion

Batailles

Guerres de Religion en France


Prélude
Mérindol (1545) · Amboise (1560) · Colloque de Poissy (1561)


Première guerre de Religion (1562–1563)
Édit de Saint-Germain · Massacre de Wassy · Toulouse · Vergt · Rouen · Dreux · Orléans · Édit d'Amboise


Deuxième guerre de Religion (1567–1568)
Surprise de Meaux · Michelade · Saint-Denis


Troisième guerre de Religion (1568-1570)
Jarnac · La Roche-l'Abeille · Montcontour · Saint-Jean-d'Angély


Quatrième guerre de Religion (1572–1573)
Saint-Barthélemy · Sommières · Sancerre · La Rochelle (1572)


Cinquième guerre de Religion (1574–1576)
Dormans · Édit de Beaulieu


Sixième guerre de Religion (1576–1577)
Traité de Bergerac (en)


Septième guerre de Religion (1579–1580)
Traité du Fleix


Huitième guerre de Religion (1585–1598)
Guerre des Trois Henri
Traité de Nemours · Jarrie · Coutras · Vimory · Auneau · Journée des Barricades · Arques · Ivry · Paris · Poncharra · Châtillon · Craon · Port-Ringeard · Fontaine-Française · Édit de Nantes


Rébellions huguenotes (1621-1629)
Saumur (1621) (en) · Saint-Jean-d'Angély (1621) · La Rochelle (1621) · Montauban (1621) · Riez (1622) · Royan (1622) · Sainte-Foy (1622) · Nègrepelisse (1622) · Saint-Antonin (1622) · Montpellier (1622) · Saint-Martin-de-Ré (navale, 1622) · Traité de Montpellier (1622) · Blavet (1625) · Île de Ré (1625) (en) · Traité de Paris (1626) · Saint-Martin-de-Ré (1627) · La Rochelle (1627-1628) · Privas (1629) · Alès (1629) · Montauban (1629) (en) · Paix d'Alès


Révocation de l'édit de Nantes (1685)

Le siège puis massacre de Nègrepelisse est un évènement s'étant déroulé du 10 au 11 juin 1622, et réalisé par les troupes du roi Louis XIII, dans la petite cité de Nègrepelisse, lors de la première des trois rébellions huguenotes[1].

Préambule[modifier | modifier le code]

Après avoir pacifié le Poitou et le Saintonge, Louis XIII confie le blocus de La Rochelle à son cousin Louis, comte de Soissons, pendant qu'il marche en direction du Languedoc, afin d'y secourir le duc de Montmorency, gouverneur de la région[2]. L'armée du roi part de Royan le 16 mai et couche à Mortagne. Le 17 elle couche à Mirambeau, séjourne les 18 et 19 à Montlieu, arrive à Saint-Aulaye le 20, à Guitres le 21, à Saint-Émilion le 22, Castillon le 23 et Sainte-Foy-la-Grande le 25 mai que Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, paraît vouloir défendre (la place se rend toutefois sans combat)[2].

Continuant sa chevauchée, Louis XIII arrive le 28 mai à Monségur et le 29 à Marmande, passe devant Tonneins que le duc d'Elbeuf et le maréchal de Thémines avaient pris le 4 mai précédent et ruiné ras-terre[2]. Le 30 mai la troupe royale est à Aiguillon et le 1er juin à Agen puis remonte la Garonne par Valence-d'Agen jusqu'à Moissac.

S'approchant de Montauban, qu'il n'avait pas réussi à prendre l'année précédente Louis XIII envoie le marquis de Valençay avec la gendarmerie de la Garde et les chevau-légers de Condé en reconnaissance jusqu'au glacis de la cité huguenote, afin de se protéger d'une attaque venue de la ville[3]. Le 7 juin il fait passer l'Aveyron, près de Piquecos, à son armée qui bivouaque, en bataille, devant Villemade, à 2 lieues de Montauban, espérant que ceux-ci viendraient lui offrir sa revanche. Ceux-ci, bien que renforcés par le duc de Rohan de 500 hommes, restèrent prudemment derrière leurs murs[3].

Le 10 juin les troupes royales arrivent devant Nègrepelisse.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Siège[modifier | modifier le code]

Les révoltes huguenotes dans le bastion protestant du Tarn-et-Garonne (1621-1628)

Nègrepelisse était une petite place entourée d'une vieille muraille et dominée par un château situé sur la rive gauche de l'Aveyron. La place, qui avait été prise par les troupes royales en août 1621, avait été reprise par les huguenots montalbanais en décembre[4] en massacrant la garnison royale de 400 soldats du régiment de Vaillac[réf. nécessaire][3]. Louis XIII n'avait pas oublié l'offense. Une fois l'armée royale devant la ville, les habitants tirèrent sur le maréchal général des camps et armées du roi et les carabins qui l'escortaient.

Les troupes furent organisées pour lancer trois attaques en même temps :

Les sept canons de l'armée royale furent mis en batterie devant la muraille qui reliait le château à la ville. 12 officiers et 20 suisses furent tués dans la batterie par les tireurs protestants[5].

Louis de Pontis, lieutenant de la 2e compagnie de Picardie, envoyé auprès du Roi pour prendre ses instructions le trouva « dans une méchante chaumière, où l'on étouffait de fumée. Voici l'ordre, lui dit Louis XIII. On attaquera la ville par les deux bouts, comme je l'ai commandé. Vous aurez tous quelque chose de blanc attaché aux cordons de vos chapeaux, de peur que, vous joignant dans la ville, vous ne vous tiriez les uns sur les autres, sans vous reconnaître. Je vous commande de ne pas faire de quartier à aucun homme, parce que ces gens m'ont irrité et qu'ils méritent d'être traités comme ils ont traité mes 400 soldats »[5].

Prise de la ville et massacre[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1622, les mouchoirs blancs furent mis aux chapeaux et l'assaut fut donné sous le commandement du duc Henri de Mayenne. Les défenseurs de Nègrepelisse se retirèrent dans un coin de la ville et demandèrent quartier ; le roi refusa[5]. Nègrepelisse fut ensuite entièrement incendiée, le lendemain, après un pillage et saccage généralisé ; seuls quelques bâtiments échappèrent à la destruction[6]. Seule une douzaine d'hommes survécurent à la prise de la ville ; Louis XIII les fit pendre, à leur demande, aux arbres de leurs jardins. Quant aux femmes, elles furent soumises à la soldatesque. L'un des valets de chambre du roi, par compassion, en racheta une quarantaine aux soldats qui les gardaient[7].

Devant cette barbarie, le cardinal Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, aurait dit à Louis XIII :« Sire, la clémence est la vertue favorite des grands princes, au milieu de leurs plus beaux triomphes, ils font gloire de céder à la compassion. Quand vous voyager dans vos provinces, vous devez ressembler à ces fleuves qui portent partout l'abondance. A Dieu ne plaise que votre passage ne puisse se comparer à celui des torrents dont les eaux impétueuses ravagent et ruinent tout.

Le prince de Condé qui entre à l'instant chez le Roi l'aurait trouvé ébranlé par ces vérités touchantes. Il prend alors un bréviaire qui est auprès du monarque, l'ouvre, et fait remarquer que, dans les leçons du jour tirées de l'Ancien Testament, le prophète Samuel reproche à Saül d'avoir épargné les Amalécites[7] ».

Conséquence[modifier | modifier le code]

Après la prise de Nègrepelisse Louis XIII se rend à Saint-Antonin-Noble-Val, prend la ville puis se dirige vers Montpellier afin de la prendre également.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Massacre de Nègrepelisse » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource)
  2. a, b, c et d Hardÿ de Périni 1894-1906, p. 25.
  3. a, b, c et d Hardÿ de Périni 1894-1906, p. 27.
  4. Prise de Nègrepelisse par les montalbanais
  5. a, b et c Hardÿ de Périni 1894-1906, p. 28.
  6. Histoire de Nègrepelisse : la création de la bastide.
  7. a et b Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles, p. 10.