Séguéla

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Séguéla
Administration
Pays Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région région du Woroba
Maire Lassina Diomandé dit Castro
Démographie
Gentilé Séguélais(e)
Population 63 557 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 7° 57′ 36″ nord, 6° 40′ 22″ ouest
Localisation

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Séguéla

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Séguéla

Séguéla est le chef-lieu de la région du Worodougou et du district du Woroba, au nord-ouest de la Côte d'Ivoire. Les Séguélais parlent Séguélakan (kôyakakan) et le français.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville de Séguéla a été bâtie par les descendants de Soundiata Keïta, surtout de la lignée de Massa Woulé (le roi rouge ou roi de teint clair). Arrière-arrière-petit-fils des fondateurs de cette ville de Séguéla qui sont les Keita ou Binaté vous rapportons que ce nom de Séguéla est lié à une position géographique prédite avant le voyage des fondateurs qui devaient s´installer dans une zone bien précise où il y avait des Ségué, arbres bien connus dans le « worodougou ». D´où le nom « Sèguèla » et par déformation « Séguéla ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Rose des vents Boundiali Rose des vents
Biankouma N Mankono
O    Seguéla    E
S
Daloa

Géographie de la ville[modifier | modifier le code]

Séguéla est composée de divers quartiers qui portent les noms de familles traditionnelles comme :

  • Les Kéita, Fouétai (déformation de Keita) ou Binanté (en fait Binantè qui veut dire que notre présence ne date pas d'aujourd'hui) sont tous de la même famille des fondateurs de la ville de Séguéla.
  • Les Konaté situés vers l'aéroport sont rattachés aux Kéita par ce lien généalogique de « Makan Konfata Konaté » qui a été le père du premier « Keita Sogolon Djata » par conséquent de tous les Keita.
  • Les Diomandé, famille à laquelle les Kéita ont attribué le titre et la fonction perpétuelle de chef de village assorti d'un arbitrage des Keita en cas de litige dans les choix des prétendants.
  • Les Bakayoko, famille à laquelle les Kéita ont attribué le titre et la fonction perpétuelle de guide religieux assorti d'un arbitrage des Keita en cas de litige dans les choix des prétendants.
  • Les Soumahoro et les Timité de par leur passé de guerriers, de féticheurs, ou de marabouts se sont vu attribuer les rôles d'ambassadeurs et de médiateurs.
  • Les Dosso, les Fofana, les Traoré et autres noms de spécialistes de la chasse, de la forge ou d'autres métiers artisanaux, complétaient de par leurs spécialisations le tableau de l'harmonie de la vie quotidienne de ce village de Séguéla.
  • Au regard de l´histoire de cette période et les agressions pour les diverses raisons d´extension d´influence ou d´assujettissement de peuples entre eux, toutes les entrées géographiques de la ville de Séguéla avaient leur protection assurée dans les composantes comme suit :
    • L´entrée « NORD » de la ville était protégée par la force d´intervention des Soumahoro en garde avancée devenu le village de «GNIANGORÔ» faisant que les 99 % de la composante des habitants de ce village sont des SOUMAHORO.
    • L´entrée « SUD » de la ville était protégée par la force d´intervention des Timité et méité en position de garde avancée devenu le village de «GBALO» qui a pour composante majoritaire de ses habitants les TIMITÉ et MÉITÉ.
    • L´entrée « EST » de la ville était protégée par la force d´intervention des Keita, des Bakayoko et des Konaté avec pour poste avancée de garde devenu le village de «FISANIKORÔ» dont les habitants sont composés en majorité de KONATÉ, BAKAYOKO et de BINATÉ(KEITA).
    • L´entrée « OUEST » de la ville était protégée par les Diomandé avec pour poste de garde avancée le village de «GBOLÔ» dont les habitants sont à 99 % des DIOMANDÉ.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire pré-coloniale[modifier | modifier le code]

La ville de Séguéla a été fondée par les Keita à la suite de la dislocation de l´empire des Mandingues après le règne de Mansa Oulé (l'empereur rouge, en raison de son teint clair) fils et successeur de Soundiata Keïta de 1255 à 1270.

  • Les fondateurs de Séguéla sont des descendants directs de Mansa Oulé qui, s'étant converti à l´islam, suscita plus tard l'abdication de ses propres enfants qui cédèrent le trône à la grande famille Konaté qui tenta d´assurer la survie en pérennisant le nom Keita dans l´appellation des différents rois qui se succédaient.

À Séguéla aujourd´hui, la plupart se font appeler « Binaté » qui veut juste dire Bi Na Té soit (Bi = aujourd´hui), (Na = Nan = venue), ( = pas) qui est la réponse des fondateurs aux colons qui leur demandaient leur nom : Bi Nan Té = « Notre venue, ou notre présence, ne date pas d’aujourd’hui ».

Certains parmi eux sont restés fidèles au nom d´origine, Keita.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Samory Touré

À la fin du XIXe siècle, toute la région sera sous la domination de l'Almamy Samory Touré[Note 1], fondateur de l'Empire wassoulou vers 1881, empire qui s'étendait de Kankan à Dabakala et Kong, et résistant à la conquête coloniale jusqu'à sa capture en 1898 et sa déportation au Gabon. Ses troupes, qui auraient été armées de fusils britanniques, l'Angleterre occupant alors la Sierra Leone, massacrèrent les militaires français de la mission du capitaine Charles Ménard en 1892 dans les environs de Séguéla[1].

Administration[modifier | modifier le code]

Une loi de 1978[2] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 Soumahoro Gaoussou PDCI-RDA Homme politique élu
1985 Traoré Mamadou PDCI-RDA Homme politique élu
1990 Bakayoko Youssouf PDCI-RDA Homme politique élu
1995 Amadou Soumahoro RDR Homme politique élu
2001 Amadou Soumahoro[3] RDR Homme politique élu
2013 Lassana Diomandé Indépendant Homme politique élu

Après les événements de 2002, la ville, comme toutes les localités du nord du pays, a été placée sous l'administration du MPCI puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[4] et se trouvait de fait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » (« com-zone »). Ce « commandant de zone » est désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire, Guillaume Soro, comme pour chacun des 10 secteurs de la zone nord ivoirienne, Séguéla étant désignée depuis 2006 sous le terme de Zone n°4[5]. Depuis le 18 mai 2008, il s'agit de Issiaka Ouattara, dit Wattao, nommé après le limogeage de Zacharia Koné. Cette autorité existe toujours en 2008 et cohabite avec les fonctionnaires de l'État, préfet et sous-préfet, revenus dans la région.

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Députés de Séguéla
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Bakayoko Youssouf PDCI-RDA Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1920 1946 Rec. 1975 Rec. 1988 1998 Est. 2010
12 692 29 003 63 557
Nombre retenu à partir de 1920 : Population sans doubles comptes

Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.

Le département compte 533 écoles primaires, 2 établissements secondaires et 2 établissements secondaires techniques.

Enseignement primaire
Public

  • École primaire publique

Enseignement secondaire
Lycée public

  • Lycée moderne

Collège public

  • Collège moderne

C'est à Elima, au sud du pays, que sera créée la première école officielle le 8 août 1887 avec pour instituteur Fritz-Emile Jeand'heur venu d'Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant trois ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. Le 1er mars 1904, il y avait 896 élèves en Côte d´Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à 2 millions d'habitants. Séguéla accueillera l'une des 18 écoles de village créées en 1903. Elle comportait 40 élèves encadrés par un instituteur.

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues en Côte d'Ivoire.

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculée, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula dérivé du malinké, qui est une langue mandingue. Toutefois, la langue locale de la région est le worodugukakan qui est un dialecte du malinké. Le worodugukakan se subdivise en deux dialectes principaux, à savoir le koyakakan et dérivés parlé essentiellement par les Koyaas ou Koyakas dans la sous-préfecture de Mankono et environs jusqu'à Kani et derrière Tieningboué, le seguelakakan dans le Département de Séguéla jusqu'à la limite des frontières linguistiques direction Vavoua et Man.

Par extension à cause de l´alliance entre senoufo et le worodougou, on appelle Koyakas, tous les habitants de toute cette zone, alors qu'en fait la langue koyaka prend son origine dans la sous-préfecture de Mankono.

  • Il faut remarquer ces deux grands groupes linguistiques voient leurs intonations plus ou moins tintées par les frontières linguistiques Gouro-Yacouba et le Toura pour le groupe séguélakakan.
  • Par ailleurs toutes les variétés linguistiques du groupe koyakakan (Mankono-Kani-Bouhandougou…) sont influencées par la frontière linguistique avec le groupe sénoufo, baoulé et autres.

Santé[modifier | modifier le code]

Le département compte 1 centre hospitalier régional, 25 centres de santé et 7 officines de pharmacie.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte un club de football, le Siguilolo FC de Seguéla qui joue actuellement en Championnat de Côte d'Ivoire de LIGUE 2.

Économie[modifier | modifier le code]

Bien que l'extraction industrielle du diamant soit arrêtée en Côte d'Ivoire, une exploitation artisanale se poursuit à Séguéla et Tortiya, situés dans la zone contrôlée par la rébellion ivoirienne. Les résultats de cette exploitation artisanale restent assez controversés. Jugés maigres, voire dérisoires par certains[6], ces résultats sont évalués par d’autres au chiffre record de 300 000 carats et le revenu annuel du trafic lié à cette activité, estimé à plus de 40 milliards de FCFA[7]. En 2009, la Côte d'Ivoire reste toutefois le seul pays sous embargo de l'ONU pour l'exportation du diamant en raison de la crise que connaît ce pays[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'ancien président de Guinée, Ahmed Sékou Touré, se disait descendant de Samory Touré.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Abidjan, Éditions CERAP, , 150 p. (ISBN 2-915352-31-3).
  2. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978.
  3. Amadou Soumahoro est ancien ministre du commerce.
  4. Le site officiel des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire.
  5. Organisation des 10 secteurs du nord ivoirien sous la tutelle du MPCI.
  6. [(fr) Côte d’Ivoire : à la recherche du dernier diamant (page consultée le 23 août 2008)].
  7. [(fr) Côte d'Ivoire, les diamants de la guerre des Forces nouvelles (page consultée le 23 août 2008)].
  8. [(fr) Résolution 1643 (2005) Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5327e séance, le 15 décembre 2005 (page consultée le 23 août 2008)].
  9. [(fr) Diamants de conflit et processus de paix en Côte d'Ivoire (page consultée le 23 août 2008)].