Saint-Sylvestre (Haute-Vienne)

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Saint-Sylvestre
Saint-Sylvestre (Haute-Vienne)
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Haute-Vienne
Arrondissement Limoges
Intercommunalité Communauté de communes Élan Limousin Avenir Nature
Maire
Mandat
Daniel Leycuras
2018-2020
Code postal 87240
Code commune 87183
Démographie
Population
municipale
924 hab. (2021 en augmentation de 0,33 % par rapport à 2015)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 59′ 48″ nord, 1° 22′ 40″ est
Altitude Min. 379 m
Max. 651 m
Superficie 30,91 km2
Élections
Départementales Ambazac
Localisation
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Saint-Sylvestre

Saint-Sylvestre (Sint Sauvéstre en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine, située dans les Monts d'Ambazac, à l'ouest du Massif Central, entre les communes de Compreignac, Razès, Ambazac, et Saint-Léger la Montagne, à 20 km de Limoges. Elle est dominée par le Puy de Sauvagnac, commune de Saint-Léger-la-Montagne qui culmine à 701 m, le plus haut point de la commune étant à 651 m. Elle est traversée par l'autoroute A 20. La roche est essentiellement un leucogranite alcalin à mica blanc ou noir avec un feldspath qui se décompose en kaolin. Les pegmatiques et plus particulièrement la pechbende y sont exploitées de 1950 à 1992.

Géographie

La commune de Saint-Sylvestre est arrosée par la Cane qui y prend sa source.

Situation de la commune de Saint-Sylvestre en Haute-Vienne.
Communes limitrophes de Saint-Sylvestre[1]
Razès Saint-Léger-la-Montagne
Compreignac Saint-Sylvestre
Bonnac-la-Côte Ambazac

Histoire

L’occupation néolithique du sol pour Saint-Sylvestre est peu connue. Il faut se tourner vers les environs. Le mégalithisme – 3500, –1800, a pu exister sur le territoire d’Ambazac ; de même la prospection a révélé des silex, ou fragments d'outils, qui paraissent appartenir à une vaste période comprise entre le Mésolithique et le Néolithique et qui pour certains se trouvent près de la commune sur le site de Montcocu (Montméry). Les alentours, Bersac, Saint-Sulpice-Laurière ont fourni des haches à talon.

C’est aussi près de Montcocu que quelques traces gallo-romaines ont été trouvées. Dans les ruines de l’abbaye de Grandmont, on a recueilli deux deniers gallo-romains ; en outre le bas relief en calcaire de l’oratoire Saint-Psalmet (Ambazac) est originaire du Puy-Firmigier (Saint-Sylvestre) ; il figure une femme portant une longue robe, probable mater topique. Saint-Sylvestre encore, aurait eu une tête colossale de Diane et des inscriptions funéraires. La toponymie rappelle les domaines : Ventillac (nom d’homme probable) ou Excideuil (lieu alternatif au Moyen Age entre Ambazac et Saint-Sylvestre rappel d’un nom gaulois), et un hypothétique fanum à Fanet ?

Le commencement du christianisme est en rapport avec la venue chez les Lemovices de Martial, vers l’an 300. La christianisation s’engage dans les campagnes. Aredius (+591) fonde Attane/SaintYrieix : La Vie de saint Yrieix mentionne le couvent Saint-Antoine d’Ambazac (VIe-VIIIe siècle). Des monnaies mérovingiennes proviennent des alentours de Saint-Sylvestre, de Razès et peut-être de Laurière, sans oublier les ateliers monétaires de Compreignac et d’Ambazac. Des microtoponymes indiquent l’installation humaine : les multiples boueiges, besges (autour de la paroisse, le lieu des Ardelliers (Fanet). Cependant, la toponymie ne permet pas de dater les installations : Fondaneiche (Fons Johannes), le Mas, Chabannes, la Borderie, (pour l’habitat) Grandimontis, les Sagnes, Brugères, Augères (pour la nature, lieu humide, brandes, mine), la Crouzille (voies de communication). Une partie du territoire de la commune est englobée dans la Marche qui se constitue dans le courant du Xe siècle. L’évêque possède la majeure partie de la paroisse de Saint-Sylvestre. Il y dote les seigneurs : les Razès, les Montcocu, les Montrocher, les de Verneuil, les de Saint-Sylvestre, les Bussière-Boffi. En 1124, les ermites qui suivent Etienne de Muret s’installent à Grandmont à la mort du fondateur de l’ordre de Grandmont. Il semble que la paroisse soit créée à la suite.

Grandmont intéresse le roi Henri II Plantagenêt. Il y séjourne, fait reconstruire le monastère. Une date marquante est la canonisation d’Etienne de Muret en 1189 : évêque, abbés et barons se pressent à Grandmont. Ses fils Henri le Jeune, Richard Cœur de Lion, et leurs sénéchaux s’y rendent. Parallèlement Grandmont fonde près de 160 dépendances (de la Champagne à la Navarre, de la Normandie, à l’Aquitaine et l’Angleterre) et en 1317 devient abbaye. En 1306, le pape Clément V et sept cardinaux séjournent à Grandmont. Pendant les guerres de Cent Ans, Saint-Sylvestre, le bourg, le monastère sont ravagés et dépeuplés ; Français et Anglais occupent tour à tour l’abbaye en 1370. Ces derniers en sont chassés en 1381. En 1421-1422, Charles VII passe à Grandmont de même qu’Henri IV en 1529, le prince de Condé en 1619. Pendant les guerres de religion, les compagnies contournent Grandmont. Les Ligueurs, actifs dans la Marche, s’installent à l’abbaye. Les hameaux subissent les exactions des garnisons. Saint Germain Beaupré prend et pille Grandmont en juin 1597 soutenu par Charles de Pierre-Buffière, gouverneur du Limousin. Ce dernier essaie de faire lever le siège de l’abbaye, occupée par les huguenots et par le ligueur, Châteauneuf-d’Urfé, sa famille et ses soldats.

Par les lettres patentes de 1769, Louis XVI autorise la suppression de l’ordre de Grandmont. Le pape l’approuve en 1772. L’ordre disparaît à la mort de son dernier abbé en 1787 en dépit des protestations des habitants, en particulier ceux de la paroisse de Saint-Sylvestre. L’abbaye est démolie après l’adjudication des matériaux au début du XIXe siècle.

Après une histoire compliquée de création et de suppression, les cantons prennent forme en 1800. Saint-Sylvestre appartient au canton de Laurière qui se compose des communes de La Jonchère, Léger la Montagne (Saint), Pierre la Montagne (Saint), Jabreilles, Sivestre (Saint), Sulpice Laurière (Saint) puis Bersac. Le rattachement de saint-Sylvestre à Ambazac débute le 25 mars 1860 il est publié au journal officiel le 16 février 1905. [Arch. dép. Haute-Vienne, E DEP 183/ D 4]. La garde nationale est instituée en 1831 [E DEP 183/ H 2][2]

Depuis au moins le courant du XVIe siècle, les hommes migrent pour faire face à la pauvreté : ils sont marchands, maçons, menuisiers. Ils se rendent dans le Lyonnais, le Nord, l’Île de France, l’Ouest… La fin du XIXe siècle, voit l’ascension du socialisme rural. Un des premiers enterrements civils se place à Saint-Sylvestre en 1899. Si l’on ne peut passer sous silence les prisonniers et les morts de 1914-1918, la Deuxième Guerre mondiale marque la commune. Un maquis se forme en 1943 autour de Grandmont. Les Allemands attaquent et réduisent le maquis en août 1944. Prenant la relève des carrières de granit et leurs tailleurs de pierre, les minéraux et surtout l’uranium ont fait la réputation de Saint-Sylvestre : visite de Pierre et Marie Curie en 1900, ouverture du Puy Henriette en 1948. Depuis la fermeture des sites de la Cogema, Saint-Sylvestre bénéficie de la proximité de l’autoroute A20 et de sa position de commune dortoir.

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2014 Maurice Couturier[3] PCF  
mars 2014 mai 2018 Béatrice Couloumy    
juin 2018 en cours Daniel Leycuras    
Les données manquantes sont à compléter.

Des divergences étant apparues au sein du conseil municipal, le préfet a saisi le gouvernement[4] qui a dissous, par décret du 11 avril 2018, le conseil municipal[5].

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7].

En 2021, la commune comptait 924 habitants[Note 1], en augmentation de 0,33 % par rapport à 2015 (Haute-Vienne : −1,09 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 5531 3451 3781 4361 3951 5101 5191 6221 672
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5431 5491 6571 6631 7181 6791 7041 6301 607
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7421 7141 6421 2891 2061 079991862841
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
746696648660668715776790904
2014 2019 2021 - - - - - -
912919924------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments

Buste reliquaire[10] dans l'église de Saint-Sylvestre.
La chapelle de Grandmont.
  • Le Vincou, rivière française du Nord-Ouest du Limousin, né sur la commune et qui coule dans le département de la Haute-Vienne. C'est un affluent abondant de la Gartempe (rive gauche), et donc un sous-affluent de la Loire, par la Creuse et la Vienne.
  • Abbaye de Grandmont. Détruite à la suite de la dissolution de l'ordre de Grandmont sous Louis XVI et de la Révolution.

L'ordre de Grandmont, ordre religieux limousin issu de l’érémitisme, remarquable par sa règle et la diffusion de son modèle architectural, conforme à la réforme grégorienne.

  • L'église Saint-Sylvestre où on peut voir le buste-reliquaire de saint Étienne de Muret est inscrite au titre des monuments historiques en 1971[10].
  • Mines d'uranium Henriette (1949-1981) et de Fanay (1951-1992).
  • La roche Branlante ainsi que le rocher de la Baleine.

Cinéma

Le téléfilm Mon cher petit village (2014), a été tourné dans le village.

Pour approfondir

Bibliographie

  • Carte archéologique de la Haute-Vienne, direction J. PERRIER, Limoges, 1993, 11, 17, 77, 101, 27.
  • F. LAGRANGE, Histoire d’Ambazac, Limoges, 1991.
  • Arch. dep. Haute-Vienne, I sem 81 et 82
  • G. TENANT de la TOUR, L’homme et la terre, Paris, 1943.
  • E. NEGRE, Toponymie générale de la France, Genève, 1990.
  • Histoire de Limoges, direction L. PEROUAS, Toulouse, 1989.
  • Guide géologique de la Haute-Vienne, collectif, Musée municipal, Limoges, 1967.
  • M. LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, Recherche sur les prieurés grandmontains de Charente. Architecture et Histoire, 12e, 18e siècles. Mémoire de D.E.A, direction R. Favreau, Poitiers, 1994.
  • Martine LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, Grandmont, de l’ermitage à la seigneurie ecclésiastique, XIIe-XVIIIe siècles, thèse de doctorat de l’université de Poitiers, dirigée par J. Péret, Poitiers, 2004. (Bibliographie détaillée et sources)
  • Martine LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, « L’ordre de Grandmont de l’ermitage à la seigneurie (XIIe-XVIIIe siècles) », Université de Picardie, (Amiens), CAHMER, vol. n° 22, 2009.
  • P. VALLIN, Paysans rouges du Limousin, Paris, 1985.

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Références

  1. Carte IGN sur Géoportail
  2. Arch. dép. Haute-Vienne, E DEP 183/ D 4; E DEP 183 / H 2, garde nationale
  3. Site officiel de la préfecture de Haute-Vienne - liste des maires (doc pdf)
  4. Sébastien Dubois, « La maire de Saint-Sylvestre mise en minorité, le préfet de la Haute-Vienne en appelle au gouvernement », sur lepopulaire.fr,
  5. Décret du 11 avril 2018 portant dissolution du conseil municipal de la commune de Saint-Sylvestre (Haute-Vienne) JORF n°0085 du 12 avril 2018 texte n° 2 NOR: INTA1806947D
  6. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.
  10. a et b « Église Saint-Sylvestre », notice no PA00100491, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture