Regiomontanus

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Regiomontanus
Description de l'image Johannes Regiomontanus.jpg.
Naissance
Unfinden, près de Königsberg (Bavière) (Allemagne)
Décès (à 40 ans)
Rome (Italie)
Champs Astrologie, astronomie et mathématiques

Johannes Müller von Königsberg (Unfinden, près de Königsberg (Bavière) le 6 juin 1436Rome le 6 juillet 1476), plus connu sous son nom latin Regiomontanus[1], est un astronome, mathématicien et astrologue allemand. Ses traités (notamment De triangulis omnimodis, 1464) et ses commentaires sur l'Almageste de Ptolémée, sont à l'origine de la renaissance de la trigonométrie en Europe. L'astrologie lui doit un système de domification qui porte son nom. On l'a connu également sous d'autres noms, suivant les langues : Montereggio, Montroyal.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Il est né à Unfinden (de)[2], un village de Franconie, près de Königsberg en Bavière. Son nom complet en latin est Joannes de Regio monte, qui est abrégé en Regiomontanus (terme latin pour « Königsberg », la montagne du roi).

À l'âge de onze ans, il commence des études à l'université de Leipzig. Trois ans plus tard, il partira à Alma mater Rudolphina, l'université de Vienne en Autriche. Il devient alors le pupille et l'ami de Georg von Peuerbach. En 1457 (il a alors 21 ans), il obtient son diplôme, et commence à donner des cours d'optique et de littérature ancienne. La même année, il fabrique un astrolabe pour Maximilien Ier de Habsbourg, et en 1465, un cadran solaire portable pour le pape Paul II. Son travail avec Peuerbach l'amènera à lire les écrits de Nicolas de Cues, proche de la théorie héliocentrique. Regiomontanus restera cependant partisan du géocentrisme de Ptolémée. Après la mort de Peuerbach, il prendra la suite de la traduction en latin de l'Almageste de Ptolémée, que Peuerbach avait commencée à l'initiative du cardinal Johannes Bessarion. En 1464, il découvre les Arithmétiques de Diophante qu'il traduit du grec, et relance ainsi l'intérêt pour l'algèbre en Occident[3]. Entre 1461 et 1465, Regiomontanus vit et travaille chez le cardinal Bessarion, à Rome. Il écrit De triangulis omnimodis en 1464, puis Epytoma in Almagesti Ptolemei. Plus tard, Nicolas Copernic citera Epytoma parmi les influences qui ont guidé son travail. De triangulis (Sur les triangles), est l'un des premiers ouvrages présentant l'état d'avancement de la trigonométrie à l'époque. Dans cet ouvrage il écrit :

« Vous qui souhaitez étudier de grandes et merveilleuses choses, qui vous questionnez à propos du mouvement des étoiles, vous devriez lire ces théorèmes à propos des triangles. Cette connaissance vous ouvrira les portes de l'astronomie et de certains problèmes géométriques. »

En 1467, il quitte Rome et part s'installer à la cour de Matthias Ier de Hongrie. Là il calculera d'importantes tables astronomiques et fabriquera des instruments d'astronomie.

En 1471 il partira pour la ville libre de Nuremberg, en Franconie, qui était alors un centre important en matière de commerce, d'art, et de connaissances dans le Saint-Empire romain germanique. Regiomontanus est renommé pour avoir construit à Nuremberg le premier observatoire astronomique d'Allemagne, peut-être même d'Europe. Il y publiera de très nombreux tableaux astronomiques.

En 1475 il retourne à Rome pour travailler, avec le pape Sixte IV, sur la réforme du calendrier. Regiomontanus mourra mystérieusement à cette époque : de la peste selon certaines sources, mais plus vraisemblablement assassiné. C'était le 6 juillet 1476, alors qu'il venait tout juste d'avoir quarante ans.

Auteur prolifique, Regiomontanus était déjà internationalement reconnu de son vivant. Bien qu'ayant achevé moins d'un quart de ce qu'il comptait accomplir, il a réalisé une somme de travail considérable. Domenico Maria Novara, professeur de Copernic, fera référence à Regiomontanus comme ayant été son propre professeur.

Contributions[modifier | modifier le code]

La comète de 1475[modifier | modifier le code]

La domification dite de Regiomontanus[modifier | modifier le code]

Un système de domification lui est généralement attribué, bien que son auteur soit sans doute un rabbin d'Espagne du XIIe siècle, nommé Abraham ibn Ezra. Il présente lui-même son système comme un compromis entre ceux d'Alcabitius et de Campanus. Son principe est semblable à celui de Campanus, toutefois les grands cercles de position qui donneront les cuspides des maisons en coupant l'écliptique, sont astreints cette fois à diviser l'équateur céleste en arcs égaux de 30 degrés et non plus le premier vertical[4].

Question d'antériorité[modifier | modifier le code]

La plus grande partie de ce que dit Regiomontanus sur la trigonométrie sphérique dans De triangulis vient, sans que Regiomontanus le mentionne (c'était commun à l'époque), de Jabir ibn Aflah, aussi appelé Geber ; Gerolamo Cardano le note déjà au XVIe siècle[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

De triangulis planis et sphaericis libri

Édition moderne[modifier | modifier le code]

Numérisations du SCD de l'université de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Numérisations du Münchener Digitalisierungszentrum (MDZ)[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

Portent le nom de Regiomontanus :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce nom de Regiomontanus a été créé par Philipp Melanchthon en 1534, 58 ans après la mort de Regiomontanus.
  2. (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « Johann Müller Regiomontanus », dans MacTutor History of Mathematics archive, université de St Andrews (lire en ligne).
  3. A. Dahan-Dalmedico et J. Peiffer (lb), Une histoire des mathématiques – Routes et dédales,‎ [détail des éditions], 1986, p. 104.
  4. Max Duval, La Domification et les transits, Éditions Traditionnelles, Paris 1987.
  5. Victor J. Katz, « Introduction », dans The mathematics of Egypt, Mesopotamia, China, India, and Islam : a sourcebook, Princeton University Press, 2007, p. 4 (ISBN 978-0-691-11485-9).

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Liens externes[modifier | modifier le code]