Principauté du Pinde

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Principauté du Pinde
Πριγκιπάτο της Πίνδου

Printsipat di la Pind
Principato del Pindo

1941 – 1943

Informations générales
Statut Projet de Principauté, non-concrétisé
Langue aroumain
Histoire et événements
1917 Formulation (avec ce nom)
1917 Abandon
1941 Formulation (sans ce nom)
1943 Abandon

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le nom de Principauté du Pinde a été utilisé pour décrire le projet de création dans le nord de la Grèce d'un état fantoche sous protectorat italien à la fin de la Première Guerre mondiale, en juillet et août 1917[1] et par extension, il est aussi utilisé pour désigner les projets, pendant la Seconde Guerre mondiale entre 1941 et 1943, de la « Légion Romaine », organisation de certains Aroumains collaborant avec les forces d'occupation italiennes en Grèce[2]. Cette entité restée à l'état de projet n'a jamais contrôlé les territoires qu'elle revendiquait, ni en 1917, ni en 1941-1943 : dès l'automne 1943, c'est la résistance communiste ELAS qui en prit le contrôle, malgré les assauts de la Wehrmacht contre ce bastion de l'ELAS qui résista longuement à l'armée royale pendant la guerre civile grecque. À la suite de ces épisodes, les dirigeants Aroumains de Grèce, dits Valaques, ont pris soin d'éviter toute revendication d'autonomie territoriale pour ne pas être accusés de séparatisme : la liberté d'expression de leur spécificité culturelle, conforme aux règles de l'Union européenne, satisfait la plupart d'entre eux.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'existence en Macédoine et Épire d'une minorité de langue romane (dite valaque) a été utilisée, pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, par l'Italie pour tenter de rallier à sa cause ces communautés latines. Bien que ces projets aient trouvé quelques partisans comme Alcibiades Diamandis en 1941, la population valaque dans son ensemble a refusé de les cautionner et a préféré se rallier solennellement à la communauté nationale grecque[3].

Événements des années 1941-1943[modifier | modifier le code]

Pendant l'occupation de la Grèce par les forces de l'Axe, les autorités italiennes s'appuyèrent sur un groupe d'aventuriers baptisé « Légion Romaine » et mené par Alcibiade Diamandi de Samarina[4], lui-même influencé par les idées de la Garde de fer roumaine[5], pour projeter la création d'une entité autonome dans la région où vivent la plupart des Aroumains, soit le massif du Pinde, à cheval sur l'Épire orientale et la Macédoine occidentale, plus quelques arrondissements voisins du nord-ouest de la Thessalie.

La Roumanie finançait, depuis 1913, les écoles aroumaines de Grèce, tout en tentant de substituer la langue daco-roumaine à l'aroumain (considéré comme dialectal). Après 1938, ce réseau scolaire privé a été partiellement infiltré par des instituteurs sympathisants de la Garde de fer, qui ont tenté d'embrigader les Aroumains. Début 1941, le régime d'Antonescu (qui venait de rompre avec la Garde de fer et d'emprisonner ses membres) s'opposa à l'entreprise de Diamandis, rejeta ses offres de service et la Roumanie cessa tout financement. Diamandis tenta alors de jouer la carte italienne, mais, recherché par l'ELAS comme collaborateur et traître, il dut fuir la Grèce pour la Roumanie en 1942[6]et fut remplacé à la direction de la « Légion Romaine » par Nikolaos Matoussis, qui dut se réfugier à son tour en Roumanie l'année suivante. Gyula Cseszneky, un fasciste hongrois, est alors pressenti par les Italiens pour prendre la suite, mais le retrait de la guerre de l'Italie mit fin au projet, qualifié parmi les Valaques de « sinistre pantalonnade »[7].

Chefs de la « Légion Romaine des Valaques »[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (el) Ευάγγελος Aβέρωφ-Τοσίτσας, Η πολιτική πλευρά του Κουτσοβλαχικού ζητήματος, Τρίκαλα, Ίδρυμα Ευαγγέλου Αβέρωφ-Τοσίτσα,‎ , 238 p. (ISBN 960-85143-5-5)
  • Evanghelos Avéroff (préf. Maurice Druon), Terre des Grecs, Paris, Stock,‎ , 340 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Evenimentele din lunile iulie-august 1917 în regiunea Munţilor Pind – încercare de creare a uneistatalităţi a aromânilor. documente inedite şi mărturii. studiu istoriografic şi arhivistic, Stoica Lascu, Revista Romana de Studii Eurasiatice, Anul III, Nr. 1-2/2007
  2. Τα παιδιά της λύκαινας. Οι "επίγονοι" της 5ης Ρωμαϊκής Λεγεώνας κατά τη διάρκεια της Κατοχής (1941-1944), (Les enfants de la louve, Les «descendants» de la 5e légion romaine pendant l'Occupation) (1941–1944), Σταύρος Παπαγιάννης (Stavros Papayiannis), Εκδόσεις Σοκόλη. ISBN 978-960-7210-71-5, 1999, 2004, p. 434
  3. Pierre Sintès, Les Valaques du Sud de l'Albanie et la Grèce, in Gilles de Rapper & Pierre Sintès (dir.), Nommer et classer dans les Balkans, École française d'Athènes, Athènes, 2008.
  4. C'est le plus haut village de Grèce en altitude, dans le Pinde, dans le nome de Grevena à la limite de l'Épire
  5. « Légion romaine », en référence au mythe de la « Cinquième légion, gardienne de la Via Egnatia », mythe répandu par les protochronistes et les « Légionnaires » roumains parmi les Aroumains, et qui fait remonter l'origine de ces derniers directement aux légionnaires romains de l'Antiquité.
  6. Où il fut tué trois ans plus tard par Mișu Dulgheru, agent de la police politique communiste.
  7. Michele Rallo: I “Regni-meteora” nell’Europa Orientale durante le guerre mondiali (“Storia del Novecento”, anno V, n. 89, septembre 2008)