Pierrette Petitot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Pierrette Petitot
Pierrette Petitot, l'une des premières femmes maire en France.jpg
Pierrette Petitot, maire de Villetaneuse de 1945 à 1977.
Fonction
Maire
Villetaneuse
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Autres informations
Parti politique
La colonie de vacances « le Chêne vert » aux Salles-Lavauguyon.

Pierrette Petitot, née le à Saint-Denis et morte le , est une femme politique française, membre du PCF. Elle est maire de Villetaneuse de 1945 à 1977, une des premières femmes maires en France, et conseillère générale de la Seine puis de la Seine-Saint-Denis de 1948 à 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et résistance[modifier | modifier le code]

Pierrette Petitot arrive à Villetaneuse en 1928. Très jeune, elle est déjà active en tant que syndicaliste lors des grandes grèves de 1936. Résistante active sous l'Occupation au sein du Parti communiste clandestin, elle travaille au secours national qui s’occupe des cantines scolaires et de l’aide aux familles de prisonniers de guerre.

En 1944, les femmes ont enfin le droit de vote et d’éligibilité. Aux élections municipales de mai 1945, Pierrette Petitot, jeune militante communiste, s’engage sur la liste issue de la résistance qui remporte le scrutin. Yves Mahé est élu maire avant de démissionner quelques mois plus tard. Le conseil municipal choisit alors Pierrette Petitot pour lui succéder.

Pierrette Petitot devient ainsi à 28 ans, l’une des plus jeunes et premières femmes maires de France. Villetaneuse a été très meurtrie par la guerre, le conseil municipal est composé de communistes, de socialistes et de sans-parti (en particulier ceux qui avaient participé à la libération de la ville) et Pierrette Petitot avec son équipe développent en priorité l’action sociale et la protection des enfants. Dès 1945, une consultation pour nourrissons est ouverte rue Roger Salengro. C’est l’ancêtre des centres de Protection maternelle et infantile (PMI).

La municipalité, sur proposition du maire, décide d’envoyer les enfants à la campagne, pour respirer le grand air. Ce sont les premières colonies de vacances. Une propriété à la campagne, « le chêne vert » située aux Salles-Lavauguyon en Haute-Vienne, est achetée en 1951 par la ville. Dans le même temps, est créé le patronage, ancêtre des centres de loisirs.

Pierrette Petitot contribue, au cours de ses mandats, à la naissance d'une ville. Villetaneuse est en effet un gros village en 1945 (comme en témoignait Pierrette Petitot, le centre-ville était surtout habité par des paysans, et les maisons étaient très anciennes[1]). Des années 1950 aux années 1970, le village de Villetaneuse se transforme en petite ville. Dans une commune qui manque de tout (il n'y avait pas d'équipements, pas d’égouts[1], comme dans nombre de petites communes de la banlieue parisienne), Pierrette Petitot met toute son énergie pour obtenir les matériaux et les crédits nécessaires à la construction d'équipements et de logements : les cités Edouard Vaillant, Henri Barbusse, ou Frédéric Ozanam. Elle se bat pour l’agrandissement de l’école Jean-Baptiste Clément, la réalisation de nouveaux équipements scolaires et pour faire venir des lignes de bus[2].

Pierrette Petitot est aussi aux avant-postes lors du projet de construction d'une université. La municipalité donne un avis favorable dès janvier 1960 à la mise en chantier à Villetaneuse de la l'faculté des sciences du nord de Paris, mais alors que l'emplacement prévu est augmenté de 36 hectares au lieu de 20 initialement prévus et englobant alors 31 pavillons, Pierrette Petitot et son conseil municipal bataillent pour que soient garantis les droits des futurs expropriés, dont la réinstallation est sollicitée. Comme l'écrivait Pierrette Petitot, « le ministère de l'éducation nationale restant sourd à cette proposition de l'assemblée municipale, celle-ci décidait, le 15 janvier 1964, la création d'un lotissement permettant la réinstallation des expropriés »[3].

Pierrette Petitot prend également des responsabilités dans la gestion du SCBPE (Syndicat des communes de la banlieue pour l'électricité), au tournant des années 60[4]. Sa présence, dans cette instance intercommunale, est une exception. Les femmes sont à cette époque marginalisées de la scène intercommunale, très peu de femmes sont amenées à représenter leur ville dans les grands syndicats techniques de l'électricité, de l'eau ou du gaz[1].

De 1967 à 1973, Pierrette Petitot est également conseillère générale du canton de Saint-Denis-Nord-Ouest en Seine-Saint-Denis. Elle était conseillère générale de la Seine depuis 1948 : le 25 juillet 1948[5] elle y accédait après le décès du conseiller général Gaston Gouillet, du secteur Saint-Denis-Nord, était réélue du 5e secteur de la Seine en 1953 (Aubervilliers, Pantin Saint-Denis)[6], puis du 22e secteur en 1959 (Pierrefitte-sur-Seine-Villetaneuse-Saint-Denis-Nord)[7].

Âgée de soixante ans, et après plus de trente ans à la tête de la commune, elle décide de ne pas solliciter de nouveau mandat lors des élections municipales de 1977. André Boursier lui succède.

En 2012, la ville donne son nom à la maison de la petite enfance.

Figure de l'histoire de la banlieue parisienne, Pierrette Petitot est décédée le 6 septembre 2014 à l’âge de 96 ans[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1998, elle se voit remettre l’insigne de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur[9] par Marie-George Buffet, ministre des sports.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Film en ligne, Intercommunalité et service public, l'électrification de la banlieue parisienne, témoignage de Pierrette Petitot (14 min 32 s). Film du centre d'Histoire Sociale (CNRS / Université Paris 1), 2014
  2. « Pierrette Petitot nous a quitté », sur Mairie Villetaneuse (consulté le 18 février 2015)
  3. « Les retards dans la construction de la faculté des sciences de Villetaneuse », Le Monde,‎
  4. Deux pages sont consacrées à ce sujet et à Pierrette Petitot dans l'ouvrage de deux chercheurs du CNRS, Emmanuel Bellanger et François-Mathieu Poupeau, "Lumières sur la banlieue" paru en janvier 2014 aux Éditions de l'Atelier
  5. BMO Ville de Paris, 25-26 juillet 1948 Remplacement d'un conseiller général par Mme Petitot
  6. Bottin administratif et documentaire, 1956, cf Préfecture de la Seine, p. 555 : liste des membres du conseil général de la Seine (banlieue)
  7. Libération, 10 et 17 mars 1959, résultats des élections au conseil général de la Seine et des élections municipales
  8. Entretien avec Pierette Petitot, Maitron
  9. Promotion du 13 juillet 1998

Bibliographie[modifier | modifier le code]