Pierre Stibbe

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Pierre Stibbe
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Pierre Stibbe, né le 19 décembre 1912 à Paris et mort le 3 février 1967 à Amiens (Somme), est un avocat, homme politique et résistant français.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est pendant ses études de droit à Paris que Pierre Stibbe décide de s'engager dans l'action politique. Membre des étudiants socialistes en 1934, il participe au courant "Gauche révolutionnaire" mené par Marceau Pivert et devient un des rédacteurs de "Juin 36", la revue de ce courant. En avril 1937, il fait partie des militants des jeunesses socialistes de la Seine exclus du mouvement. Au même moment, il s'inscrit au barreau de Paris.

Après le congrès de Royan de la SFIO, qui voit l'exclusion d'une partie des pivertistes confirmée, il participe à la création du Parti socialiste ouvrier et paysan.

Lorsque le PSOP explose, en 1939, il suit brièvement Jean Rous et les partisans de l'entrée en clandestinité, mais rompt avec ce dernier lors de la création du Mouvement national révolutionnaire, qu'il refuse de rejoindre. Mobilisé quelques semaines avant l'armistice de juin 1940, il est fait prisonnier à Dinard mais parvient à s'évader. Il se réfugie alors à Lyon, où il séjourne jusqu'en 1941.

Il participe alors à la création du journal clandestin et résistant L'Insurgé, dirigé par un ancien du PSOP, Marie-Gabriel Fugère, et auquel participe aussi Gilles Martinet. À la fin de l'année, il gagne Toulouse où, avec Jules Moch, il met en place le réseau de résistance "1793", lié à Libération-Sud. Parti à Grenoble à la fin de l'année 1942, il fait alors partie de "Ceux de la résistance", réseau auquel il continue d'appartenir lorsqu'il arrive à Paris, l'année suivante.

Membre du comité parisien de libération en juin 1944, il est alors l'adjoint de Léo Hamon. Il est désigné comme membre de l'assemblée consultative provisoire, en tant que représentant de son réseau de résistance, et siège comme juré au procès de Philippe Pétain.

Partisan de la fusion de son réseau avec le mouvement de libération nationale, il adhère cependant à la SFIO dès la reconstitution de sa fédération parisienne. Il milite alors au sein de la tendance "Bataille socialiste" et défend donc la motion de Guy Mollet au congrès de 1946.

En 1948, il est exclu du parti comme la plupart des militants de son courant qui avaient condamné l'anti-communisme de la direction. Il fréquente alors plus ou moins toutes les organisations de la "nouvelle gauche" de l'époque : parti socialiste unitaire, Union progressiste, centre d'action des gauches indépendantes, union de la gauche socialiste exerçant le plus souvent des fonctions dans les directions de ces mouvements.

Dès 1947 et pendant les années 1950, il milite dans les milieux anti-colonialistes, mettant notamment ses compétences d'avocat au service de Messali Hadj, du RDA, de Ben Barka, mais aussi et surtout des députés malgaches après l'insurrection de 1947. Il publie en 1954 un ouvrage retentissant, "Justice pour les malgaches".

En 1958, il fut candidat aux législatives sous la bannière de l'Union des forces démocratiques, il participe à la création du Parti socialiste unifié en 1960 et siège au comité politique national de ce parti, puis du bureau national à partir de 1965.

Il décède brutalement, en 1967, pendant une plaidoirie au tribunal d'Amiens.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-F. Kesler, De la gauche dissidente au nouveau Parti socialiste, Toulouse, Éd. Privat, 1990
  • Léo Hamon, Vivre ses choix, R. Laffont, 1991
  • J. Vaudioux, Le Progressisme en France sous la IVe République
  • Jules Moch, Une si longue vie, Paris, Robert Laffont, 1977
  • Yvan Craipeau, Contre vents et marées, Paris, Savelli, 1977