Patrick Moore (écologiste)

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Patrick Albert Moore

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Patrick Moore (2012)

Naissance 1947 (68 ans)
Port Alice, Drapeau du Canada Canada
Nationalité canadien
Profession
consultant
(dans le cabinet de conseil Greenspirit Strategies Ltd à Vancouver)
Autres activités
ancien militant de Greenpeace, lobbyiste
Distinctions
Ford Foundation Fellowship,
Docteur honoraire de la Science North Carolina State University (2005)
US National Award of Nuclear Science délivré par le National Atomic Museum Foundation[1]

Patrick Albert Moore, canadien né en 1947, de formation scientifique (doctorat en écologie animale[2]) se présente généralement comme cofondateur et ancien dirigeant de l'ONG Greenpeace, et comme écologue et « environnementaliste » (et non comme écologiste au sens français du terme). Après avoir quitté Greenpeace, et avoir un temps travaillé dans l'entreprise familiale de salmoniculture, il dirige (depuis 1986) un cabinet conseil et de communication sur le thème de l'environnement et du développement durable. Il est devenu depuis cette époque un critique virulent d'une partie des actions de Greenpeace.
Il estime que le changement climatique n'a pas de causes humaines[3] mais qu'il faut néanmoins, par précaution réduire les émissions de CO2, pour le climat dont on ne sait pas comment il va évoluer, et pour réduire la pression sur les ressources fossiles dont la réduction sera source de tensions géopolitiques graves. Il présente l'énergie nucléaire comme la meilleure solution (« non renouvelable, mais soutenable »[3]) selon lui pour réduire ces émissions, en association avec le bois qu'il juge être la première ressource renouvelables disponible dans le monde[3]. Il considère que le solaire et l'éolien sont renouvelables mais non soutenable car trop intermittentes et produisant une électricité « trop chère », pour les pays pauvres notamment[3].

Après son départ de Greenpeace en 1986, il a créé une entreprise de communication Greenspirit qui s'est notamment mise au service d'entreprises ou de groupes de pression (de l'industrie forestière, de l'industrie du génie génétique et de l'industrie nucléaire, minière ou chimique ou de l'aquaculture[4]).

Ses prises de positions sont parfois controversées, et ses détracteurs ou certains observateurs[4] l'accusent de s'être mis au service d'intérêts, de lobbies et d'entreprises parfois destructeurs d'environnement.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Port Alice (ici vers 1950), où est né P Moore en 1947 (Colombie-Britannique, Canada)
P Moore sur le plateau de TEDx à Vancouvert en 2009[3]

Moore est né en 1947, à Port Alice en en Colombie-Britannique (Canada).

Il a grandi à Winter Harbour, un petit village de pêcheurs de l'île de Vancouver, près de la forêt pluvieuse au sein la troisième génération d'une famille de Colombie-Britannique ayant une longue histoire dans l'exploitation forestière et la pêche. Son père (WD Moore) était le président de l'« association des Truck Loggers » (bûcherons et chauffeurs de poids lourds associés) de Colombie-Britannique et ancien président du Congrès de l'exploitation forestière du Pacifique. À l'âge de 14 ans, il a été envoyé par ses parents dans un Internat à l'école privée Saint-George de Vancouver[5], car il n'y avait pas de lycée dans le petit village de pêcheurs qu'il habitait[6].

  • En 1971, comme de nombreux jeunes de sa génération, il est inquiet par la guerre du Vietnam et par l'existence de la bombe atomique, craignat un conflit nucléaire généralisé. Il dit avoir été encouragé par son père dans sa lutte contre la bombe atomique[7], et avoir été sensibilisé[7] à l'écologie scientifique par l'un de son professeur d'écologie végétale (Vladimír Krajina[8], botaniste et écologue spécialiste des forêts tchèques à l'origine de la création de plus d'une centaines de réserves naturelles au Canada et de la classification en zones biogéoclimatiques, mais qui avant cela fut aussi l'un des principaux représentants de la résistance intérieure non-communiste lors de la Seconde Guerre mondiale, et parlementaire de centre-gauche élu après-guerre (en 1945) et qui a été secrétaire général du Parti national social tchèque (sous la présidence de Jan Masaryk) puis exilé politique en 1948 quand le parti communiste a pris le pouvoir (il a aidé de nombreux réfugiés et a été condamné à mort deux fois, à la fois par le parti nazi et par le parti communiste avant de s'enfuir au Canada[9],[10] tout en ayant été sensibilisé à l'écologie militante par le fait qu'un très grand projet de mine de cuivre avait été à cette époque proposé, qui devait déverser ses déchets en mer, à proximité de sa maison d'enfance à Winter Harbour, ce qui l'a incité à « étudier non seulement l'impact environnemental de l'élimination des résidus, mais le système qui a accordé des permis pour le processus » dont il comprend rapidement qu'il est très opaque )[7]. En mars 1971, alors qu'il préparait sa thèse de doctorat (sur le contrôle des pollutions[7]), il écrit à l'association Don't Make a Wave Committee (association préfiguratrice de Greenpeace) en se proposant de rejoindre à l'équipe qui devait se créer pour la première mission en mer de l'association ; cette mission devait se dérouler sur un vieux chalutier (le Phyllis Cormack, qui sera ensuite renommé le « Greenpeace »), elle était destinée à alerter et mobiliser et l'opinion publique contre les essai nucléaires pratiqués par les États-Unis sur l'île volcanique d'Amchitka (Alaska), un lieu écologiquement très riche. Paul T Cote (qui travaiallait alors à l'Université de Vancouvert) lui répond le 24 mars (sur un courrier[11] estampillé du « bouton Greenpeace »[12]) en l'invitant à rejoindre le groupe début mai. La mission n'arrive pas à stopper l'essai prévu, mais le retarde d'un mois grâce à l'intérêt suscité dans le public par le voyage du Phyllis Cormack (qui se fera arraisonner par la Navy). Les essai suivants sont abandonnés et l'île sera finalement déclarée sanctuaire pour les oiseaux[13].
    Moore explique souvent avoir été très proche de la nature depuis son enfance. Il veut aussi lutter contre la pollution des océans, les massacres de phoques. Il s'implique et fait partie des co-fondateurs de la nouvelle ONG Greenpeace (qui remplace le Don't Make a Wave Committee). Il y restera de 1971 à 1986 en présidant durant 9 ans Greenpeace-Canada[14] et durant 7 ans en tant que directeur de Greenpeace International[14]. Très bon orateur et contradicteur, il est souvent impliqué dans la communication de l'association et il a dirigé plusieurs campagnes de Greenpeace dont des expéditions visant à sauver les baleines, arrêter la chasse au phoque, interdire des mines d'uranium, protester contre l’utilisation de navires de guerre nucléaire, stopper des rejets de déchets toxiques ou encore limiter le trafic maritime de supertankers[5].
  • En 1986, Moore quitte l'ONG, « pas nécessairement de son propre choix » selon un autre membre de Greenpeace[15]. Moore justifie son départ par le fait que - selon lui - Greenpeace "« a pris un virage vers la gauche politique » et a « évolué vers l'extrémisme et des programmes politiquement motivées »[16],[17]. Il renie alors la plupart des propos et idées qu'il a antérieurement expirmés et soutenu, notamment sur l'énergie nucléaire, les centrales nucléaires et les déchets radioactifs qu'il considérait antérieurement comme très dangereux[18], revirement qui intrigue certains observateurs[19].
    Depuis 1984, selon son 'autobiographie', il s'est impliqué dans l'entreprise familiale de salmoniculture (« Quatsino Seafarms Ltd.», Quatsino étant le nom d'une tribu amérindienne locale). Selon Moore, c'est lui-même qui a suggéré à son frère (Peter Taylor Moore) d'installer près de son domicile de Winter Harbour cet élevage du saumon, à l'image de ce que commençaient à faire quelques pionniers canadiens de la salmoniculture qui imitaient les systèmes d'écloserie et d'enclos d'élevage en mer déjà développés par les norvégiens outre Atlantique. L'effondrement des populations de poissons sauvage est devenue évidente dans presque tout l'hémisphère nord, et l'aquaculture apparait comme l'une des solutions à ce problème et Moore dit avoir cherché à faire soutenir par Greenpeace la salmoniculture comme solution durable à la surpêche, mais deux écoles s'opposent déjà à cette époque au Canada, avec d'une part les défenseurs d'une aquaculture industrielle qui laisse les excréments et restes de nourriture s'évacuer en mer (défendue par P Moore) et des associations qui encouragent une aquaculture en circuit fermé avec traitement des déchets soutenue par Greenpeace, la « Fondation David Suzuki » et la « Coastal Alliance for Aquaculture ».
    Les poux du saumon ne posent pas encore de problème et on ne parle pas encore de saumons transgéniques, mais des membres de Greenpeace citant en exemple la destruction des mangroves pour la crevetticulture estiment que la salmoniculture pourrait aussi poser problème, de par le besoin de pêche minotière pour produire les aliments des saumons et par les impacts des rejets de ces piscicultures.
    En 1986, P. Moore est élu président de l'association des salmoniculteurs de Colombie-Britannique [20]. En 1998, après des allégations faites par le syndicat United Fishermans and Allied Workers Union à propos de la pollution par l'industrie en général, le Vancouver Sun citera P Moore qui juge alors fausse les allégations faites par le syndicat, et qu'il n'y a pas de pollution générée par la pisciculture, et notamment pas de pollution génétique[21]. En 2011, il juge encore rétrospectivement infondées les plaintes de ceux qu'il qualifie d'« activistes »[22] anti-salmoniculture, et il maintient que cette activité est « l'une des plus propres industries de la planète et celle qui produit la nourriture la plus saine au monde »[22], niant qu'une salmoniculture puisse être comparée à « des villes de 500.000 personnes, pour le rejet de leur eaux usées brutes » non traitées dans l'environnement, arguant que « La principale raison de préoccupations au sujet des déchets humains non traités est la transmission de maladies, pas les déchets lui-même » qui au contraire dans le cas des saumons « augmentent la productivité de la région »[22].
    Concernant les craintes de pollution génétique et de concurrence avec des poissons d'élevage enfuis en mer, il oppose aux partisans d'un élevage sécurisé de manière à éviter les fuites de saumons d'élevage, que leurs arguments ne sont pas (selon lui) cohérents : si des poissons d'élevage évadés d'enclos s'accouplent avec des poissons sauvages, leur progéniture sera génétiquement diminuée et incapable de rivaliser dans la nature ; une variante de cette préoccupation est que si un poisson d'élevage s'échappe, il supplantera le poisson sauvage et le déplacera[22]. Les militants ne peuvent pas jouer sur les deux tableaux : Soit le saumon d'élevage est inférieur et ne sera pas en mesure de rivaliser, soit il est supérieure et les évincera[22]. « En fait, les critiques ont tort sur ces deux points, car dans la nature, la règle est la loi du plus fort » estime Moore)[22]
  • En 1990, il devient membre (appointé par le gouvernement[14]) de la « Table ronde de l'environnement et de l'économie de Colombie-Britannique »[23],[24] qui contribuera notamment à préparer la position du Canada lors du Sommet de Rio et fonde et préside le B.C. Carbon Project., qui aboutira notamment au B.C. Carbon Market[25].
  • Dans les années 1990 il rejoint également (en 1991), le conseil d'administration de l'« Alliance des forêts de la Colombie-Britannique », groupe créé par des dirigeants des grandes compagnies et petites entreprises forestières de Colombie-Britannique. Il y préside un Comité sylviculture durable avec lequel il passera dix ans à travailler sur ce que ce groupe estime être les principes de la sylviculture durable, qui seront ensuite adoptés par beaucoup d'entreprises de la filière forêt-bois ou intégrés dans divers écolabels, certificats ou labels de qualité[26],[27].
    Cette même année 1991, P Moore fonde « Greenspirit », une un cabinet de conseil qui se présente comme voulant « promouvoir le développement durable à partir d'une plate-forme scientifique de l'environnement »[28]. En 1994, Crestbrook Forest Industries le mandate pour faciliter un audit environnemental par une tierce partie indépendante des opérations forestières pour vérifier l'affirmation selon laquelle l'entreprise mènent bien une politique forestière durable tel que définie par l'état de l'art dans le domaine. En 1996, il est missionné[5] par BHP Minerals (Canada) Ltd. pour rédiger un document sur les impacts environnementaux des rejets sous-marins d'environ 400 millions de tonnes résidus miniers réalisés durant 23 ans dans le fjord voisin à 50 m de profondeur par la plus grande des mines de l'Île de Vancouver. P Moore la présente comme une mine de cuivre, mais cette mine active de 1970 à 1995 produisait aussi de l'or, de l'argent, du Molybdène et des sous-produits du Rhénium, et le trou qu'elle a laissé est l'un des plus grands au monde[29],[30].
    En 1997, il est auditionné par le « US House of Reresentatives Committee on Resources in Washigton DC » à propos de la gestion forestière, de l'environnement et de la santé; et en 1996 et 1997 il participe au travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur les forêts de la Commission des Nations Unies pour le développement durable, à Genève et à New York (en tant que délégué de la FABC, l'Alliance forestière de la Colombie-Britannique[31]).
  • Dans les années 2000 ; en 2000, Moore publie « Green Spirit - Trees are the Answer » (Green Spirit ; les arbres sont la réponse) un livre de photos sur les forêts qui montre comment l'arbre pourrait aider à résoudre certains problèmes environnementaux.
    Il a également fait deux apparitions sur Penn & Teller: Bullshit! dans les épisodes Hysteria de l'environnement (2003) et les espèces menacées (2005). Il est invité comme conférencier par des groupes tels que UBS Warburg, Agri-Food Canada, Association for Investment Management and Research, et l'Institute of Wood Science. Il fait notamment une conférence devant environ 1500 membres de la Société des forestiers de Philippines lors d'une manifestation organisée par le ministre des Ressources naturelles des Philippines[5].
    En 2002, avec Tom Tevlin et Trevor Figueired, il crée une nouvelle société de conseil et de communication en environnement Greenspirit Strategies Ltd dont il est à la fois président et directeur scientifique. Cette société se présente comme « une entreprise dont le seul objectif est la communication sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et développement durable »[32]. Selon la notice le présentant comme intervenant au colloque, Patrick Moore est « co-fondateur, président et directeur scientifique de Greenspirit Strategies, une société de conseil basée à Vancouver qui fournit un travail payé de relations publiques, d'organisation de conférences, de lobbying, et de participation à des comité gouvernementaux ou industriels relativement à un large spectre de questions environnementales et de développement durable. C'est un orateur fréquent de réunions de groupes associatifs, d'industriels, universitaires ou politiques »
    Moore a été durant 4 ans vice-président Environnement de "Waterfurnace International manufacturing geothermal heat pumps", entreprises leader du marché des pompes à chaleur valorisant l'énergie géothermique[33].
    Il est en 2001, il est retenu par IPEX, le premier fabricant de PVC du Canada pour « intervenir dans la politique environnementale de la candidature de Toronto aux jeux olympiques de 2008 »[5]. En 2003, il défend toujours l'industrie du bois et en conférence devant le Center for Paper Business and Industry Studies (CPBIS) considère que toute politique encourageant à utiliser moins de bois serait contre-productive en termes de diminution des émissions de CO2[34].
    En 2004, lors d'une audience publique au Boston City Hall le 23 octobre, en se disant proche de l' "écologiste sceptique" Bjørn Lomborg, et contre la plupart des autres experts invités, il se fait l'avocat de l'Industrie du plastique contre un projet communal visant à interdire dans les achats publics de la commune l'acquisition produits en polychlorure de vinyle (PVC)[27]. Il défend aussi le PVC, le vinyle et plus généralement les produits chlorés dans une vidéo promotionnelle produite par le lobby "Vinyl Institute" (créé en 1982 pour défendre et promouvoir les organochlorés de l'industrie des plastiques)[35]. Dans cette vidéo, il dit qu'une des raisons qui l'ont poussé à quitter Greenpeace est le fait que l'ONG estimaient qu'il fallait éviter de produire des produits chlorés, alors qu'il estimait et estime encore qu'ils peuvent être produits proprement, avec une bonne ACV (analyse du cycle de vie) et sont utiles partout dans le monde, pour la médecine notamment, les tuyaux ou les fenêtres isolantes....Il intervient avec les mêmes arguments dans une autre vidéo produite par "Vinyl news service"[36].
  • En 2006, Moore lance avec son entreprise et Christine Todd Whitman une nouvelle initiative, financée par l'industrie, la Coalition pour l'énergie propre et sûre, qui encourage une utilisation accrue de l'énergie nucléaire[37],[38]. Son statut d'ancien militant et co-fondateur de Greenpeace est souvent mis en avant par lui-même ou par de grands journaux qui lui ouvrent volontiers leurs colonnes, dont le Washington Post par exemple[39]. Trois ans plus tard (en 2009) il obtient le US National Award of Nuclear Science, de la fondation National Atomic Museum Foundation[1] pour son travail d'information et d'avocat de la cause du nucléaire comme source d'énergie[1] qu'il juge particulièrement sûre, même en cas d'acte terroriste (« les 6 pieds d'épaisseur de l'enceinte renforcée de confinement en béton protègent le contenu d'un réacteur de l'extérieur ainsi que l'intérieur. Et même si un jumbo-jet se jetait sur un réacteur en violant l'enceinte de confinement, le réacteur n'exploserait pas » affirme-t-il dans le Washington Post[37]). Très à l'aise devant les caméras ou le public, il n'hésite pas à argumenter et contre argumenter pour défendre un point de vue qu'il présente comme le sien ; par exemple dans le film Gentilly Or Not To Be sorti en 2012, qui porte sur l’état de la centrale nucléaire Gentilly-2 (Bécancour, Québec) ou avec TEDx à Vacouvert en 2009 [3].
  • En 2010, alors que les citoyens et ONG s'émeuvent de continuer à voir disparaitre les arbres géants de la dernière forêt primaire pluvieuse de Colombie britannique, Moore qui a depuis plusieurs décennies défendu la sylviculture et l'industrie du bois comme source de fibres et d'énergie renouvelables va aussi défendre l'industrie indonésienne des bois exotiques : il est recruté par l'entreprise d'exploitation forestière et papetière indonésienne Asia Pulp & Paper (APP) pour la représenter. Alors que cette multinationale se présente depuis le début des années 2000 comme engagée dans une démarche de développement durable[40] elle est accusé par de grandes ONG environnementales (voire dans le monde de la finance[41]) de pratiques illégales et/ou d'être peu respectueuses de l'environnement et des populations autochtones, et plus tard de ne pas (plusieurs fois de suite) tenu l'engagement « zéro déforestation » qu'elle a pris, bien que ceci soit fortement contesté par Moore[42] qui affirme notamment que la chaîne de traçabilité de cette entreprise lui permet de savoir d'où vient chaque morceau de bois utilisé par l'entreprise et d'ainsi garantir qu'il ne provient pas d'une coupe illégale[43]. WWF a proposé un système de certification FSC et un objectif « Zéro déforestation », ou a minima pour 2020 un objectif mondial « ZNDD » (Zero Net Deforestation and degradation)[44], déjà repris par certains pays ou régions dont en Amazonie[45], en lien avec des systèmes de compensation carbone[46].
  • En 2012, il parle aussi de « pétrole éthique » (ethical oil[47],[16]) et défend aussi l'industrie pétrolière canadienne, par exemple en 2012 lors d'une conférence (filmée) intitulée Patrick Moore: Environmentalists wrong about Canadian oil (Les environnementalistes se trompent à propos du pétrole canadien), faite à l'invitation de l'Institut Fraser, en arguant qu'on n'a pas de preuves que le carbone fossile soit à l'origine d'un réchauffement, qui selon lui n'est d'ailleurs pas mesuré en antarctique ou dans la mer, concluant sa conférence en rappelant qu'aucune industrie n'emploie plus de membres des premières nations que l'industrie pétrolière et extractive du Canada[48]Il estime même qu'en extrayant le bitume des sables bitumineux, l'industrie nettoie les sols, avant de les replanter, ce qui rend cette activité soutenable[16]. Il pense qu'on ne peut pas se passer de pétrole avant longtemps, et que plutôt que l'interdire ou le limiter, il faut réduire les impacts environnementaux de l'extraction et du transport du pétrole[49].

Prises de position controversées[modifier | modifier le code]

P Moore a souvent pris des positions tranchées, en faveur du monde industriel, qu'il justifie par de besoin d'une approche réaliste et pragmatique des questions environnementales, mais ses détracteurs lui reprochent d'utiliser son image d'ancien militant de Greenpeace, qu'il met presque systématiquement en avant dans ses conférences et ouvrages, pour éviter d'apparaitre comme un lobbyiste rémunéré ou une source non-indépendante[50] ; nombre des entreprises pour qui il a travaillé ont fait appel à lui après que Greenpeace ait mis en question ou dénoncé leurs impacts environnementaux négatifs remarque G Laden de Greenpeace[50], qui ajoute que « M. Moore a travaillé pour des pollueurs bien plus longtemps qu'il n'a jamais travaillé pour Greenpeace » remarque G Laden[50].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

P Moore en 2012, lors d'une réunion organisée par le Think tanks Friends of Europe sur le thème : One year after Fukushima: The future of nuclear energy in Europe (Un an après Fukushima, le futur de l'énergie nucléaire en Europe)

Moore, en tant que membre du Clean and Safe Energy Coalition[51] et du groupe Kurion spécialisé dans le traitement des déchets, nucléaires notamment[52] est pro-nucléaire[53],[54]

En 1976, Moore avait déclaré que les centrales nucléaires étaient les « appareils les plus dangereux jamais créés par l'homme[55] ». Toutefois, Moore après avoir quitté Greenpeace devient un fervent défenseur de l'utilisation de l'énergie nucléaire, en même temps que des énergies renouvelables (hydroélectrique, géothermique, biomasse et parfois éolienne). Il utilise des formules choc "« Use nuclear energy »"[56],[57] et soutient que n'importe quel plan réaliste de réduction de la dépendance aux hydrocarbures fossiles et donc à la réduction de l'émission de gaz à effet de serre doit inclure une utilisation accrue de l'énergie nucléaire[58],[59]. Il a publiquement reconnu que ses vues actuelles contredisent certaines de ses propres positions passées. Un autre pionnier de l'écologisme, Stewart Brand, a fait le même aveu.

Climat[modifier | modifier le code]

Patrick Moore est « climato-sceptique » et l'est encore en 2014, considérant qu'il n'existe toujours aucune preuve de l’existence d'un changement climatique d'origine anthropique[17],[14], et avec le think tank "Heartland Institute"[60] l'un des critiques de la théorie de l'origine humaine du réchauffement climatique ; théorie selon lui sans fondements scientifiques. Ainsi, il a déclaré en 2014 devant un comité du Sénat des États-Unis : « Il n'y a pas de preuve scientifique que les émissions humaines de dioxyde de carbone (CO2) soient la cause dominante du réchauffement mineur qui a affecté l'atmosphère terrestre dans les cent dernières années[61]. ». Il se présente et a été présenté comme fervent partisan de l'hypothèse Gaïa de James Lovelock[27].

Biotechnologies[modifier | modifier le code]

L'industrie des biotechnologies voit en l'ancien et médiatique membre de Greenpeace qu'est P Moore un défenseur intéressant de ces technologie émergentes et rapidement controversées, par les grandes ONG notamment. Moore est invité en 2000et auditionné par la Commission royale de Nouvelle-Zélande sur les modifications génétiques, et il effectue cette même année une tournée de deux semaines en Asie du Sud. Cette tournée est organisé par l'ISAAA (« International Service for Assistance with Agri-Biotech Applications »[62])[5] (un organisme international de promotion des applications agronomiques des biotechnologies, notamment soutenu par et Monsanto, Bayer CropScience, CropLife International, le KGT-TBP-Tree Biotechnology Programme, le Département américain de l'agriculture, et le US Soybean Export Council[63]...) pour notamment animer « des séminaires à Bangkok et Jakarta sur les avantages de la biotechnologie pour les agriculteurs des pays en développement »[5]. Et il soutient durant plusieurs années (et jusqu'en 2014 au moins) une campagne publicitaire en faveur du riz transgénique Golden Rice[64],[65].

Publications[modifier | modifier le code]

P Moore a créé sa propre maison d'édition, qui a publié 3 ouvrage dont le premier est autobiographique

  • Green Spirit: Trees Are the Answer Essai, publié le 1er aout 2000
  • Confessions of a Greenpeace Dropout: The Making of a Sensible Environmentalist (2010), Beatty Street Publishing, Inc. 408 pages[66]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c communiqué fait par P Moore pour annoncer sa nomination au prix US National Award of Nuclear Science : Vancouver March 6, 2009 - Greenpeace co-founder Dr. Patrick Moore will receive the National Award for Nuclear Science from the Einstein Society in Albuquerque, New Mexico, at a gala dinner on March 7
  2. a et b Termium (banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada) du Gouvernement canadien
  3. a, b, c, d, e et f TEDxVancouver - Patrick Moore 2009-11-21
  4. a et b Public Citizen : Disclosure of Patrick Moore
  5. a, b, c, d, e, f et g Biographie (par l'auteur lui-même), consulté 2014-07-12
  6. Source : Film promotionnel sur le vinyl réalisé par vinylnewsservice, et déposé sur Youtube (P Moore s'y présente au début du film)
  7. a, b, c et d Interview with Patrick Moore, sur le site de King Orchards, consulté 2014-07-12
  8. Vladimír Krajina sur wikipédia tchèque
  9. Fiche d'archive de Vladimir Krajina (Past Faculty), UBC
  10. Drabek J biographie de Vladimir Krajina ; lien vers une présentation par l'éditeur
  11. Courrier dactylographié signé de T Cote, destiné à R Moore, daté 24 mars 1971, en réponse au Courrier de P Moore du 16 mars 1971
  12. L'ONG vendait des boutons (ancêtres des pin's) avec deux petits logos pour financer ses actions
  13. Amchitka : the founding voyage In 1971, a small group of activists set sail to the Amchitka island off Alaska to try and stop a US nuclear weapons test. The money for the mission was raised with a concert, their old fishing boat was called “The Greenpeace”. This is where our story begins, Greenpeace, 15 mai 2007, consulté 2014-07-12
  14. a, b, c, d et e Patrick Moore Greenspirit
  15. Lobbywatch Patrick Moore 'Greenpeace founder supports biotechnology' ran the headline on the AgBioworld press release about Patrick Moore's support for AgBioWorld's 'Declaration in Support of Agricultural Biotechnology'
  16. a, b et c Ethical Oil: The Case for Canada's Oil Sands, Ezra Levant p. 145
  17. a et b Thornhill T, article intitulé Humans are NOT to blame for global warming, says Greenpeace co-founder, as he insists there is 'no scientific proof' climate change is manmade 2014-02-27
  18. Ex : “ Nuclear powerplants are, next to nuclear warheads themselves, the most dangerous devices that man has ever created. Their construction and proliferation is the most irresponsible, in fact the most criminal, act ever to have taken place on the planet
  19. Watson P (2006) The Strange Transformation of Dr. Patrick Moore”, Independence News Scoop, April 2006
  20. British Columbia Salmon Farmers Association depuis renommée BC salmon farmers association
  21. Article du journal The Vancouver Sun, 23 juin 1988
  22. a, b, c, d, e et f Argumentaire écrit par Patrick Moore, contre les détracteurs de l'élevage en mer de saumons, dans le National Post du 29 mars 2011 intitulé Reports from the environmental front since 1996 ; Fish not foul (le poisson n'est pas sale), sur le site ecosense.me
  23. Moore, Patrick. "Resume of Patrick Moore, Ph.D.". Greenspirit. Archives du site original le 2005-09-10. consulté 2007-03-13.
  24. British Columbia Round Table on the Environment and the Economy [Miscellaneous publications. Victoria: BC Round Table ]International Institute for Sustainable Development
  25. B.C. Carbon Market
  26. Conférence intitulée Give Public “New Pair of Eyes” to View Landscape, Says Ex-Radical ; sur le site de l'Utah State University
  27. a, b et c Bennett, Drake (March 2004). "Eco-Traitor". Wired magazine
  28. [ Greenspirit ]
  29. Island Copper Mine fonds, archives ESA ; Acc. No. 2000-069, avec illustration, consulté 2014-07-12
  30. Vidéo Island Copper Pit déposée sur youtube par Michael Jacobsen le 4 mars 2011
  31. FABC stands for Forest Alliance of British Columbia , consulté 2014-07-12
  32. Greenspirit Strategies Ltd. (GSL) is a firm whose sole focus is corporate social responsibility (CSR) development and sustainability communications.
  33. Historique de l'entreprise WaterFurnace International, Inc, par elle-même
  34. Center for Paper Business and Industry Studies (CPBIS) Dr. Patrick Moore, Founder of Greenpeace, to Speak At CPBIS Distinguished Lecture Series
  35. Dr. Patrick Moore: "Benefits of PVC/Vinyl" , You tube, par le Vinyl Institute
  36. An Overview of the Benefits of Vinyl, où il insiste sur le fait que le PVC peut être théorique, et dément aussi que les jouets pour enfant en PVC puissent poser problème, sans toutefois évoquer les additifs du PVC
  37. a et b Moore, Patrick (2006-04-16). "Going Nuclear". Washington Post
  38. Clean and Safe Energy Coalition ; Nuclear Energy is America's Clean & Safe Energy
  39. Moore P (2006) Going nuclear : A green makes the case. Washington Post, 16(04).
  40. Asia Pulp & Paper Company Ltd. (APP). 2001. “APP Sustainable Operations – Focus: Indah Kiat Perawang.” Unpublished presentation dated July 2001.
  41. Hill, Christine (1998) “Asia Pulp & Paper’s Fall From Grace.” Global Finance , December
  42. Article du journal Teh Guardian intitulé "Why is a former Greenpeace activist siding with Indonesia's logging industry?" par George Monbiot. 2 décembre 2010.
  43. Dr. Patrick Moore on Sustainable Forestry Practices, sur You tube, déposé par Asiapulpandpaper
  44. Zero Net Deforestation by 2020, WWF, consulté 2013-07-12
  45. Hecht SB (2012) From eco-catastrophe to zero deforestation ? Interdisciplinarities, politics, environmentalisms and reduced clearing in Amazonia. Environmental conservation, 39(01), 4-19 ([1]).
  46. Moutinho, P. (2007). Reducing carbon emission by slowing deforestation: Promoting “Compensated Reduction” in Brazil. Communication présentée à l’atelier de Paris sur la déforestation évitée (résumé).
  47. ur Toutube : From Radical To Realist - An Interview with Patrick Moore, déposé le 14 décembre 2012 par "Liberty In Our Time"
  48. Patrick Moore: Environmentalists wrong about Canadian oil déposé sur You tube le 18 mai 2012 par l'Institut Fraser
  49. Sur Youtube : Dr. Patrick Moore talks Gateway Lifelong environmentalist and ex-Greenpeace activist Dr. Patrick Moore says sustainability is finding balance between human needs and protecting the planet, vidéo déposée le 30 mai 2012 par EnbridgeMedia
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  53. (en) « Coalition Statement on Spent Fuel Management », sur casenergy.org
  54. (en) « IAEA - Nuclear Re-Think », sur www.iaea.org
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  56. Patrick Moore (2007), "http://www.nj.com/opinion/times/editorials/index.ssf?/base/news-0/1190347697259160.xml&coll=5 Use nuclear energy]", article paru dasn The Times of Trenton (New Jersey), 2007-09-21.
  57. The sham of nuke power & Patrick Moore, The Free Press February 28, 2007
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  60. Heartland Institute is “the world’s most prominent think tank promoting skepticism about man-made climate change.”— The Economist, May 26, 2012
  61. « There is no scientific proof that human emissions of carbon dioxide (CO2) are the dominant cause of the minor warming of the Earth’s atmosphere over the past 100 years. » Déclaration du 25 février 2014 devant le Sénat des États-Unis, consultable sur le site du Sénat américain.
  62. Site internet de l'ISAA
  63. ISAA Donor Support Groups , consulté 2014-07-12
  64. Campagne Golden Rice Now, par allowgoldenricenow.org, consulté 2014-07-12
  65. Patrick Moore Ecologist, Environmentalist, Leader of 'Allow Golden Rice Now!' Campaign, par Oryza.com, consulté 2014-07-12
  66. More PA (2010) Confessions of a Greenpeace Dropout: The Making of a Sensible Environmentalist ; Beatty Street Publishing, Inc. (ISBN 0986480827 et 978-0986480829)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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