Paix d'Amiens

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« Le premier baiser depuis dix ans ! ou la rencontre entre Britannia et le Citoyen français. »
Le Citoyen français : « Madame, permettez-moi de témoigner de ma profonde estime envers votre charmante personne et de sceller sur vos lèvres divines mon attachement éternel ! » Britannia : « Monsieur, vous êtes un gentleman vraiment bien élevé ! Bien que vous me fassiez rougir, vous embrassez si délicatement que je ne puis rien vous refuser, même si j'étais certaine que vous me tromperiez encore ! ». Caricature de James Gillray (1er janvier 1803).

La paix d'Amiens est le nom donné à la période de paix qui s'amorce avec le traité d'Amiens, signé le entre le Royaume-Uni d'une part et la France, l'Espagne et la République batave, de l'autre part.

La paix ne dure que treize mois et prend fin le 18 mai 1803. C'est la seule période de paix générale en Europe de l'ouverture des hostilités entre la France et le Saint-Empire au printemps 1792 jusqu'à la première abdication de Napoléon Ier en 1814.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après les victoires de Bonaparte à Marengo, de Moreau à Hohenlinden et de Brune et de Murat en Italie (plaine du et Toscane), les Autrichiens se séparent de la Deuxième Coalition et signent avec la France le traité de Lunéville le . Naples signe ensuite la paix à Florence, et la Russie de Paul Ier prend ses distances jusqu'à ce que son successeur Alexandre Ier conclue une convention de paix secrète avec Bonaparte le .

Au Royaume-Uni, William Pitt est renversé le . Les Britanniques sont isolés et envisagent la paix. Bonaparte attend les résultats de l'expédition d'Égypte, qui aboutit à une impasse après l'assassinat de Kléber. L'armée reprise par Menou ne peut résister à la contre-offensive anglo-ottomane.

Les négociations s'ouvrent à Londres, menées, côté français, par Louis-Guillaume Otto, et les préliminaires sont signés le 1er octobre 1801 (9 vendémiaire an X). Le congrès d'Amiens débute le 5 décembre. Il rassemble la République française, le royaume d'Espagne et la République batave (anciennes Provinces-Unies) d'un côté et le Royaume-Uni de l'autre. La France est représenté, comme à Lunéville, par Joseph Bonaparte, l'Espagne par José Nicolás de Azara et la Baravie par Rutger Jan Schimmelpenninck, le Royaume-Uni Cornwallis, qui s'engage aussi au nom de l'Empire ottoman, son allié.

Le traité est conclu le (4 germinal an X), puis signé le 27 à l'hôtel de ville.

Conditions[modifier | modifier le code]

Le traité stipule la restitution de toutes les possessions qui étaient prises pendant la guerre sauf l'île de la Trinité et Ceylan, qui sont laissées aux Britanniques. La Colonie du Cap retourne aux Pays-Bas, les frontières sont fixées entre la Guyane française et le Brésil, la République des Sept-Îles (îles Ioniennes) est reconnue, les droits des pêches de Terre-Neuve et sur le bois de Saint-Pierre-et-Miquelon sont délimités, les droits de la maison de Nassau aux Pays-Bas sont compensés et le statut de Malte et des chevaliers de Saint-Jean prévoit leur indépendance à l'égard du Royaume-Uni et de la France.

Naples et Rome doivent être évacués par la France. Portoferraio doit être évacué par le Royaume-Uni, qui ne reconnaît toutefois pas les modifications territoriales issues de la Révolution française.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Loi du 30 floréal an X (20 mai 1802).

Adoptée dans la foulée du traité, la loi du 30 floréal an X (20 mai 1802) ne rétablit pas, à proprement parler, l’esclavage. Toutefois, le Premier consul déclare devant les chambres et le Sénat : « À Saint-Domingue et à la Guadeloupe, il n'y a plus d’esclaves, tout y est libre et tout y restera libre », mais il laisse entrevoir dans ses instructions secrètes au général Leclerc que l'esclavage devra être rétabi : à la Martinique, prise par les Anglais durant la Révolution et rendue aux Français après le traité d'Amiens, ce seront des principes différents. La Martinique a conservé l'esclavage et l'esclavage y sera conservé. Légalement, ce texte ne rétablit l’esclavage ni en Guyane ni en Guadeloupe ni à Saint-Domingue. Dès le début des négociations avec l'Angleterre, Bonaparte charge Leclerc, son beau-frère, de conduire l'expédition de Saint-Domingue et de rétablir dans l'île l'ordre et l'autorité de la France. L'expédition subit une défaite face aux Noirs, libérés de l'esclavage depuis 1793, qui sont aidés par le climat de l'île et qui n'hésitent pas à incendier eux-mêmes la capitale de Saint-Domingue, Port-au-Prince. Décimés par la fièvre jaune, les soldats de l'armée du Rhin sont acculés à la mer. Pendant ce temps, les Britanniques voient d'un mauvais œil le retour de la France dans les colonies. Des navires corsaires harcèlent les navires français et compromettent le ravitaillement. À la Guadeloupe, une expédition militaire française parvient à rétablir l'esclavage au prix d'un conflit qui coûtera la vie à dix pour cent de la population.

Jugeant la défense de l'Amérique française trop difficile contre l'Angleterre, à cause de sa situation lointaine et la suprématie navale anglaise, Bonaparte vend l'immense territoire de la Louisiane aux États-Unis, en 1803, seulement trois ans après avoir négocié auprès de l'Espagne sa restitution à la France.

La paix est rompue après le retour au pouvoir de William Pitt le Jeune, qui organise la Troisième Coalition et déclare la guerre à la France. L'armée des émigrés menace à nouveau la France, et les intrigues visant à restaurer Louis XVIII se développent, en plus de la conspiration contre Bonaparte de Cadoudal et l'affaire du duc d'Enghien.

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