Organisation révolutionnaire anarchiste

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L’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) est une organisation communiste libertaire fondée en 1967 et qui disparait en 1976[1].

Historique[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1960, une nouvelle génération de militants libertaires est déçue du travail purement idéologique d'organisations dont la raison d'être est de regrouper toutes les tendances de l'anarchisme. Dans un premier temps ces militants se regroupent en tendances à l'intérieur des organisations existantes. En 1967, les communistes libertaires se regroupent à nouveau dans la Fédération anarchiste et créent en son sein une nouvelle tendance organisée, l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) qui édite la feuille L'Insurgé. Preuve qu'il existe une certaine coordination internationale, ces tendances prendront toutes à peu près le même nom : Organisation révolutionnaire anarchiste. Il y a rapidement des tendances organisées au Royaume-Uni, en France et en Italie. Ces dernières font scission au début des années 1970 et se retrouvent comme organisations à part entière dans leurs pays respectifs. En 1969 est créée une Fédération anarchiste communiste d’Occitanie (FACO) par Guy Malouvier, qui adhère à l’ORA. Dès 1970, l’ORA se détache progressivement de la Fédération anarchiste pour devenir au cours de l’année une organisation spécifique. Sous l'impulsion des Français une coordination internationale se crée et toutes adoptent la plate-forme comme référence historique et organisationnelle centrale.

En 1971, Le MCL et l’ORA tentent un rapprochement qui échoue malgré l’intervention et la médiation de Daniel Guérin. En juillet, un groupe du MCL rejoint l’ORA. Quatre groupes de l’ORA rejoignent le MCL et donnent naissance à la première Organisation communiste libertaire (OCL-1) lors d’un congrès constitutif à Marseille.

La FACO se retire de l’ORA après des désaccords portant entre autres sur la question de la nationalité.

Du 1er au 4 août, l’Internationale des fédérations anarchistes tient à Paris son 2e congrès. À partir de juillet, les cercles Front libertaire, qui représentent la structure d’accueil des sympathisants de l’ORA, se créent. Leur appartenance n’entraîne pas une adhésion systématique à l’ORA.

Des militants quittent l’ORA pour rejoindre l’Union des communistes de France - marxiste léniniste (groupe maoïste).

En 1972, l’ORA exclut des militants qui appuyaient les « candidatures révolutionnaires uniques » aux élections législatives. Une minorité d’entre eux va renforcer Lutte ouvrière, tandis que la majorité rejoint la Ligue communiste.

D'après de nombreux militants ayant participé à ces organisations, l'expérience sera marquée par un certain « gauchisme » et une logique partidaire de concurrence avec les autres organisations d'extrême-gauche[2]. Au milieu des années 1970 les ORA éclatent en France et au Royaume-Uni, tandis que l'organisation s'étiole en Italie.

En 1974, l’OCL éclate définitivement à la suite de son évolution conseilliste qui date de 1971. Le reste de ses militants, renforcé par la venue de deux groupes scissionnistes de l’ORA, fonde une nouvelle organisation et une revue, Rupture. Celle-ci veut contribuer à « l’élaboration du projet communiste à l’émergence d’un mouvement communiste radical ». Une partie des membres de ce regroupement (groupe de Beauvais) participe en juin 1974 à une rencontre qui réunit à Paris différents groupes et individus de sensibilité ultra-gauche à l'initiative du groupe « Pour une intervention communiste ».

Cette orientation ultra-gauche va les conduire vers les groupes « autonomes ». Cette organisation disparaît très rapidement.

En France, le congrès de 1976 à Orléans prend acte d'une scission et change le nom de l'organisation qui devient l'Organisation communiste libertaire. L'OCL continue jusqu'à aujourd'hui, traversée de débats sur l'organisation et le fédéralisme. Elle rejette la vision plate-formiste des choses et finit par bâtir un modèle unique d'organisation très décentralisée et fonctionnant sur un mode assembléiste[incompréhensible]. L'Organisation communiste libertaire (OCL) développe une pratique d'intervention qu'elle nomme « mouvementiste et rupturiste » qui donne priorité au travail local, critique les syndicats et toute institutionnalisation des luttes.

L'autre tendance française à émerger des décombres de l'ORA se rebaptise Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Elle fonde sa pratique sur une intervention dans les entreprises et les syndicats ainsi que sur les luttes où sont présentes les autres organisations d'extrême-gauche. L'UTCL, contrairement à l'OCL, maintient la référence à la Plate-forme.

En 1978, des militants des Alpes de Haute-Provence -qui s'étaient prononcés contre le départ de l'UTCL sans toutefois la rejoindre- sont exclus et créent l'Organisation communiste libertaire des Alpes du Sud (OCLAS) qui s'alliera avec les militants communistes libertaires de Poble d'Oc sur une ligne syndicaliste (principalement à la FEN et à la CGT ou ils occupèrent des mandats significatifs) et tiers-mondiste (notamment en faveur de la cause palestinienne) au sein du Cénalidep (cercle pour une association de libertaires démocratique et prolétaire). Ce groupe fonda en 1984 le Front révolutionnaire des travailleurs avec le renfort de quelques militants trotskystes de la Ligue socialiste des travailleurs et de l'Organisation communiste des travailleurs en rupture de ban et quelques personnalités chrétiennes. Ils publièrent jusqu'en 1986 le journal Initiative, et une Lettre d'Information mensuelle jusqu'en 2005.

En 1991, après un long processus de débat, l'UTCL décide de s'élargir et devient Alternative libertaire. Alternative libertaire maintient une tradition plate-formiste souple et fonde sa pratique, comme l'UTCL dont elle ne semble finalement n'être que le prolongement, sur une intervention dans les mouvements sociaux (avec priorité aux syndicats alternatifs).

Au Royaume-Uni, l'ORA a elle aussi subi de très nombreuses turbulences[3]. À la fin des années 1970, toute activité spécifiquement communiste libertaire avait disparu du sol britannique. Puis, en 1986, un processus de débat sur la nécessité de l'organisation mène à la fondation de la Fédération anarchiste-communiste (ACF) qui reprend des positions plate-formistes assez rigides. Au fil des ans l'ACF développe toute une série de positions qui la rapprochent de plus en plus de l'ultra-gauche (internationalisme intransigeant, rejet des syndicats, etc). Sa pratique se fonde sur un développement théorique souvent impressionnant et une intervention dans le mouvement d'action directe radicale qui émerge depuis quelques années au Royaume-Uni. Aujourd'hui, l'ACF ne se réclame plus strictement de la Plate-forme, qui est devenue pour elle une référence parmi tant d'autres, ni même de l'anarchisme classique mais également des communistes de conseils et autres marxistes libertaires. L'an passé (en 1999) l'ACF a changé de nom, elle se nomme maintenant la Fédération anarchiste (AF) puis elle adhère à l'Internationale des fédérations anarchistes

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rédaction, Le courant anarchiste, Le Monde, 3 avril 1970, [lire en ligne].
  2. Voir la critique de l'OCL en France dans le document de présentation de l'organisation publié dans le deuxième hors-série de la revue Courant Alternatif ou encore le dossier publié dans Organise! à l'occasion du dixième anniversaire de l'ACF au Royaume-Uni (aujourd'hui AF).
  3. Expliqué en détail dans le dossier cité dans la note précédente.