Oralité

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L'oralité est le fait d'une civilisation dans laquelle la culture est en grande partie orale et non consignée par des textes. On pourra ainsi parler de l'oralité d'une tradition, transmise de bouche à oreille pour alimenter une mémoire ancestrale et non écrite.

Trois modes de langage[modifier | modifier le code]

Historiquement, avec l’agriculture et l’élevage, des villages ont fait leur apparition en établissant des réseaux de communications plus ou moins complexes. Ce premier espace de communication se fait ressentir autour de sociétés nommées primitives, ou de l’oralité. Cette communication se caractérise par trois traits principaux : un langage naturel, magique et global.

Un langage naturel[modifier | modifier le code]

La liaison qui unit le langage et la nature est très visible, notamment dans le langage verbal. Les comparaisons sont nombreuses ainsi que les formes imagées se référant aux animaux et aux plantes. Dans ces manifestations communicationnelles, les gestes, surtout les danses, illustrent très bien le caractère naturel du langage par l’imitation du comportement de l’animal. Il ne faut pas oublier qu’ici, l’animal n’est pas un modèle inférieur à l’homme mais une créature douée. Vêtements, peintures corporelles et usages de peaux, de dents, de plumes, sont également des actes de communications captant ou s’intégrant dans les forces de la nature. L'ensemble de ces symboles naturels représente le langage principal à ces tribus africaines. Comme dernière référence à la nature, les traces graphiques et les objets sont aussi un système de communication. Les figurines et les sculptures, selon leurs formes, sont porteuses de signes de la vie et l’on remarque combien les organes génitaux y occupent une part lourde de signification.

Un langage magique[modifier | modifier le code]

La magie est une croyance qui se repose sur trois dogmes : les réalités physiques et psychiques sont liées, cette totalité possède une âme, détient une force et celle-ci peut être manipulée par l’homme. Dans certaines tribus primitives ou chez nos aïeuls, il était interdit de parler ouvertement de l’état de grossesse. Il fallait employer des périphrases imagées pour exprimer cela, on peut donc parler ici de pouvoir des mots en tant que croyance selon laquelle la pensée est influencée par l’impact physique des mots. La prononciation, les gestes, les mimiques jouent également un rôle essentiel dans l’oralité. Il est question ici non pas des signes de la magie mais de la magie des signes. L’exemple du masque permet également de mettre en évidence cet aspect magique du langage. En effet, dans les tribus, celui qui enfile un masque perd toute identité et permet à l’ancêtre de se manifester à visage découvert. On trouve alors naturellement le masque dans les cérémonies qui marquent les grands rites de passage dans la vie de la tribu. Les tatouages et scarifications (comme les bijoux placés sous la peau, les balafres, etc.) permettent également, grâce aux incisions et peintures corporelles, de signaler l’appartenance tribale ou sous-tribale.

Un langage global[modifier | modifier le code]

Dans ce mode de langage, ce ne sont pas les mots, mais les phrases dans leur totalité qui sont importantes. C’est pourquoi on utilise énormément de proverbes et de dictons dans ces types de communication. Le langage de l’oralité est aussi multi-sensoriel. L’ouïe est privilégiée surtout dans les populations qui vivent dans un monde de sonorités ainsi que le sens visuel pour ce qui est des habits, parures, masques, etc. Le discours parlé s’accompagne de gestes des mains, tous les sens réunis font appel à la communication orale. C’est le corps tout entier qui parle. Dans l’oralité, tout est parole : le corps physique dans ses sens, le corps social dans ses rites, le corps terrestre minéral, végétal, animal … Et font l’objet des récits mythiques et historiques, les légendes, contes et fables.

Une structure groupale[modifier | modifier le code]

La présence permanente d’une solidarité de groupe est capitale pour ce qui concerne les tribus primitives. Cependant, les ancêtres ainsi que les chefs ont une place plus importante au sein de la tribu. C’est donc le sentiment d’appartenance, la conscience du groupe, l’attachement aux symboles spécifiques et toute la participation au groupe primitif qui sont essentiels à leur mode de vie.

Une mentalité globalisante[modifier | modifier le code]

Les sociétés primitives ont une vision plus globale du cycle de la vie. Tout d’abord, ces sociétés ont une conception cyclique du temps, l’homme se trouve dans un cercle qui se répète indéfiniment. Quant à l'individu, il n’est pas reconnu qu'en tant que personne individuelle, mais comme un membre d’une communauté. C'est ainsi que l’homme n'est entier que lorsque sa conscience collective conjugue avec sa conscience individuelle. En se percevant autant à une échelle individuelle qu'à celle de sa tribu, l’Homme des sociétés dites primitives s’appuie sur l’unité qui englobe le multiple, l’union profonde et le global du groupe. C'est une mentalité qui intègre en son essence la science de la complexité telle quelle fut élaborée par Edgar Morin.


Typologie du patrimoine oral[modifier | modifier le code]

Récit[modifier | modifier le code]

Vers[modifier | modifier le code]

Ballade Epopée

Prose[modifier | modifier le code]

- Fictif

  • Conte populaire,
  • Randonnée,
  • Conte d'animaux,
  • Conte facétieux,
  • Conte réaliste,

Conte merveilleux,

-Non Fictifs

Non Récits[modifier | modifier le code]

  • Jeux, devinette, comptine
  • Formules
  • Exorcisme
  • Sapientielle
  • Juridiques
  • Proverbes
  • Chants

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les systèmes de communication, approche socio-anthropologique, Lohisse J., éditions Armand Colin, 1998.
  • Parler comme un livre, Waquet, F., éditions Albin Michel S.A., 2003.
  • Editer des contes de tradition orale : Pour qui ? Comment? Port Acadie. Revue interdisciplinaire en études acadiennes 16-17, automne 2009-printemps 2010. Actes des journées internationales d'étude organisées les 23 et 24 octobre 2008 à l'Université Sainte-Anne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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