Illectronisme

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L’illectronisme[1], inhabileté numérique[1] (terme recommandé par la Commission d'enrichissement de la langue française[2]), illettrisme numérique[1], ou encore illettrisme électronique[1], est la difficulté, voire l'incapacité, que rencontre une personne à utiliser les appareils numériques et les outils informatiques en raison d'un manque ou d'une absence totale de connaissances à propos de leur fonctionnement. Le terme illectronisme transpose le concept d’illettrisme dans le domaine de l’informatique.

Définition[modifier | modifier le code]

On peut recenser deux types de difficultés éprouvées au niveau de la lecture et de l’accès aux ressources électroniques :

  • celles qui sont liées à la pratique et à la manipulation de ces nouveaux outils[3];
  • et celles qui sont liées au contenu et à la vérification des informations véhiculées[4].

Des difficultés duales sont liées à l'écriture et diffusion de ressources.

L’illectronisme résulte aussi de craintes ou aversions. Pour certains, l’internet reste une arme. Pour d’autres, des choix de vie les empêchent de connaître les réseaux sociaux et les privent des usages du partage d’informations. Il faut également compter la crainte en temps de crise que fait planer sur les emplois les nouveaux usages de l’informatique et de l’internet. Ces réticences dépassent la simple ignorance ou l'incapacité à accéder aux informations numériques. L'illectronisme se différencie de l'e-exclusion car il provient d'un manque de savoir et non pas de moyen pour accéder au domaine électronique.

Le terme inverse, lectronisme, est peu usité, sauf pour traduire information literacy. Il recouvre une notion proche de l'habileté numérique.

Recherches sur l’illectronisme[modifier | modifier le code]

Partant du constat que sans une compétence minimale, le multimédia devient source d’exclusion, l’ENA a organisé à Strasbourg, le , la 2e rencontre européenne de la presse sociale, destinée aux acteurs de l’économie sociale, aux journalistes, aux enseignants et aux experts. Elle avait pour titre « De l’illettrisme à l’illectronisme, une même exclusion ? ». Il s’agit d’identifier la nature des fractures numériques[5].

Selon une étude du Gartner Group, l’illectronisme menace 50 millions d’Américains. Alors que les milieux favorisés compteraient 83 % d’internautes, seulement 35 % des personnes des couches défavorisées ont accès à Internet. Ce serait une nouvelle cause d’inégalité sociale, culturelle ou économique[6].

L’APLIS Poitou-Charente s’interroge sur ce nouveau défi éducatif à relever : le nouveau cahier des charges des APLIS donne comme l’un des objectifs généraux « Une première approche de l’utilisation de l’outil informatique, pour les usages courants de la vie quotidienne et pour la formation. » Cela dans le but d'éviter que les publics fragiles ne se retrouvent exclus de l’utilisation des méthodes modernes de communication et d’accès à l’information, Internet en particulier[7].

On peut[style à revoir] s'interroger sur les moyens de l’accessibilité des TIC pour tous. En Belgique et en France, les « Espaces Publics Numériques » ont été créés pour lutter contre la fracture numérique, mais pour développer les usages des TIC auprès de tous, il faut que chacun y trouve du sens et de l’utilité. Ils concluent qu’il faudra, par équité sociale, aller à la rencontre des publics prioritaires[8].

Les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre confrontent les différentes approches visant à réduire la fracture numérique mondiale autant qu'à combattre l’illettrisme ; on peut noter que de plus en plus d'associations développent à travers le monde des solutions « Web2.0 » permettant de réduire l’analphabétisme tout autant que l’illectronisme pour aller jusqu’aux enseignements les plus poussés de l’informatique. Le projet OLPC visant à équiper tous les enfants du monde d’ordinateurs robustes, à bas coût, à basse consommation et pouvant communiquer en réseau sans infrastructure (c.-à-d. « Wi-Fi mesh ») est une approche complémentaire et totalement complémentaire des projets de partage « Web2.0 » dans la mesure où toutes ces machines peuvent accéder à l’internet[9].

La sociologue Anne-Marie Laulan dans un article de Hermes en 2006 développe les conséquences sociales de l'illectronisme qui selon elle facilite la méfiance et la discrimination[10].

Par ailleurs, les Etats Généraux de l'Urgence Sociale 2016 opèrent une réflexion globale sur les outils numériques et l’action sociale ainsi que sur les évolutions des pratiques liées à la dématérialisation des démarches. L'absence de formation adéquate et le coût élevé de l'accès engendrent des inégalités d'accès à l'information. Face à la dématérialisation, les personnes âgées ou aux ressources financières limitées se retrouveraient discriminées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « inhabileté numérique », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 25 septembre 2019)
  2. Commission d'enrichissement de la langue française, « inhabileté numérique », sur FranceTerme, (consulté le 14 novembre 2019)
  3. « Illectronisme : ces Français fâchés avec le Net » (article payant), Madeleine Vatel, Le Figaro.fr, 26 juin 2018.
  4. « Les Bibliothèques contre l'"illectronisme" », Élisabeth Noël, enssib.fr (Enssib), 21 mars 2000.
  5. « De l'illétrisme à l'illectronisme », sur informer-autrement.fr.
  6. « . », sur 01net.com.
  7. APLIS Poitou-Charentes.
  8. @ Brest.
  9. 11es RMLL du 6 au 11 juillet 2010 à Bordeaux.
  10. Anne-Marie Laulan, « Machines à communiquer et lien social », Hermès, La Revue 2006/2 (n° 45),‎ , p. 204 (ISBN 9782271064493).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]