Ohad Naharin

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Ohad Naharin
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Ohad Naharin en 2016

Naissance (66 ans)
Mizra en Israël
Lieux de résidence Israël
Activité principale Chorégraphe, danseur
Style Danse contemporaine
Activités annexes Musicien
Lieux d'activité Tel Aviv
Années d'activité Depuis 1974
Formation Batsheva Dance Company, Mudra
Enseignement Martha Graham, Maurice Béjart
Ascendants

Tzofia Naharin (mère)

Eliahav Naharin (père)
Conjoint

Mari Kajuwara (1978 à 2001)

Eri Nakamura
Descendants Noga Naharin
Famille

Rossi Navarin (frère, kinésithérapeute)

Vered Naharin-Snir (soeur, psychologue)
Distinctions honorifiques

Chevalier des Arts et des Lettres en France (1998)

Bessie Award (2002 et 2004)
American Dance Festival Award (2009)

Docteur honoris causa de l'Institut Weizmann (2004), de l'Université hébraïque (2008) en Israël et de la Juilliard School aux Etats-Unis (2013)

Ohad Naharin, né en 1952 à Mizra en Israël, est un danseur et chorégraphe israélien (naturalisé américain en 1991[1]) de danse contemporaine. Depuis 1990, il est le chorégraphe résident de la Batsheva Dance Company basée à Tel Aviv.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Ohad Naharin naît à Mizra, un kibboutz au nord d'Israël en Galilée, entre Afoula et Nazareth. Ses grands-parents sont originaires de Russie et de Pologne[2]. Il est le fils aîné de parents juifs membres du mouvement socialiste sioniste Hashomer Hatzair. Son grand-père maternel fut l'un des pionniers (halutzim) de la colonisation agricole juive en Palestine qui avait participé au draînage des marécages du pays. Son père, Eliahav Naharin, avait été acteur au Théâtre hébraïque Habima à Tel Aviv dans les années 1940, puis enseignant, directeur de lycée, et psychothérapeute. Sa mère, Tzofia était une danseuse, qui à cause de problèmes de santé, a été contrainte d'abandonner la danse pour l'enseignement du mouvement et de la composition musicale.

Lorsqu'il est âgé de cinq ans Ohad Naharin et sa famille déménagent pour Kiryat Amal qui deviendra plus tard Kiryat Tivon. Dès son enfance, il pratique la gymnastique et l'acrobatie tout en s'intéressant à la guitare. Pendant le service militaire, Ohad Naharin est membre de l'ensemble de musique et de divertissements du Commandement de Nord en qualité de chanteur et danseur. Il débute ensuite des études d'architecture qu'il doit interrompre à cause de la Guerre du Kippour en 1973. Il choisit en définitive la carrière de danseur et part travailler avec Yehudit Arnon et puis avec John Hill Sagan à Haifa.

Carrière de danseur et chorégraphe[modifier | modifier le code]

Ohad Naharin commence sa carrière de danseur en 1974, au sein de la Batsheva Dance Company fondée en 1964 en Israël par Martha Graham et la baronne Batsheva de Rothschild. Sa tutrice est cependant Noemi Lapzeson à laquelle il devient très attaché. À l'invitation de Martha Graham qui visite et travaille en 1975 en Israël (elle y crée la chorégraphie Jacob's Scale, avec Ohad Naharin interprétant Ésaü), il vient parfaire sa formation à New York dans son école de l'American Ballet puis après 1976 à la Juilliard School, avec pour professeurs Maggie Black et David Howard. Il prend également des leçons au studio de la danseuse Kazuko Hirabayashi avec David Gordon (en), Gina Buntz, et Billy Seigenfeld. En 1980, il rejoint la Mudra de Maurice Béjart à Bruxelles pour une année qu'il qualifie de difficile[3]. À son retour en Israël, il danse dans l'ensemble Bat Dor et fait la connaissance de sa compagne Mari Kajuwara, danseuse nippo-américaine de ballet. De 1980 à 1990, ils retournent ensemble à New York pour danser avec différents chorégraphes de la scène américaine comme Gina Buntz, Beate Gordon, David Gordon, Kazuko Hirabayashi, Mary Kajuwara, David Manion, Larry Rhodes, et Emanuel Sella.

Avec le spectacle Haru No Umi créé dans le studio de Hirabayashi, Ohad Naharin fait ses débuts de chorégraphe. Il développe des techniques spéciales de danse, comme celle appelée Gaga — un style unique de mouvement — avec des schémas nouveaux et inhabituels de gestes destinés à rendre la danse plus efficace et de lui permettre d'aller au-delà du familier[4]. Ses chorégraphies sont présentées et produites par différentes institutions comme le Nederlands Dans Theater (en 1987 Jiri Kylian lui commande des ballets), le Grand Théâtre de Genève, le Ballet de Francfort, le Lyon Opera Ballet, les Grands Ballets Canadiens, le jeune Cedar Lake Contemporary Ballet[5], la Rambert Dance Company, le Compañía Nacional de Danza, l'Opéra de Paris ou encore le théâtre national de Chaillot en 2013.

En 1990, Ohad Naharin retourne en Israël et prend la direction de la Batsheva Dance Company. En 2001, sa compagne Mari Kajuwara meurt d'un cancer. En septembre 2003, il transmet provisoirement la direction de l'ensemble Batsheva à ses proches collaborateurs Yoshifumi Inao, Sharon Eyal et Naomi Bloch-Fortis, tout en gardant une fonction dans la compagnie.

Ayant lui-même une solide formation musicale, Ohad Naharin collabore dans ses travaux avec des musiciens professionnels comme la formation Tractor's Revenge (Nikmat Hatraktor), des musiciens du rock comme Avi Balleli et Dan Makov (Anaphasa), Ivry Lider (Kaamos, Z/Na), Peter Zegveld et Thijs van der Poll (Sabotage Baby), Karni Postel, Habib Alla Jamal (Naharin's Virus) ou Grischa Lichtenberger. Après 1990, il travaille également avec le spécialiste en lumières Bambi (Bueno) et la créatrice de costumes Rakefet Levy. Sous le pseudonyme Maxim Waratt, Naharin a composé la musique pour MAX (2007) et édité et mixe les bandes sonores pour Mamootot (2003) et Hora (2009)[6].

La compagnie Batsheva a pour projet de construire son propre centre d'arts de la scène, à la suite du don par la municipalité de Tel Aviv de l'ancienne gare routière. Ohad Naharin espère changer le visage et revitaliser la région pauvre du sud de Tel-Aviv[2].

La riche contribution de Naharin au monde de la danse lui a valu de nombreux prix et honneurs : en Israël, les doctorats honorifiques de l'Institut Weizmann des sciences (2004) et de l'Université hébraïque de Jérusalem (2008), le prestigieux prix Israël pour la danse (2005), un prix pour l’ensemble de sa contribution à la culture juive de la Foundation for Jewish Culture (2008) et le prix EMET dans la catégorie Arts et Culture (2009) ; en France, Naharin a été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français (1998) ; aux États-Unis, il a aussi remporté deux New York Dance and Performance (Bessie) Awards[7], le Samuel H. Scripps American Dance Festival Award pour l’ensemble de son œuvre (2009), le Dance Magazine Award (2009) ou un doctorat honoris causa à Juilliard[8].

Dans son documentaire de 2007, Out of Focus, le réalisateur Tomer Heymann filme le processus scénique de la Décadance avec le Cedar Lake Contemporary Ballet. En 2015, le documentaire gagnant de plusieurs prix, Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin du même Tomer Heyman, retrace le parcours personnel et professionnel du danseur et chorégraphe[9].

Citoyen d'Israël et des États-Unis, Ohad Naharin vit actuellement en Israël avec sa femme, danseuse et créatrice de costumes, Eri Nakamura, et leur fille, Noga.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Les principaux prix et distinction reçus par Ohad Naharin sont[10] :

  • chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres, en France - 1998 ;
  • Samuel H. Scripps/American Dance Festival Award pour l'ensemble de sa carrière, aux Etats-Unis - 2009 ;
  • jewish Cultural Achievement Awards - Prix pour mérite de la Fondation culturelle juive, aux États-Unis - 2008 ;
  • Bessie Awards à New York, aux Etats-Unis - 2002 et 2004 ;
  • docteur Honoris causa de l'Institut Weizmann de Rehovot, en Israël - 2004 ;
  • prix Israël (le prix de l'Etat) pour la danse, en Israël - 2005 ;
  • docteur Honoris causa de l'Université hébraïque de Jérusalem, en Israël - 2008 ;
  • prix EMET pour contributions au progrès des arts et de la science, en Israël - 2009 ;
  • docteur Honoris causa à Juilliard, aux Etats-Unis - 2013.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) About Ohad Naharin sur la page de la compagnie.
  2. a et b (en) Rahel Musleah, « Feeling Is Believing », Hadassah magazine,‎ février-mars 2015 (lire en ligne)
  3. Interview au magazine Elle du 02/06/16
  4. Gaga "est devenue la technique de base de l’entraînement des danseurs de la Batsheva." Cette méthode "suscite un grand intérêt parmi les danseurs partout dans le monde, de même que chez le grand public, en Israël, notamment, où se tiennent régulièrement des classes libres à Tel-Aviv et dans d’autres municipalités", [1]
  5. (en) Dancing That Pulls Viewers Right Out of Their Seats dans The New York Times du 12 juin 2007.
  6. Site gagapeople.com (en) http://gagapeople.com/english/ohad-naharin/
  7. Ces prix pour Virus à la Brooklyn Academy of Music (2002) et pour Anaphaza au Lincoln Center Festival (2003)[2]
  8. « Ohad Naharin », sur dansedanse.ca (consulté le 30 avril 2018)
  9. Mr Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin.
  10. Ohad Naharin sur le site de la fondation culturelle juive américaine.

Liens externes[modifier | modifier le code]