O Fortuna

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Texte original de O Fortuna, issu de Carmina Burana.

O Fortuna est le nom incipit donné à la première section, la plus connue, de la série de poèmes médiévaux du xiiie siècle Carmina Burana ou Chants de Beuern – du nom de l'abbaye de Benediktbeuern où ils ont été découverts en 1803.

O Fortuna est la première de deux stances d'une première partie des Chants intitulée Fortuna Imperatrix Mundi (Fortune Impératrice du Monde). C'est une complainte en latin du xiiie siècle sur le sort, et sur Fortuna, déesse romaine personnifiant la chance.

Texte et traduction[1][modifier | modifier le code]

O Fortuna
velut luna
statu variabilis,
semper crescis
aut decrescis;
vita detestabilis
nunc obdurat
et tunc curat
ludo mentis aciem,
egestatem,
potestatem
dissolvit ut glaciem.

Sors immanis
et inanis,
rota tu volubilis,
status malus,
vana salus
semper dissolubilis,
obumbrata
et velata
michi quoque niteris;
nunc per ludum
dorsum nudum
fero tui sceleris.

Sors salutis
et virtutis
michi nunc contraria,
est affectus
et defectus
semper in angaria.
Hac in hora
sine mora
corde pulsum tangite;
quod per sortem
sternit fortem,
mecum omnes plangite!

Ô fortune,
comme la lune
changeante en ses phases,
toujours tu crois
et tu décrois ;
vie détestable.
Tantôt la fortune oppresse,
tantôt elle avive,
par le jeu, l’acuité de l’esprit,
et la pauvreté
ou la puissance
elle les dissout comme la glace.

Sort cruel
et vain,
tu es une roue qui tourne,
une base instable,
un salut trompeur,
qui peut se briser à tout instant.
Quoique dissimulée
et voilée
tu pèses aussi sur ma tête ;
C’est cause de tes jeux criminels
qu’à présent
mon dos est nu.

La chance
et le succès
me sont maintenant contraires,
mes désirs
et mes refus
se heurtent à ta tyrannie.
À cette heure
sans délai,
touchez les cordes de vos instruments ;
et déplorez tous avec moi
que le sort
accable un héros.

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • En 1935-1936, O Fortuna a été mis en musique par le compositeur allemand Carl Orff dans la cantate Carmina Burana ;
  • Nas a utilisé un extrait de O Fortuna en 1999 dans sa chanson Hate me now ;
  • En 2013, le groupe Momoiro Clover Z fait introduire par O Fortuna son titre Neo Stargate, premier de l'album 5th Dimension ;
  • En 2014, Thirty Seconds to Mars utilise un extrait de O Fortuna comme musique d'ouverture pour ses concerts ;
  • En 2015, Little Mix reprend un extrait du poème dans sa chanson Lightning.

Articles liés[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Étienne Wolff, Carmina Burana, Paris, Impr. nationale, , p. 69-70