Nature writing

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Walden ou La vie dans les bois de Henry David Thoreau, ni roman, ni autobiographie, éloge de la nature et critique de la technologie, ouvrage fondateur du genre.

Le nature writing[1],[2],[3] (littéralement « écrire sur la nature ») est un genre littéraire né aux États-Unis dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à Henry David Thoreau, mêlant observation de la nature et considérations autobiographiques.

Définition et historique[modifier | modifier le code]

Les éditions Gallmeister, fondées en 2005, ont fait connaître ce genre en France, s’en faisant une spécialité éditoriale[4],[5]. Mais on trouve des ouvrages se rattachant au genre depuis des années chez divers éditeurs.

Pour la Revue française d’études américaines, c’est d’abord « écrire la nature »[6]. Le fondateur du genre serait le philosophe Henry David Thoreau, également considéré comme le père de l'écologie politique.

Bien que la catégorie soit américaine, on peut y rattacher d’autres écrivains comme le Polonais Mariusz Wilk, avec La Maison au bord de l'Oniégo (Éditions Noir sur Blanc, 2007), ou le Suisse Blaise Hofmann avec Estive (Zoé, 2007).

Les Américains considèrent ce genre littéraire comme de la non-fiction mais en France les œuvres, romanesques ou non, se côtoient : Prairie, fiction de James Galvin parue chez Albin Michel 2004, et Les Bisons du Cœur-Brisé (Au diable vauvert, 2007), récit de Dan O'Brien, en sont de parfaits exemples. Pour ce dernier, romancier, fauconnier et éleveur de bisons, « L'avenir du monde est dans la beauté sauvage »[7].

Pouvant s’apparenter à l’écologie, le récit de voyage ou la littérature des grands espaces (Légendes d'automne, de Jim Harrison), ce genre s’accommode aussi du thriller (comme la série de William G. Tapply) ou du roman historique (Danse avec les loups de Michael Blake).

Le genre nature writing comporte suffisamment de caractères propres pour qu’il soit considéré dans le monde francophone comme un genre littéraire à part entière, cf. l’étude très influente de Lawrence Buell, The Environmental Imagination. Thoreau, Nature Writing, and the Formation of American Culture. Ainsi, pour lui, les quatre éléments-clés, qui constitueraient le « texte environnemental » et qui seraient rassemblés dans certains classiques du genre et notamment dans Walden ou La vie dans les bois, sont, pour l’essentiel, les suivants :

  • l’environnement non-humain est évoqué comme acteur à part entière et non seulement comme cadre de l’expérience humaine ;
  • les préoccupations environnementales se rangent légitimement à côté des préoccupations humaines ;
  • la responsabilité environnementale fait partie de l’orientation éthique du texte ;
  • le texte suggère l’idée de la nature comme processus et non pas seulement comme cadre fixe de l’activité humaine[8].

En France, l'écrivain André Bucher est le chef de file de ce genre littéraire[9].

Ouvrages de l'écriture de la nature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérôme Dupuis, « Nature writing », Lire,‎ .
  2. Nicolas Ungemuth, « “Nature writing” Des romans à ciel ouvert », Le Figaro,‎ .
  3. Folfaerie, « Le challenge “Nature Writing” », Les lectures de Folfaerie, (consulté le 3 novembre 2011).
  4. Site officiel des éditions Gallmeister.
  5. Fabrice Colin, « Nature Writing, littérature et environnement », Fluctuat.net, (consulté le 3 novembre 2011).
  6. Revue française d’études américaines, n° 106, 2005.
  7. Jérôme Dupuis, Nature writing, Lire, juin 2008.
  8. Tom Pughe, Michel Granger pour la partie concernée, Revue française d’études américaines 2005/4 (n° 106) Écrire la nature, France, Belin, , 128 p. (lire en ligne), p. 4.
  9. Alexandre Héraud, « Il existe un endroit - André Bucher, écrivain dans la vallée, seul », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 10 avril 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revue française d’études américaines, n° 106, 2005 : le sommaire, l'introduction et la bibliographie peuvent être lus ici
  • (en) Susan Kollin, "The Wild, Wild North: Nature Writing, Nationalist Ecologies, and Alaska", American Literary History, Oxford University Press, Volume 12, Numéros 1 et 2, printemps/été 2000, pages 41 à 78.

Article connexe[modifier | modifier le code]