Nama (peuple)

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Namaquas
Description de cette image, également commentée ci-après

Femme namaqua dans le désert du Kalahari, en Namibie

Populations significatives par région
Drapeau de la Namibie Namibie 246 000
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 76 000
Drapeau du Botswana Botswana 1 600
Population totale 324 000
Autres
Langues nama
Ethnies liées Khoïkhoï

Les Nama forment une population de pasteurs d'Afrique australe qui vivent principalement en Namibie, également en Afrique du Sud et à un moindre degré au Botswana ; c'est une des principales branches Khoïkhoï.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe différentes formes : Nama, Naman, Namaqa, Namaqua, Namaquas, Namas, Nawakwa, Rooi Nasie[1].

Langues[modifier | modifier le code]

Leur langue traditionnelle est le nama, une langue khoïsan[2], mais la plupart parlent maintenant l'afrikaans.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Kaptein Hendrik Witbooi (au centre) et ses compagnons namas (avant 1905).

Originaire du sud, le peuple Nama (appelé à tort « Hottentot » par les colons) réparti par clans, pratique pendant plusieurs siècles une vie pastorale à l'arrière du pays, loin des côtes froides et arides, élevant et gardant des troupeaux de chèvres et de moutons, rassemblant du bois pour le feu et récoltant du miel ; ils possèdent des chiens sourciers capables de détecter les points d'eau : quand un chien en repère un, ils arrêtent leur transhumance et établissent leur campement. Les Namas sont christianisés depuis le XVIIIe siècle sous l'influence de missionnaires et portent des prénoms bibliques[3].

Après le partage unilatéral de l'Afrique entre les nations européennes lors de la conférence de Berlin (1884-1885), l'Empire allemand se voit accordé le territoire allant du sud de Lüderitz, à la pointe nord de la côte des squelettes, en passant par Etosha, Waterberg, Omaruru, Rehoboth et, bien entendu, tout le territoire pastoral nama. Les échauffourées ne tardent pas d'éclater entre les forces coloniales allemandes et les clans namas dirigés par leur chef, Hendrik Witbooi. Ce dernier est qualifié d'« insurgé » et ne reconnaît pas l'autorité des colons.

En 1905, de nombreux Namas sont massivement déportés vers Shark Island, rejoignant les Héréros : un rapport de 1917-1918 rédigé par Thomas O'Reilly parle de près de 20 000 Namas morts des suites de mauvais traitements, disette, et exécutions[4].

En 1915, le Territoire du Sud-Ouest africain, future Namibie, passe sous protectorat britannique.

En 1918, le jeune juge britannique Thomas O'Reilly rédige un rapport accablant, le Blue Book (« Union of South Africa – Report On The Natives Of South-West Africa And Their Treatment By Germany »), réédité en 2015.

À la suite de la découverte de diamants à l'embouchure du fleuve Orange dans les années 1920, des prospecteurs se sont installés dans la région, construisant des villes comme : Alexander Bay et Port Nolloth, processus qui s'est accéléré avec l'appropriation des terres traditionnelles qui avait commencé dès le début de l'ère coloniale. Sous le régime d'apartheid, les derniers pasteurs furent encouragés à se fixer dans des villages, un territoire appelé « Namaland » situé au sud.

En juillet 2015, une motion est déposée au Bundestag par le député Niema Movassat, pour le parti de gauche Die Linke : Le parlement allemand se souvient des atrocités commises par les troupes coloniales de l’empire allemand dans son ancienne colonie du Sud-Ouest africain, et entend honorer la mémoire des victimes de massacres, d’expulsions, d’expropriations, de travail forcé, de viols, d’expérimentations médicales, de déportations et d’enfermements inhumains dans des camps de concentration. La guerre d’extermination menée par les troupes coloniales allemandes entre les années 1904 et 1908 a entraîné la mort de 80 % du peuple herero, de plus de la moitié du peuple nama et d’une large partie des groupes ethniques Damara et San.

Population[modifier | modifier le code]

Famille Nama (1906)

Les Namaquas sont considérés par certains, comme les vrais descendants des Khoïkhoïs, ils ont beaucoup en commun avec les Bochimans (San), partageant les mêmes racines et caractéristiques linguistiques. C'est pour cela qu'on les regroupe sous le nom de Khoisan.

Les Namaquas vivaient sur le fleuve Orange au Sud de la Namibie et au Nord de l'Afrique du Sud. Les premiers colons les appelaient les Hottentots.

Économie et culture[modifier | modifier le code]

Tentes Nama en Afrique du Sud

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source BnF [1]
  2. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  3. Klaus Dierks, Chronology of Namibian History, Windhoek, Namibia Scientific Society, 2002 (cité par E. Fontenaille-N'Diaye, in Blue Book, Calmann-Lévy, 2015, p. 29 et suiv.).
  4. Jan-Bart Gewald & Jeremy Silvester, Words Cannot be Found, German Colonial Rule in Namibia: an Annotated Reprint of the 1918 Blue Book, Leiden & Boston, Brill, 2003.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Andreas Heinrich Bühler, Der Namaaufstand gegen die deutsche Kolonialherrschaft in Namibia von 1904-1913, IKO-Verlag für Interkulturelle Kommunikation, Francfort, Londres, 2003, 435 p. (ISBN 3-88939-676-3)
  • (de) Sabine Klocke-Daffa, « Wenn du hast, musst du geben » : soziale Sicherung im Ritus und im Alltag bei den Nama von Berseba/Namibia, Lit, Münster, 2001, 410 p. (ISBN 3-8258-5260-1) (version remaniée d’une thèse soutenue à l’Université de Münster en 1998)
  • (de) Sigrid Schmidt, Als die Tiere noch Menschen waren : Urzeit- und Trickstergeschichten der Damara und Nama in Namibia, Rüdiger Köppe Verlag, Cologne,1995, 256 p. (ISBN 3-927620-88-2)
  • (de) Sigrid Schmidt, Sagen und Schwänke in Afrika : Erzählungen der Damara und Nama, R. Köppe, Cologne, 1997, 245 p. (ISBN 3-927620-69-6)
  • (en) James Edward Alexander (Sir), An expedition of discovery into the interior of Africa : through the hitherto undescribed countries of the Great Namaquas, Boschmans, and Hill Damaras, H. Colburn, Londres, 1838, 2 vol.
  • (en) John Campbell (Rev.), The life of Africaner, a Namacqua chief of South Africa, American Sunday School Union, Philadelphia, 1831, 35 p.
  • (en) P. Carstens, « The Socio-Economic Context of Initiation Ceremonies Among Two Southern African Peoples », in Canadian Journal of African Studies / Revue Canadienne des Etudes Africaines (Québec), 1982, vol. 16, n° 3, p. 505-522
  • (en) P. Carstens, « The Inheritance of Private Property among the Nama of Southern Africa Reconsidered », in Africa (Londres), 1983, vol. 53, n° 2, p. 58-70
  • Horst Drechsler, Le Sud-Ouest africain sous la domination coloniale allemande : la lutte des Hereros et des Namas contre l'impérialisme allemand, 1884-1915, Akademie-Verlag, Berlin RDA, 1986, 283 p.
  • (en) Carl Hugo Linsingen Hahn, The native tribes of South-West Africa : The Ovambo - The Berg Damara - The bushmen of South West Africa - The Nama - The Herero, Cape Times Ltd., Le Cap, 1928, 211 p.
  • (en) Winifred Hoernlé, The social organization of the Nama and other essays, Witwatersrand University Press, Johannesburg, 154 p. (ISBN 0-85494-867-8)
  • (en) Reinhart Kössler, In search of survival and dignity : two traditional communities in southern Namibia under south African rule, Gamsberg Macmillan, Windhoek, 2005, 374 p. (ISBN 978-99916-0-598-2)
  • (en) Benjamin Ridsdale (Rev.), Scenes and adventures in Great Namaqualand, T. Woolmer, Londres, 1883, 293 p.
  • (en) Sigrid Schmidt, « Observations on the Acculturation of the Nama in South West Africa/Namibia », in African Studies Johannesburg, 1984, vol. 43, n° 1, p. 31-42
  • (en) Ursula Trüper, The invisible woman : Zara Schmelen ; African mission assistant at the Cape and in Namaland, Basler Afrika Bibliographien, Bâle (Suisse), 2006, 118 p. (ISBN 978-3-905141-91-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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