Lüderitz

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Lüderitz
Blason de Lüderitz
Héraldique
Lüderitz
Vue aérienne avec l'église luthérienne évangélique (Felsenkirche) au premier plan
Administration
Pays Drapeau de la Namibie Namibie
Région Karas
Maire Hambelela Suzan Ndjaleka
Démographie
Population 12 537 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 26° 38′ 52″ sud, 15° 09′ 28″ est
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Namibie
Voir sur la carte administrative de Namibie
City locator 13.svg
Lüderitz

Lüderitz est une ville de Namibie, située dans le Sud du pays dans la région du !Karas au bord de l'océan Atlantique.

Fondée par des commerçants allemands dans les années 1880, Lüderitz est la plus ancienne ville du Sud-Ouest africain.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama de Lüderitz.

La ville est située sur la côte de l'Océan Atlantique. Le littoral de la région est reconnu par Bird Life et d'autres groupes de conservation mondiaux comme l'une des zones importantes pour la reproduction des oiseaux marins côtiers[1].

Plusieurs espèces de cétacés, notamment des dauphins du Cap, peuvent être observées près du rivage, ainsi que des baleines de plus grande taille telles que la baleine franche australe[2],[3].

Kolmanskop en 2017.

À la sortie de Lüderitz, à une dizaine de kilomètres environ vers le sud-est, à l'intérieur des terres, se trouve la ville fantôme de Kolmanskop. Cette ville diamantifère autrefois très animée est aujourd'hui abandonnée[4]. Elle menace d'être ensevelie sous les dunes de sable mouvantes du désert du Namib. La photographe namibienne Helga Kohl a photographié l'avancée de ces dunes de sable, y compris dans les anciennes habitations[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Goerke Haus en 2015.
La baie de Luderitz vers 1905.

Les Portugais baptisent la baie Angra Pequena en 1485[6], mais, par la suite, la région ne suscite aucun intérêt de la part des puissances coloniales britannique, française, portugaise et néerlandaise. Les côtes sont pratiquement inaccessibles (à l'exception de Walvis Bay plus au nord) et l'intérieur du pays est aride et désertique.

En 1883, un commerçant de Brême nommé Adolf Lüderitz négocie avec un chef local l'acquisition de la baie Angra Pequena[7]. En 1884, après avoir obtenu la protection du gouvernement allemand sur le Sud-Ouest africain[7], Adolf Lüderitz crée ce port de pêche qu'il baptise en l'honneur de sa famille.

Les Allemands prennent ainsi pied dans la région afin de constituer un embryon d'empire colonial. Ils sont au départ intéressés par l'élevage des moutons Karakul importés d'Asie centrale, qui fournissent des produits laitiers, de la viande, de la laine et du cuir, mais qui supposent surtout de grandes étendues de terre pour les élever. En 1904, arrive sur place le général Lothar von Trotha, avec l’ordre d'exterminer les rebelles à cette colonisation. Ces rebelles sont traqués et parqués dans des camps, dont celui de Shark Island, une presqu’île en face de la ville de Lüderitz : 65 000 Herero et près de 20 000 Namas y sont massacrés[8].

Après la découverte de diamants en 1907 dans la région de Lüderitz[7], un territoire grand comme la Belgique, situé entre le port de pêche et la frontière sud-africaine, est déclaré zone diamantifère et interdit aux personnes non autorisées. La ville de Kolmanskop, située à une dizaine de kilomètres de Lüderitz, se développe alors en tant que siège central de la compagnie sud-africaine De Beers. La ville est abandonnée en 1956[4], quand le siège est déplacé à Oranjemund, à la frontière sud-africaine.

En , les médias locaux annoncent à tort que la ville est rebaptisée !Nami≠Nüs alors que seule la circonscription dans laquelle est intégrée Lüderitz est finalement concernée[9].

Industrie[modifier | modifier le code]

Immeubles d'architecture allemande de Lüderitz.

Comptant dans les années 2000 environ 30 000 habitants, Lüderitz est toujours une enclave dans la zone diamantifère de Namibie. Le port abrite ainsi presque autant de pêcheurs de poissons que de pêcheurs de diamants (au large de la côte).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Rues de Lüderitz avec la Felsenkirche (1911) et la Goerke Haus (1910) en arrière-plan.

Sans avoir le charme de Swakopmund et beaucoup plus pluvieuse, la ville n'en présente pas moins un certain nombre de bâtiments coloniaux et art nouveau, notamment des maisons cossues aux façades pastels comme la Goerke Haus (1910), du nom de son premier propriétaire le lieutenant Hans Goerke, qui domine la ville au côté de l'église luthérienne.

La plupart des rues (qui ont gardé leurs noms d'origine allemande) ne sont pas goudronnées hormis la rue principale, Bismark Strasse, qui mène au port.

Aux portes de Lüderitz, l'attrait touristique principal est le célèbre village fantôme de Kolmanskop envahi par le sable. Les visiteurs se pressent ainsi dans l'ancien hôpital et dans les maisons coloniales ouverts aux quatre vents. Dans les environs, les visiteurs peuvent aller jusqu'à Dias Point, une presqu'ile où le Portugais Bartolomeu Dias avait accosté en 1488.

Photographies[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Depuis 2007, Lüderitz accueille le Lüderitz Speed Challenge, une compétition de vitesse à la voile, organisée sous l'égide de la Fédération internationale de voile (ISAF), et du World Sailing Speed Record Council (WSSRC).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Walk on our coastline », sur Namibian Coast Conservation and Management Project (NACOMA)
  2. (en) « Southern right whale – The right whale to protect », Namibian Sun,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « The return of the whales », sur Travel News Namibia,
  4. a et b Aude de Tocqueville et Karin Doering-Froger, Atlas des cités perdues, Paris, Arthaud, , 143 p. (ISBN 978-2-08-131468-9), p. 20
  5. Erika Nimis, « Helga Kohl », dans Luce Lebart et Marie Robert (dir.), Une histoire mondiale des femmes photographes, Éditions Textuel, , p. 332
  6. (en) Michelina Rudo Andreucci, « Tracing the liberation of Namibia », The Patriot,‎ (lire en ligne)
  7. a b et c Robert Cornevin, « Quand l'Allemagne avait des colonies », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Virginia Bart, « Histoire d’un livre. En mémoire des Herero et des Nama », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Lüderitz’ name not changed yet, Informante, 28 août 2013.

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]