Mouvement initiative et liberté

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Logotype du MIL

Le Mouvement initiative et liberté (MIL) est un mouvement politique de droite, d'inspiration gaulliste. Sa communication est largement tournée vers une violente critique de la gauche[1],[2].

Origine et débuts du MIL[modifier | modifier le code]

Le MIL de 1981 à 1986[modifier | modifier le code]

Le Service d'action civique (SAC), dont des membres sont impliqués dans la tuerie d'Auriol à l'été 1981, est critiqué par les socialistes arrivés au pouvoir.

Plusieurs membres du SAC ainsi que de l'Union nationale inter-universitaire (UNI) se rejoignent et créent le le Mouvement initiative et liberté (MIL)[3]. Il est alors présidé par Jacques Rougeot, un proche du Rassemblement pour la République (RPR) et président de l'UNI. Le général Alain de Boissieu, Pierre Messmer, Jacques Foccart et Pierre Debizet, président du Service d'action civique (SAC), participent également à la création du MIL. Son siège est à l'UNI.

En août 1982, soit huit mois après la création du MIL, le SAC est dissous par François Mitterrand. Le MIL ne se considère pas, officiellement, comme une « résurgence » du SAC[4]. De fait, les militants du MIL jouent beaucoup plus rarement que ceux du SAC un rôle de service d'ordre.

Il s'engage « pour essayer d'empêcher que, après s'être emparés du pouvoir politique, les socialo-communistes ne mettent définitivement la main sur les esprits et sur les structures de la France », selon ses propres termes.[réf. nécessaire]

Le MIL poursuit toutefois le rôle de groupe de pression au sein du mouvement gaulliste, tenu par le SAC à partir de 1968. Il participe également aux élections, par des campagnes d'affichages, comme le faisait le SAC. Enfin, le MIL est lié au SAC par la continuité des dirigeants et des adhérents. Il a été créé grâce au soutien l'UNI, fondée en 1968 avec l'appui du SAC, Pierre Debizet a dirigé l'ancien service d'ordre, et incité ses anciens compagnons à adhérer au MIL.

Le MIL après 1986[modifier | modifier le code]

Le MIL était une structure « en sommeil » jusqu'aux législatives de 1986. Bien qu'il ne soit pas le président du MIL, Jacques Foccart en est cependant l'homme qui tire les ficelles. Foccart décide de lancer le MIL dans la campagne. Le recrutement est dès le départ plus large que celui du SAC, mais comprend un certain nombre d'anciens du SAC qui n'avaient pas trouvé depuis 1981 de structure d'accueil correspondant à leurs convictions gaullistes.

André Decocq, professeur à la faculté d'Assas (Paris II), succède à Jacques Rougeot à la présidence du MIL, avec l'accord bienveillant du comité d'honneur présidé par le général de Boissieu. Pierre Debizet est nommé délégué général. Son siège, auparavant à l'UNI, est déplacé à Béziers[5].

La nouvelle cause est de libérer la France de l'« enlisement socialiste ». Foccart voit dans cette tâche un rôle qui lui convient. Ainsi, les décisions importantes sont prises par Jacques Foccart qui préside chaque semaine, jusqu'à sa mort en mars 1997, les réunions du bureau du MIL.

Pierre Debizet, qui se situe résolument à droite, part à travers la France et tient réunion sur réunion pour « gueuler la vérité aux Français[6] ».

Cependant, le MIL a du mal à décoller, même s'il compte quelques milliers d'adhérents, dont Alain Peyrefitte et l'ancien chef d'état-major de l'armée de terre, le général Jean Delaunay. Une chose pourtant est sûre : malgré une audience confidentielle, tout le monde, à droite, connaît le MIL, comme en témoignent les nombreux responsables de l'UMP qui s'expriment lors de ses conventions nationales[7],[8].

À propos des idées du MIL dans les années 1980, l'historien François Audigier écrit : « Le MIL constituait une sorte de laboratoire idéologique, où se croisaient les influences hétérogènes de la droite libérale, d'un catholicisme réactionnaire et d'un gaullisme rigide. On y servait un discours musclé sur la préférence nationale, le combat contre l'avortement, la défense de l'école libre, le rejet des valeurs "gauchistes", un ensemble qui n'avait rien à envier au programme frontiste[9]. »

Positionnement : la droite « civique, gaulliste et patriote »[modifier | modifier le code]

Le MIL, aujourd'hui présidé par Christian Labrousse, se réclame de la droite civique, gaulliste, et patriote. Il est qualifié par Le Monde de mouvement gaulliste d’extrême droite[10]. Son emblème est la Croix de Lorraine. Ce mouvement est associé à l'Union pour un mouvement populaire (UMP).

Le MIL se veut un « mouvement de réflexion » qui défend les valeurs civiques (primauté de la personne, liberté, responsabilité, devoir et cohésion de la société). Le gaullisme est pour lui une inspiration essentielle et toujours actuelle.

Il considère que l'immigration, le communautarisme et l'islamisme menacent l'identité nationale de la France et que résister est un devoir civique.

Pierre Clostermann (1921-2006), compagnon de la Libération, Xavier Deniau (1923-2011), ancien ministre, Jacques Foccart (1913-1997), ancien chef de réseau de la France libre et ancien secrétaire général à la présidence de la République de 1959 à 1974, Robert Galley (1921-2012), compagnon de la Libération, Yves Guéna (1922-2016), président d'honneur du club Nouveau siècle, Michel Habib-Deloncle (1921-2006), ancien ministre du général de Gaulle, Pierre Messmer (1916-2007), compagnon de la Libération, Robert Pandraud (1928-2010), ancien député UMP, Maurice Schumann (1911-2008), ancien ministre et compagnon de la Libération et Charles Pasqua (1927-2015), sénateur apparenté UMP et ministre de l'Intérieur, aujourd'hui disparus, ont été membres de son comité d'honneur[11].

Sont également membres du comité d'honneur du MIL[11]:

Les prises de position électorales du MIL[modifier | modifier le code]

Le MIL a pris position pour Jacques Chirac lors des élections présidentielles de 1995 (« Chirac président pour sortir du socialisme ») et 2002 (« Chirac, le vrai gaullisme »), et Nicolas Sarkozy en 2007 (« Les gaullistes avec Sarkozy »).

Affiches du MIL[modifier | modifier le code]

L'affichage est une des forces du Mouvement Initiative et Liberté. Quelques exemples sont présentés ci-dessous.

  • Être Français n'est pas une couleur de peau !
  • Unité contre la gauche
  • Le socialisme, c'est la décadence
  • Socialisme, l'idée qui pourrit la France
  • La France, aimez-la ou quittez-la
  • Non à l'Europe supranationale
  • Le tchador ou la France, il faut choisir
  • Les 35 heures, un handicap pour l'emploi
  • Fier d'être gaulliste
  • Fier d'être Français
  • La gauche, c'est la France en faillite
  • La gauche retour à l'insécurité
  • La burqa n'est pas bienvenue en France
  • Dehors les socialistes
  • DANGER - L’extrême-gauche, moteur de la gauche
  • Expulsons les délinquants étrangers
  • Primaires PS : français fichés
  • Nicolas Sarkozy : seul capable de battre la gauche

Certaines campagnes d'affichages ont été controversées. En avril 2010, une trentaine de balles sont tirées sur la mosquée d'Istres. À la veille d'un rassemblement de soutien, des affiches anti-burqa sont posées par le MIL dont le responsable local est un policier. Après discussion les affiches sont retirées et la ville ne dépose pas de plainte[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Mouvement initiative et liberté (MIL)
  2. Site Mouvement initiative et liberté (MIL)
  3. La fiche du MIL sur le site france-politique.fr.
  4. Pierre Debizet sur TF1 le
  5. « Lettres de menaces - Les policiers explorent la piste de nostalgiques du SAC », par Jean-Marc Aubert pour France-Soir, le 7 mars 2009.
  6. Le Monde, .
  7. Site Mouvement initiative et liberté (MIL)
  8. Site Mouvement initiative et liberté (MIL)
  9. Histoire du S.A.C : La part d'ombre du gaullisme, Stock, , p. 488.
  10. Des gaullistes d’extrême droite: le M.I.L (droites-extremes.blog.lemonde.fr)
  11. a et b Site Mouvement initiative et liberté (MIL)
  12. a et b Communiqué de presse du MIL du 02 juin 2010
  13. « Istres: affiches antiburqa retirées », sur le site du Figaro]

Lien externe[modifier | modifier le code]