Mounette Dutilleul

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Mounette Dutilleul
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Parti politique

Mounette Dutilleul est née le à Paris (18e) et morte le [1]. Fille d'Émile Dutilleul, sténo-dactylographe. Militante communiste proche du cercle dirigeant, elle fut permanente à la section aux cadres ; elle fréquenta aussi l'appareil du Komintern. Elle était à partir de 1937 la compagne d'Arthur Dallidet.

Biographie[modifier | modifier le code]

1910-1927 Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Lorsqu'elle naît sur la butte Montmartre, son père Émile Dutilleul est proche des milieux libertaires, et Callemin, le Raymond la Science de la Bande à Bonnot lui donne régulièrement le biberon. Très bonne élève à l'école communale, son père veille à ce qu'elle reçoive également une éducation artistique (violon, danse classique, chorale). Elle envisage une carrière de professeur d'histoire, mais doit renoncer à ce projet et abandonne ses études, car les revenus de son père, qui est en 1924 permanent au Secours ouvrier international (SOI), sont limités.

Mounette commence à travailler en 1927 comme sténo-dactylo. Elle fait alors sa première demande d'adhésion au Parti communiste. Elle épouse en 1929 un électricien allemand, Aloys Bayer, militant communiste allemand, et part avec lui à Berlin, puis à Moscou où Mounette travaille comme dactylo française au Komintern et suit quelques cours à l'école léniniste.

1929-36 Engagée dans le Komintern[modifier | modifier le code]

En France en 1931, le couple retourne à Berlin au printemps 1932. Mounette est adhérente du parti allemand, le KPD ; elle milite également avec Münzenberg, représentant du SOI à Berlin et personnage-clé de la propagande du Komintern, pour qui elle effectue quelques missions en France. Pour gagner sa vie, elle fait des traductions et donne des cours de français à l'Université ouvrière de Berlin.

À la suite de l'arrivée d'Hitler au pouvoir, Mounette Dutilleul rentre à Paris en mars 1933, travaille comme secrétaire au journal Regards, mais continue de militer avec des militants illégaux liés au Komintern. Secrétaire de Gaston Monmousseau, alors secrétaire du bureau européen de l'ISR, elle accouche d'une fille, Hélène, en 1936.

Elle a été membre de l'Union des jeunes filles de France.

1937-39 À la Commission des cadres[modifier | modifier le code]

En 1937, elle entre à la Commission des cadres comme secrétaire de Maurice Tréand. C'est là qu'elle rencontre Arthur Dallidet, dont elle devient la compagne. Thorez donna personnellement son accord à cette union, après avoir fait préciser à Mounette qu'ils s'aimaient. Avec Arthur, elle suit, après vingt heures, les très scolaires cours de formation marxiste chez le dentiste Astouin. Avec lui, elle procède à la mise en place des planques pour militants.

1939-44 Clandestinité, captivité et déportation[modifier | modifier le code]

Après la dissolution du Parti, le 26 septembre 1939, elle joue un rôle de premier plan dans la liaison entre les différents dirigeants. C'est elle, notamment qui communique à Thorez l'ordre de Dimitrov, secrétaire du Komintern, de déserter. Mounette est ensuite envoyée en mission à Moscou (janvier 40) qu'elle rejoint en train en passant par Berlin. Elle assure la liaison entre tous les dirigeants éparpillés sur la ligne Paris-Bruxelles-Moscou. Dimitrov envisageait de la retenir à Moscou, mais Thorez rejeta la proposition en fulminant "Comme s'il y avait trop de militants en France !". Elle rentrera à Paris en février, et retrouvera Arthur Dallidet dans l'entourage de Frachon.

Le 12 juin 1940, à l'approche des Allemands sur Paris, ce groupe proche de Frachon se scinde en 3 équipes : Mounette est convoyée avec des fonds vers Bordeaux par une voiture de l'ambassade du Chili. À Bordeaux, avec Marie Dubois qui l'accompagne, elles retrouvent Danielle Casanova le 18 juin, mettent deux jours pour faire la jonction avec Tillon et filent ensuite vers Montauban et Toulouse pour continuer leur distribution.

Jusqu'en mai 1941, elle reste dans l'entourage de Duclos et Frachon. Agent de liaison de la direction, puis de Frachon en particulier, elle est en contact avec la plupart des responsables communistes présents dans la région parisienne, notamment Jean Catelas et Gabriel Péri avec qui elle sera confrontée lorsqu'elle sera arrêtée en mai 1941, mais sa véritable identité ne sera pas percée. Elle est internée d'abord à la Petite Roquette, puis à Fresnes et enfin à Rennes. C'est lorsqu'elle est à Fresnes que son compagnon Arthur Dallidet, interné lui aussi à Fresnes est torturé et envoyé au fort du Mont-Valérien pour y être fusillé. Sans doute identifiée par la police en 1942, elle est déportée à Ravensbrück en 1943.

1945-96 Confidente de Frachon et retraitée[modifier | modifier le code]

De retour des camps, Mounette Dutilleul est élue suppléante, puis titulaire au Comité central. En juillet 1948, elle ne s'associe pas à la condamnation de Tito. C'est vraisemblablement pour cette raison qu'elle n'est pas réélue, en avril 1950, membre du Comité central. Elle a épousé, peu après la Seconde Guerre mondiale, l'architecte Jean Nicolas, très impliqué dans l'organisation de la fête de l'Huma.

Redevenue militante de base, Mounette crée un comité d'établissement et une cellule communiste dans l'entreprise de Boulogne où elle est secrétaire. Par la suite, elle est journaliste à la Vie ouvrière. Jusqu'à la mort de Benoît Frachon en août 1975, elle demeura très proche de lui.

Retirée près de la Ciotat, Mounette Dutilleul décède en septembre 1996.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]