La Nouvelle Vie ouvrière

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La Nouvelle Vie ouvrière
La Vie ouvrière
image illustrative de l’article La Nouvelle Vie ouvrière
Logo du magazine.

Pays Drapeau : France France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Format 20 × 29
Genre Presse syndicale
Prix au numéro
Fondateur Pierre Monatte
Date de fondation
Éditeur La Nouvelle Société anonyme La Vie ouvrière
Ville d’édition Montreuil

Propriétaire CGT
Directeur de publication Simon Gévaudan
Rédacteur en chef Véronique Lopez
ISSN 1628-674X
Site web nvo.fr

La Nouvelle Vie ouvrière ou NVO est le magazine de la Confédération générale du travail (CGT). Créée en 1909 par Pierre Monatte sous le titre La Vie ouvrière, la publication a connu plusieurs formats et rythmes de parution au cours de son histoire. Elle est aujourd'hui publié à un rythme mensuel.

La NVO est éditée par la Nouvelle SA La Vie ouvrière dont la CGT est propriétaire et qui publie également le mensuel juridique La Revue pratique de droit social et plusieurs guides et ouvrages à destination notamment des personnes syndiquées, des élus syndicaux, des salariés ou des publics intéressés par le syndicalisme ou l’actualité du monde du travail.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première années[modifier | modifier le code]

Numéro du 20 février 1914.

La Vie ouvrière parait pour la première fois le à l’initiative d’un groupe de syndicalistes révolutionnaires dont Pierre Monatte. À l’époque, la CGT est traversée par des débats : après avoir montré sa force lors du et affirmé son indépendance par l’adoption la même année de la Charte d’Amiens, elle fait face à la répression du gouvernement menée notamment par Georges Clemenceau. L’objectif des créateurs de La Vie ouvrière est alors de fournir des éléments de réflexion aux militants syndicaux pour alimenter leurs combats[1].

Pendant la Première Guerre mondiale, alors que la CGT participe à l’Union sacrée, La Vie ouvrière cesse de paraitre. Elle reprend le [2].

En 1922, à la scission de la CGTU, La Vie ouvrière devient le journal officiel des syndicalistes révolutionnaires qui constituent la majorité de la nouvelle confédération. En 1935, le journal devient organe officiel de la CGTU et passe hebdomadaire. Le , CGT et CGTU se réunifient et la La Vie ouvrière poursuit ses publications comme « hebdomadaire syndical »[2].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une de La Vie ouvrière du 28 décembre 1940, publiée clandestinement.

Le , le numéro 1052 de La Vie ouvrière est publié. Déjà censuré, il s’agit du dernier numéro autorisé avant l’interdiction du journal pendant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, sous la direction de Benoît Frachon, La Vie ouvrière poursuit ses publications de manière clandestine tout au long de la Guerre : 223 numéros sont publiés pendant la période.

Il faut attendre la Libération et le pour que le journal paraisse de nouveau de manière légale[2].

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

En 1946, La Vie ouvrière est publiée à 475 000 exemplaires : elle est alors le premier hebdomadaire de France[2]. Elle reste jusque dans les années 1980 un des périodiques les plus importants du pays, atteignant 620 000 exemplaires en 1962 à l’occasion des élections à la Sécurité sociale et 900 000 exemplaires en 1972 pour le numéro spécial consacré au Programme commun[2].

À partir de 1952, sur décision du bureau confédéral de la CGT, La Vie ouvrière est le journal officiel de la confédération[2].

Lors de Mai-68, La Vie ouvrière est le seul titre à continuer de paraitre pendant tout le mouvement. Elle est alors imprimé bénévolement par les ouvriers en grève de l’imprimerie Crété de Corbeil[2].

À partir des années 1990, le journal change plusieurs fois de formule : il devient L’Hebdo de l’actualité sociale en 1993 puis La Nouvelle Vie ouvrière en 2011. La diffusion devient bihebdomadaire en 2009 puis hebdomadaire[2].

Des collaborations de qualité[modifier | modifier le code]

À partir de 1920, devenu un hebdomadaire syndicaliste à destination d’un large lectorat, la Vie ouvrière recourt à l’illustration, sans doute plus efficace, au premier abord, que certains articles, et bon moyen d’aérer la mise en page. Deux moyens s’imposent durant une longue période. Le dessin de presse et la photographie. Le recours aux graphiques statistiques est plus fréquent avec l’informatisation du traitement des données. Ainsi, l’ouvrage paru pour le centième anniversaire de la NVO, renvoie l’image d’un journal fortement illustré, y compris en page une. Quand la formule « magazine » se généralise, après 1960, la photographie servie par de grands noms, quelquefois le photomontage, concurrencent le dessin satirique sans le détrôner. La célèbre VO impôts privilégie aussi le dessin satirique, tant à la une qu’en corps d’articles[3].

Du côté des dessinateurs[modifier | modifier le code]

La liste de ceux d’entre eux qui ont servi l’organe syndical est longue[4]. Le très exhaustif Dico Solo recense 45 noms (y compris Solo lui-même) jusqu’en 1993. Certains d’entre eux ont fourni une production abondante.

  • Jules Grandjouan travaille pour la Vie ouvrière jusqu’en 1929 et bénéficie de la une pour des illustrations pleine page, souvent accompagnées de ses propres mots-d’ordre messianiques. En avril 1924 par exemple[5], dans la perspective du Premier mai il légende son dessin : Par la porte et par la fenêtre le prolétariat prendra le pouvoir. Il récidive en avril 1925[6] : Par la porte de l’Unité sortira une force ouvrière irrésistible.

Jusqu’en 1939, parmi d’autres, on remarque[7] G.des Champs, Raoul Cabrol, René Dubosc, Essé (de l’AEAR) ?, Max Lingner.
À partir de 1944 ce sont (liste non exhaustive) les signatures de Max Lingner avant son retour en RDA, Boris Taslitzky, René Escaro, Georges Bec, Henri Morez, Jean-Pierre Chabrol, Donga, Mittelberg, puis après 1968 Jacques Kamb, auteur de nombreuses unes, Deran, Jean Effel, Jean-Pierre Brizemur, Loïc Faujour, Gilbert Flores, Jean Hin, Philippe Honoré.

Et côté photographes[modifier | modifier le code]

En 1969, lors du soixantième anniversaire de sa publication, Serge Zeyons, alors responsable du service « culture » de la Vie ouvrière, réunit quelques-uns des photographes dont le journal a publié des photographies de reportages[8]. Il semble intéressant de procéder à un listage de ces photographes, dont il est souvent oublié cette facette de leur activité[9]

Annexes[modifier | modifier le code]

La têtière du journal en une[modifier | modifier le code]

L’évolution de la une est à l’aune de l’évolution du mouvement syndical et d’une de ses composantes :

  • octobre 1909 : La Vie ouvrière, revue bi-mensuelle
  • novembre 1915 : Lettre aux abonnés de la Vie ouvrière
  • avril 1919 : La Vie ouvrière, tribune syndicaliste-révolutionnaire internationaliste[10]
  • janvier 1920 : La Vie ouvrière avec le « logo » faucille et marteau.
  • 4 janvier 1935 : La Vie ouvrière, organe officiel de la CGTU, avec deux logos : celui de l’ISR (Internationale syndicale rouge) , et celui des deux mains croisées de la CGT « Bien-être et liberté »[11]
  • 1936 : La Vie ouvrière, hebdomadaire syndical
  • 1944 : La Vie ouvrière, paraît tous les jeudis
  • 1950 : La Vie ouvrière Ne combat que les ennemis de la CGT, défend les salariés et la démocratie[12]
  • 1952 : La Vie ouvrière, journal officiel de la CGT
  • 1959 : La Vie ouvrière, l’hebdomadaire de la CGT[13]Assorti des initiales VO, il reste invariant jusqu’en 1993
  • 1993 : L’hebdo de l’actualité sociale, la Vie ouvrière-CGT.
  • 2010-2017 : NVO La Nouvelle Vie Ouvrière, le journal de la CGT.[14]
  • Depuis septembre 2017, c’est « NVO La Nouvelle Vie Ouvrière, le magazine des militants de la CGT[15] ».

Les directeurs de La Vie ouvrière, L’hebdo, la Vie ouvrière, La Nouvelle Vie ouvrière[modifier | modifier le code]

À l’exception de Pierre Monatte, tous font partie au moment de leur exercice du Bureau confédéral de la CGT[16]. Après le départ d’Alain Guinot, les dirigeants ne sont plus membres que de la Commission exécutive confédérale (à l’exception de l’intérim de David Dugué).

Les rédacteurs en chef depuis 1944[modifier | modifier le code]

  • 1944-1946 : Paul Delanoue[17]
  • 1946-1951 : Fernand Leriche[18]
  • 1951-1955 : Édouard Storace
  • 1955-1956 : Fernand Leriche
  • 1957-1978 : Robert Telliez
  • 1979-1985 : Roger Guibert
  • 1986-1991 : Jean-Claude Poitou
  • 1992-2000 : Elyane Bressol
  • 2000-2006 : Jean-Philippe Martinez (rédacteur en chef) et Jean-François Jousselin (directeur des rédactions). En 2007, Jean-Philippe Martinez, deviendra le 1er rédacteur en chef d’Ensemble, le mensuel adressé aux 700 000 syndiqués de la CGT.
  • 2007-2011 : Marie-Claire Lamoure (rédactrice en chef) et Jean-François Jousselin (directeur des rédactions).
  • 2012-2015 : Pascal Santoni
  • 2015 : Véronique Lopez

Les « domiciles » de la Vie ouvrière[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La fondation de la Vie ouvrière par Pierre Monatte », sur France Archives (consulté le 29 mai 2017)
  2. a, b, c, d, e, f, g et h « Du diagnostic aux décisions », NVO - Analyses et propositions des salariés,‎ 13 et 14 mai 2014
  3. Il en est ainsi en 2011
  4. Cf. Dico Solo, Plus de 5 000 dessinateurs de presse et 600 supports, en France de Daumier à nos jours, AEDIS, Vichy, 2004. la Vie ouvrière est listée en page 879.
  5. Un siècle de Vie ouvrière, opus cité, page 21
  6. Ibid. page 22
  7. pour s'en tenir à ceux dont le dessin figure dans l'ouvrage cité précédemment
  8. la Vie ouvrière, N° 1314, pages 34-37.
  9. Malheureusement ce listage est partiel. la Vie ouvrière ne figure pas parmi les revues et magazines référencés par les auteurs du livre de base sur le sujet : Marie de Thézy, La Photographie humaniste, 1930-1960 histoire d'un mouvement en France, éditions Contrejour, paru en 1992.
  10. Cohen et Staraselski, op. cit. page 18.
  11. Depuis 70 ans la VO, page 77.
  12. Cohen et Staraselski, page 84-85.
  13. ibid. p. 101.
  14. « NVO mag numéro 3560 », sur nvo.fr, (consulté le 19 décembre 2017)
  15. « NVO mag numéro 3561 », sur nvo.fr, (consulté le 19 décembre 2017)
  16. Agnès Naton, bien que n'étant plus au bureau confédéral depuis 2015 (affaire Lepaon) est restée directrice de la Nouvelle Vie ouvrière.
  17. Paul Delanoue (né en 1908 à Sonzay, Indre-et-Loire, mort en 1983 à Saint-Avertin, Indre-et-Loire) était instituteur, syndicaliste et militant communiste. Syndiqué à la Fédération unitaire de l'enseignement (CGTU), dès ses débuts professionnels, en 1926, il participe aux congrès de l'Internationale des travailleurs de l'enseignement (organisation de l'Internationale syndicale rouge), dans les années 30. Clandestin dès 1940, il est à partir de 1943, rédacteur en chef du journal des enseignants L'École libératrice. À la Libération, il devient rédacteur en chef de La Vie ouvrière à la demande de Benoît Frachon. Il occupe ce poste jusqu'en mars 1946. Cf. notice Paul Delanoue, in dictionnaire biographique Mouvement ouvrier mouvement social de 1940 à mai 1968, tome 4.
  18. Fernand Leriche (né en 1914 à Paris) instituteur, militant syndical et communiste, devient journaliste à La Vie ouvrière en 1945. Il en est le rédacteur en chef de La Vie ouvrière jusqu'à la fin de l'année 1951, puis de février 1955 à décembre 1956. Cf. notice Frenand Leriche, in dictionnaire biographique Mouvement ouvrier mouvement social de 1940 à mai 1968, tome 7, à paraître, 2011.
  19. De novembre 1917 jusqu'en 1928 le local abrite La librairie du travail, entreprise d'édition dirigée par un militant passionné de transmission des savoirs, Marcel Hasfeld. Cf. Marie-Christine Bardouillet, La librairie du Travail, François Maspero éditeur, Paris, 1977.
  20. Les dates d'entrée dans les lieux sont incertaines à une année près. De même le transfert pour la rue de la Grange-aux-Belles. Adresses et dates sont relevées sur les copies des une publiées dans les livres cités en sources...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Cohen et Valère Staraselski, Un siècle de Vie ouvrière 1909 - 2009, Paris, Le cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1003-5)
  • Paul Delanoue, Fernand Leriche, Jean-Claude Poitou et Robert Telliez, 1909-1979 depuis 70 ans la VO, Paris, Éditions de la Vie ouvrière,
  • André Tollet et Jean-Claude Poitou, 1940-1944, les V.O. de la nuit. La Vie ouvrière clandestine, Éditions de la Vie ouvrière, (ISBN 2-902-32308-5)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]